littérature francaise

Lundi 13 juillet 2009
- Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"Cette roue qui nous emporte" Jean-Pierre Schamber (Fondencre, 13€)
En pleine Occupation allemande, une discussion sur le tournedos Rossini et l'art montre l'opposition entre le raffinement que prônaient les occupants et l'ignominie du comportement des collabos. En apprenant des informations capitales pour la Résistance, que fera ce Français qui dînait si luxueusement quelques minutes auparavant ?
Un soldat américain, vétéran du débarquement en Normandie, devient un peintre mondialement célèbre. Mais pourra-t-il oublier l'horreur qu'il a vécu ?
Investi depuis de nombreuses années dans son entreprise, un cadre est brusquement mis en retraite anticipée, victime des nouveaux modèles de management. Comment va-t-il supporter cette liberté nouvelle ?
En 1955, un enseignant de Khâgne essaie de faire comprendre la beauté d'un poème de Paul Valèry à ses étudiants qui seront mobilisés, quelques jours plus tard, et envoyés en Algérie.
Et si, en 2025, le Parlement avait voté une loi autorisant l'IVV, l'interruption volontaire de vie ?
Quels liens entre ces histoires ? Celui de l'écriture, pour commencer, précise, sans emphase mais qui véhicule une émotion intense. Un art certain, ensuite, pour faire monter en intensité une intrigue pourtant concentrée dans un nombre de pages si court. Et enfin, une fin, une chute à chacune de ces histoires qui étonne et surprend le lecteur. Au final, cinq nouvelles qui forment une réflexion sur le monde et sur le comportement des hommes.

