Jeudi 8 mai 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
« Qu’y-a-t-il ?
- Je ne comprends pas, ce livre est étrange.
- Oui, vous me l’avez dit …
- Non, il est étrange parce qu’il n’y a qu’une seule page de texte !
- Et les autres pages…
- … sont blanches, complètement blanches ! Pourquoi commencer une histoire ainsi et l’arrêter au bout de la première page ? Et pourquoi la faire publier ?
- Vous avez l’air d’être en colère contre l’auteur ?
- Bien-sûr que je suis en colère contre l’auteur ! Reconnaissez que ces premières lignes sont écrites dans un style magnifique. On sent tout l’amour que cet homme a pu ressentir, il semble vouloir en parler avec beaucoup d’honnêteté, sans emphase, sans rajouter des mots mielleux et sirupeux comme dans les mauvais romans d’amour. Et c’est cela qui m’avait plu je crois quand j’ai commencé à le lire. »
Consciente d’avoir été assez virulente dans ses propos, Juliette leva la tête et était prête à s’excuser. Mais elle croisa le regard du jeune homme et ne comprit pas tout de suite ce qu’elle y voyait. Il semblait surpris, blessé peut-être par ses paroles. Comment pouvait-il être blessé par ses commentaires sur un auteur anonyme, un auteur qui n’existait peut-être même pas, inventé de toutes pièces par un éditeur un peu original.
« Je suis désolée, je ne voulais pas vous blesser, je …
- Non, ne vous excusez pas, vous ne pouviez pas deviner.
- Deviner quoi ?
- Que je… que je suis…
- S’il vous plaît, expliquez-moi ! J’ai l’impression d’avoir dit une énorme bêtise, de vous avoir vexé, de … oh mon Dieu ! »
Juliette était devenue rouge de honte, avait détourné son visage et l’avait caché de ses mains.
Mais elle sentit que l’on prenait doucement ses mains pour les écarter de son visage. Comme elle gardait la tête baissée, une main se posa sous son menton pour la relever. Elle se trouva alors face au jeune homme qui la rassura d’un sourire en lui disant :
« Vous ne pouviez pas deviner, vous n’avez aucune raison d’avoir honte de vos paroles. En réalité, cela fait plusieures fois que je viens dans ce jardin, que je m’assoies sur ce banc et que je vous observe. Les premiers jours, il s’agissait seulement d’une coïncidence, mais ensuite, je faisais exprès d’arriver avant vous et d’occuper le banc juste en face. J’ai vu que, quand vous veniez déjeuner, vous aviez toujours un livre avec vous et je tentais d’imaginer quel métier vous pouviez exercer. Et le jour où je suis rentrée dans la librairie toute proche d’ici et que je vous y ai vu, j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un bon présage. Quel meilleur moyen pour vous aborder que d’attiser votre curiosité en laissant un livre sur ce banc !
- Mais pourquoi avoir laissé un livre où seule une page contient du texte ?
- Parce que l’histoire n’est pas complète, elle ne fait même que commencer !
- Une panne d’inspiration soudaine, demanda Juliette en souriant
- Pas du tout ! Je pensais que nous pourrions continuer l’écriture de cette histoire ensemble.
- Vous voulez dire que cette histoire, c’est …
- Oui, c’est exactement ce que vous pensez. Ce début est notre début. Et vous aviez raison en disant que c’était l’écriture d’un homme qui aimait profondément.
- Je ne sais que dire, je…
- Alors, que diriez-vous si nous recommencions l’histoire depuis le début ?
- Que voulez-vous dire ?
- Je me présente. Je suis l’auteur anonyme de ce début de roman et mon nom est Victor Séran.
- Enchantée de vous rencontrer. Je m’appelle Juliette Delacroix.
- Enchanté de vous rencontrer Juliette. Que pensez-vous donc de mon idée ?

- C’est avec plaisir que je vous aiderais à écrire cette histoire. Et je sens que cela va être une histoire magnifique. Qui sait, le livre sera peut-être le prochain prix Goncourt !
- Quelle ambition ! Mais je veux bien être ambitieux avec vous. »


Que pensez-vous qu’il arriva ?
Non, laissons un peu de mystère dans cette histoire. Mais il faut reconnaître que le titre de ce livre n’était pas si mal choisi : l’amour était bien au rendez-vous dans le jardin !

 FIN

 

 

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 26 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états

« Bonjour »