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Samedi 2 mai 2009
- Communauté : L'écriture dans tous ses états
"Mes meilleures amies" Sophie Mazeaud (Edtions De Fallois, 15€)
Rosalie, publicitaire, rencontre Adrian dans une maison de repos. Coup de foudre réciproque entre ces deux êtres dont la vie est marquée par la maladie.
Elinor, journaliste, va consulter un éminent chirurgien du cerveau, à Lausanne. Leur amour naîtra dans cette clinique où les infirmières ne rêvent que de séduire le Don Juan. Mais la maladie rattrapera le médecin et l'amour sera de courte durée.
Henriet est licenciée de son emploi pour motif économique, son mari l'a quitté et ses enfants sont mariés. Lors d'une croisière, elle a une aventure avec un jeune anglais, gigolo doublé d'un voleur. Une brève histoire d'amour qui lui révèlera ses talents d'écrivain.
Lili, traductrice de russe, part en Irlande pour traduire un gros roman dont l'intrigue se situe dans la spère des nouveaux riches et de la mafia russe. Coup de foudre pour Roddy, journalise Irlandais qui meurt assassiné après avoir fait un reportage sur un personnage roumain louche.
Adriana est bibliothécaire à la Bibliothèque François Mittérand. Elle obtient un poste d'assistante d'un écrivain américain vivant en Arizona et dont elle admire les livres. Secrètement amoureuse, elle découvrira qu'il n'est pas tout à fait le personnage qu'elle croyait.
Cinq femmes, cinq histoires d'amours brèves et difficiles. Cinq femmes qui se retrouveront sur l'île de Kergilen, le domaine d'Hanna. La jeune femme appartient à l'une des familles "fondatrices" de l'île et vit un amour passionné, hors du commun avec Ange. 
Un beau roman à l'écriture vive qui nous fait sentir l'odeur de la mer, le bruit des tempêtes et nous montre que l'espoir n'est jamais absent de la vie. Une peinture sans concession de la vie sur une île belle et secrète à la fois.
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Dimanche 19 avril 2009
- Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"Intrigue à Versailles" Adrien Goetz (Grasset, 18€)
Après avoir résolu l'énigme de la tapisserie de Bayeux dans "Intrigue à l'anglaise", Pénélope Breuil est de retour, toujours accompagnée de son amoureux Wandrille. La conservatrice du patrimoine est mutée au château de Versailles où, dès son premier jour, elle est confrontée à deux mystères : le cadavre d'une jeune femme d'origine chinoise découverte dans une des plus belles fontaines des jardins de Versailles; un meuble qui apparaît sans crier gare dans les appartements privés de Marie-Antoinette, alors qu'il devrait se trouver en Angleterre.
S'ajoute à cela : un Chinois richissime et mégalomane désireux de devenir mécène du château, une réalisatrice américaine venue tourner un film historique dans des décors réels, un groupe de jansénistes qui ressemble assez à une société secrète, sans oublier le père de Wandrille, riche homme d'affaires devenu ministre de l'économie d'un gouvernement de gauche.
Pénélope va entraîner ses collègues conservateurs, son amoureux et le lecteur dans une visite de Versailles, avec des récits et anecdotes sur la vie des illustres habitants du château, et dans une découverte des méthodes plus ou moins heureuses et honnêtes des conservateurs qui se sont succèdés à sa direction. Entre grande histoire et magouilles contemporaines, sur fond de passage au nouveau millénaire et de tempête, Pénélope arrivera-t-elle à se sortir de ces embrouilles ? Une histoire menée à vive allure, une héroine attachante et drôle, une écriture précise qui fait littéralement revivre Louis XIV et sa cour sous les yeux du lecteur sans pour autant l'ennuyer : des ingrédients pour faire de ce livre un vrai plaisir de lecture.
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Samedi 28 mars 2009
- Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"Un temps fou" Laurence Tardieu (Stock, 17€)
Maud et Vincent se sont rencontrés lors d'une soirée. Attirés l'un par l'autre, une belle histoire semble se dessiner. Pourtant, rien ne se passe et ce n'est que six ans plus tard qu'ils se revoient à nouveau : Vincent reprend contact et les sentiments de Maud affluent, intacts comme lors de cette première rencontre, même si chacun est maintenant marié et parents. Vont-ils cette fois céder à leurs sentiments ?
Il est impossible de résumer plus avant ce livre riche en émotions. Maud, la narratrice, nous entraîne à travers le temps, à travers cette histoire simple, peut-être, mais extraordinaire à ses yeux par les sentiments qu'elle éprouve. Malgré les six ans qui séparent leurs deux premières rencontres, l'amour et le désir ressentis sont toujours aussi intenses (est-ce parce qu'ils sont secrets, cachés ?). "Votre voix. Dès les premiers mots, avant même que vous ne prononciez votre nom, j'ai su que c'était vous. Votre voix. Je ne l'avais pas oublié. Une voix comme la vôtre, aussi chaude, aussi mélodieuse, ça ne s'oublie pas. Même en six ans."  Et ces rencontres par intermittence font s'interroger Maud sur sa vie, sur son travail d'écrivain, sur cet homme qui "envahit" sa vie et ses pensées : "Il y a les années, et il y a le présent, son éblouissement. Cela commence avec une douceur subite au plus profond de soi, une douceur qu'on avait oubliée, qu'on croit reconnaître comme venant de très loin - l'aurait-on éprouvée il y a très longtemps ? Mais quand ? Quand ? Puis la douceur gagne tout le corps, toute la tête ..."
J'avais aimé les précédents livres de Laurence Tardieu (L'amour d'une mère. ) pour la douceur et l'émotion qui découlent de son écriture. J'ai retrouvé cela dans cette belle histoire d'amour que l'on lit avec délice, en dégustant chaque phrase.
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Jeudi 5 mars 2009
- Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"A contretemps" Jean-Philippe Blondel (Robert Laffont, 19€)
Hugo a 17 ans, l'âge où l'on passe le bac et où l'on doit aussi penser à son avenir. Mais Hugo ne sait pas du tout ce qu'il veut faire et, pour se débarrasser de sa mère et pouvoir réviser tranquillement, il décide brusquement qu'il fera des études de lettres à Paris. "Au bout d'un moment, excédé, j'avais répondu "lettres": je devinais qu'elle me ficherait la paix le temps d'encaisser le coup". Après tout, ce serait aussi le prolongement de sa passion pour la lecture qui l'a empêché depuis l'enfance de s'ennuyer dans sa famille. "Le problème, c'est vraiment la lecture. J'ai par moments l'impression que les livres mettent une sorte de film plastique entre les autres et moi. S'ils repèrent un roman dans mon sac, alors il y a dans leurs yeux un étrange mélange de respect et de mépris".
Le voilà donc, début septembre, à Paris, logé dans l'appartement de Jean Debat, cinquantenaire divorcé,  tranquille et discret. Aucune communication ne semble vouloir s'établir entre Hugo et son logeur. Jusqu'au jour où, dans la librairie de son amie Michèle, Hugo découvre un roman publié dans les années 70, seul et unique roman d'un inconnu. Et si cet inconnu n'était autre que le pseudonyme utilisé par son logeur ?
D'une rencontre improbable entre un jeune homme "assoiffé de fiction et un "écrivian oublié" va naître un très beau roman où Jean-Philippe Blondel nous parle des écrivains, du monde étrange de l'édition dans les années 70 avec ses personnages hauts en couleurs et au fort caractère, de la difficulté pour les écrivains devenus célèbres de ne pas se laisser emporter par le succès au point d'en perdre l'inspiration. Mais il parle aussi de l'influence de la littérature dans nos vies de lecteurs surtout lorsque, comme Hugo, la fiction prend souvent le pas sur le réel.
Une belle écriture au service d'une histoire où les perosnnages s'ignorent dans un premier temps pour s'apprivoiser et devenir complices ... grâce à un livre !
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Lundi 19 janvier 2009
"En bas, les nuages. 7 histoires." Marc Dugain (Flammarion, 20€)
Un pompier professionnel échoué sur une île , recueilli par une vieille dame; une famille réfugiée en Dordogne pour tenter d'échapper à une épidémie; un jeune génie des affaires qui trouve un investisseur mais le perd dans les attentats du 11 septembre; un auteur dramatique qui s'exile au soleil; un couple, au coeur du quartier Montparnasse, qui évalue son présent et doute sur son avenir; un peintre, dont la côte a soudain grimpé, décide de quitter Paris pour vivre dans la maison familiale en Dordogne; un ancien entrepreneur, la cinquantaine, vit une aventure amoureuse campagnarde.
Qu'y-a-t-il de commun entre ces sept histoires ? Simplement qu'un "fait anodin" de l'une va permettre de faire exister la suivante. Mais ce qui les lie surtout c'est le talent de Marc Dugain pour raconter sans juger l'histoire de ces hommes ordinaires: "les uns sont cyniques, les autres doux et rêveurs, mais tous sont plongés dans les eaux troubles de la vie quotidienne. Ils surnagent, ils s'adaptent, ils essayent de s'en sortir." Aucun sentimentalisme,  aucun jugement sur la vie et les choix de ses personnages, mais une écriture et des mots justes et précis.
Par Catherine Demontpion - Ecrire un commentaire
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Mercredi 10 décembre 2008
- Communauté : L'écriture dans tous ses états

Tâche difficile de sélectionner des titres parmi le si grand nombre de livres parus en 2008 !
Je ne vais pas vous redonner une liste des meilleures ventes de l'année, telle que vous la trouvez dans les diférents magazines littéraires, mais plutôt une sélection de mes coups de coeur de l'année. Une autre façon de lire, en sortant des sentiers battus. A vous de suivre mes découvertes ou d'en provoquer d'autres !

"Rêve d'amour" Laurence Tardieu (Stock, 15,50€)
Extrait: "Ecrire, est-ce aimer ? Ecrire, est-ce chercher à être aimé ? Y-a-t-il une écriture possible sans amour ? Y-a-t-il un amour possible sans mots, sans verbe, sans langage ?"
L'amour fait-il souffrir ?

"Les accommodements raisonnables" Jean-Paul Dubois (Editions de l'Olivier, 21€)
Un livre émouvant (particulièrement dans les relations de Paul Stern avec son petit-fils Louis), drôle parfois (un père dont la personnalité prend un tournant radical à 78 ans), un regard lucide et un peu caustique sur une époque (trop?) remplie d'illusions.
Les accommodements raisonnables

"Baptiste" Pierre Moustiers (Editions de Fallois, 18,50€)

Une histoire d'amitié étonnante et douce entre un vieil homme et une petite fille, tous deux meurtris par la vie.
Histoire d'amour et d'amitié

"Providence" Valérie Tuong-Cong (Stock, 18€)
Des personnages qui n'ont rien en commun et qui, à la faveur d'une rencontre fortuite, auront une deuxième chance pour mener leur vie telle qu'ils l'imaginaient.
Des vies bousculées

"La mère qui voulait être femme" Maryse Wolinski (Seuil, 17€)
Trois générations de femme dans une même famille, trois façons de vivre leur rôle de mère et de femme.

Mère et femme ...femme et mère.

"Peut-être une histoire d'amour" Martin Page (Editions de l'Olivier, 18€)

Une peinture drôle et émouvante d'un quartier de Paris et de ses habitants "particuliers", sources de rebondissements et de quiproquos; un personnage à la fois attachant et agaçant : tous les ingrédients pour faire de ce livre un roman original où l'histoire est inversée, commence à la rupture et se termine, qui sait, par une histoire d'amour !

Une histoire d'amour à l'envers !


"L'ange incliné" Pierre Mari (Actes Sud,18€)

Une histoire intense entre deux personnages attachants, qui jouent avec bonheur de l'imprévisibilité de leur histoire comme des enfants pour qui les lendemains semblent si lointains. Une écriture poétique, douce et tonique à la fois pour un livre que l'on souhaiterait ne pas avoir lu lorsqu'arrive la dernière ligne.

L'ange incliné



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Lundi 8 décembre 2008
- Communauté : L'écriture dans tous ses états

"Syngué sabour. Pierre de patience" Atiq Rahimi (POL, 15€)
"Quelque part en Afghanistan ou ailleurs", dans une ville où règnent chaos et bombardement, une femme veille son mari blessé par balle et paralysé. Femme dévouée, respectant les conseils de l'imam pour faciliter la guérison de son mari, elle prie chaque jour à son chevet, le lave, met des gouttes dans ses yeux qui ne bougent pas et n'expriment rien. Les bombardements qui se rapprochent lui font peur, elle qui est abandonnée par son entourage. Mais ces bombardements lui donneront aussi le courage d'exprimer ses sentiments, de raconter son enfance et tout ce qu'elle n'a jamais révélé à son mari. Qu'arrivera-t-il à l'homme ? Subira-t-il le sort de la pierre de patience de la légende perse, plein des secrets d'une épouse ignorée pendant des années ?
Ce livre est étrange, une belle écriture qui suit le rythme de la femme et de ses confessions de plus en plus osées. Et c'est cette écriture sobre et émouvante qui accroche le lecteur dès le début, le déroute et le surprend, mais lui donne envie de découvrir cette histoire incroyable.
Ce livre a reçu le prix Goncourt 2008, ce qui permettra peut-être de réconcilier les Français avec les prix littéraires !
" syngué sabour n.f. (du perse syngue "pierre" et sabour "patiente"). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères ... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas dire aux autres ... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré."

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Lundi 27 octobre 2008
- Communauté : L'écriture dans tous ses états
"Les petits sacrifices" Caroline Sers (Buchet-Chastel 19€)
1914. A la veille de la déclaration de guerre, une famille de notables, les Dutilleul, donne une fête dans leur propriété de vacances, à quelques kilomètres de Paris. Il y a là Henri, le patriarche, trop occupé par son travail d'intermédiaire entre industriels et investisseurs; Marie, la mère, pour qui tenir son rang est la seule chose importante et qui élève ses enfants dans la terreur d'un geste ou d'une parole malvenus. Les enfants: Pierre, l'aîné des garçons, promu à un bel avenir dans les affaires familiales, fiancé à une jeune fille de la bonne société; mobilisé dès le début de la guerre, il sera tué au front et son corps jamais retrouvé. François, peu enclin aux études, plus rêveur, moins conscient des responsabilités de son rôle d'héritier, sera lui aussi tué pendant la guerre. Geneviève, l'aînée des filles, a très vite compris qu'êre disciplinée était le seul moyen de ne pas attirer les foudres de sa mère. Charlotte, la petite dernière, un peu "fofolle", toujours la cible des reproches de sa mère.
Au cours de cette fête de l'été 1914, un drame causé par Henri Dutilleul va précipiter la famille dans des bouleversements importants où le seul mot d'ordre sera d'être prêt à faire des sacrifices pour sauver les apparences et le rang que la famille a toujours connu.
Caroline Sers livre ici le sportraits de trois femmes aux forts caractères, victimes d'une société qui ne leur laissait aucune place et les mettait au rang de potiches. Une écriture toute en finesse, où chaque mot a son importance, qui crée une atmosphère de plus en plus opressante au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, une histoire aux rebondissements inatendus
Trois femmes, trois générations, jusqu'à cet ultime sacrifice qui fait froid dans le dos et fait dire au lecteur: "non, elle n'a pas osé ?"
Par Catherine Demontpion - Ecrire un commentaire
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Samedi 25 octobre 2008

  Ce livre a reçu le Grand prix du Roman de l'Académie française 2008.
(Le prix a été attribué à la majorité absolue au deuxième tour de
scrutin par 11 voix contre 8 à Julie Wolkenstein pour "L'excuse".)


"La dernière conférence" Marc Bressant (Ediions de Fallois, 18€)

1989. Le monde est encore régi par les règles de la Guerre froide et des affrontements entre bloc soviétique et bloc américain. C'est dans ce contexte que s'ouvre, à Londres, une conférence internationale sur l'information. Tromelin, le chef de la délégation française, a été nommé là à son grand étonnement et contre son gré : "ce n'est pas pour rien que j'ai choisi l'Asie comme terrain de pacage. Pour ne pas me sentir trop directement concerné, donc consterné, par la situation alentour". Mais on lui assure, en haut lieu, de son absence d'expérience ne sera pas préjudiciable tant ce genre de conférences n'aboutit, en principe, à rien de concret, les divergences entre les deux blocs étant trop importantes.
Dés lors, comment supporter ce séjour forcé dans un hôtel de luxe, même si Londres offrent quelques compensations ? Tromelin décide de tenir un journal où, pendant les dix semaines de conférence, il notera les portraits des membres de chaque délégation, sa méconnaissance de l'Europe lui permettant d'avoir un certain recul pour trouver les manies et les travers des uns et des autres (la description de Margaret Thatcher est irrésistible), à l'Est comme à l'Ouest, chacun restant enfermés dans ses certitudes. S'ajoutent aux intrigues politiques les intrigues personnelles des membres des délégations, à commencer par Tromelin lui-même et Zorica, membre de la délégation Yougoslave.
Mais voilà que, finalement, l'Histoire le rattrappe malgré lui : la chute du Mur de Berlin va déstabiliser tout ce petit monde, redistribuer les cartes entre Est et Ouest.
Ce livre est une leçon d'histoire sous forme de roman, une vision de l'intérieur, réaliste et caustique, d'un petit monde de diplomates qui savent, en entrant dans la salle de conférences, que c'est une réunion de plus qui n'aboutira pas vraiment. Tout comme Tromelin, l'intérêt du lecteur monte en intensité au fur et à mesure de la lecture, au fur et à mesure des intrigues et des évènements. Jusqu'à cette fin surprenante mais intéressante malgré tout.
Par Catherine Demontpion - Ecrire un commentaire
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