Surprise dans ses pensées, le doigt posé sur le bord de la page pour la tourner, Juliette lève la tête brusquement, prête à en découdre avec celui qui l’a interrompu dans sa lecture. Mince, élancé, des cheveux bruns, des petites lunettes rondes : le jeune homme qui se tenait devant elle ne méritait vraiment pas d’essuyer sa colère ! Bien au contraire !
« Bonjour, répond la jeune femme d’une voix douce
- Excusez moi de vous déranger dans votre lecture, mais j’étais assis de l’autre côté de l’allée et je n’ai pu m’empêcher de voir que vous aviez l’air fasciné par ce livre.
- Oui, ce livre est surprenant.  
- Pourquoi cela ?
- Et bien le titre d’abord : « L’amour était au rendez-vous dans le jardin »
- Effectivement, le titre n’est pas très encourageant. L’auteur aurait  pourtant du savoir que le titre est la première chose qui attire le lecteur.
- Oui, je suis d’accord avec vous, le titre est important. Mais quand je me suis assise sur le banc, le livre était posé à l’envers, je ne pouvais voir le titre. Mais j’ai quand-même été attirée par le livre, comme s’il était un aimant.
- Alors ce livre aurait du s’appeler « Le livre magique » vous ne croyez pas ?
- Ça aurait été dans l’air du temps, avec Harry Potter et tous ses collègues magiciens, lui répondit Juliette en riant.
- Succès commercial assuré dans ce cas !
- Mais il n’y a pas que le titre qui soit bizarre dans ce livre. L’auteur n’a pas indiqué son nom sur la couverture, il y a simplement « anonyme ».
- En quoi est-ce surprenant ? Il y a d’autres romans qui sont parus, dans le passé, sous des pseudonymes ou des initiales. Certains ont même été de très gros succès auprès du public.
- Mais je me suis toujours demandée pourquoi ils avaient eu recours à un pseudonyme ou à des initiales. Je peux le comprendre pour George Sand par exemple parce qu’à son époque il était inconcevable qu’une femme puisse écrire et publier. Mais j’ai vu des auteurs publier des romans sous leurs noms et des polars sous un pseudonyme.
- Je pense qu’il y a deux catégories d’auteurs : ceux qui ne veulent écrire qu’un genre de livres, soit des romans, soit des polars ; et ceux qui ne veulent pas se limiter et explorent tous les genres, quelques fois avec bonheur d’ailleurs. J’en connais qui écrivent, presque en alternance, des romans et des polars.
- Vous semblez bien connaître ce monde-là ! Seriez-vous auteur vous-même ?
- Et voilà, mon secret est découvert ! Comment avez-vous deviné ? Non, laissez-moi réfléchir. Je pense que vous devez être libraire ou bibliothécaire. Je parierais plutôt sur libraire.
- Et voilà, vous aussi vous avez découvert mon secret ! Vous devez écrire des polars !
- Mon premier livre était effectivement un polar, mais il a été publié chez un petit éditeur de province et je ne pense pas qu’il soit arrivé jusqu’à Paris. De toute façon, il est maintenant officiellement épuisé puisque l’éditeur a disparu.
- C’est dommage, j’aurais bien aimé le lire. J’aime beaucoup lire les premiers romans, on y découvre souvent de réels talents. Et après, quand l’auteur devient célèbre, on peut dire « je le connais depuis ses débuts, je savais qu’il serait célèbre » !
- Qui sait, si mon prochain livre est un gros succès, peut-être que mon éditeur actuel voudra bien le réimprimer. Dans ce cas, je vous en ferais parvenir un exemplaire avec plaisir.
- Quel titre aura ce livre ?
- Le titre n’est pas encore sûr. Je pensais avoir trouvé le bon, mais mon éditeur le trouve trop vieillot. Nous hésitons donc encore entre plusieurs. C’est une opération délicate car il doit refléter l’histoire avec précision, ne pas être trop long et donner envie au lecteur de le prendre, de le feuilleter dans un premier temps et de l’acheter ensuite.
- J’espère en tout cas que vous ne ferez pas comme l’auteur de celui que j’ai trouvé sur le banc.
- A propos, vous ne m’avez pas dit ce que racontait ce livre. Vous avez lu beaucoup de pages ?
- Non, je n’avais lu que la première page quand vous êtes venu me parler. Mais j’aime bien le style de cette page.
- Vous voulez bien me lire les lignes que vous avez déjà lues ?
- Oui, pourquoi pas ? Je tournerais la page ensuite pour voir ce qui se passe. »

 Et Juliette se mit à lire à haute voix les premiers paragraphes du livre que nous avons déjà reproduit ci-dessus. Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de la regarder : sous l’effet de la lumière du soleil, ses cheveux avaient des reflets roux magnifiques ; son visage, même vu de profil, semblait illuminé par les mots qu’elle lisait ou par le soleil, ou peut-être même par les deux. Et sa voix aux inflexions douces et mélodieuses donnait une vie particulière aux mots qu’elles lisaient.

Le silence soudain le fit revenir à la réalité. Juliette ne lisait plus.

(A suivre)

 

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 19 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
 

La curiosité est forte de toucher le livre pour le retourner et voir de quoi il parle. Mais Juliette hésite. Et si le ou la  propriétaire se rend compte de son oubli et revient sur ses pas pour reprendre son bien ? Que penserait-il ou elle de son audace ?

Mais non, décidemment il lui est impossible de résister. Elle regarde autour d’elle et, ne voyant personne s’approcher, elle tend la main vers ce livre inconnu.

Dès que ses doigts prennent contact avec la couverture, la magie fait effet : le livre l’attire comme un aimant. Jamais elle n’a ressenti une telle fascination, une telle envie de prendre un livre, de l’ouvrir et de se plonger dans l’histoire. Que peut-il bien y avoir à l’intérieur d’assez puissant pour l’attirer de manière aussi irrésistible ?

Lentement, elle examine le dos du livre où aucune indication ne figure, même pas le titre ou le nom de l’auteur. Et encore plus lentement, comme pour faire durer le plaisir, elle tourne le livre.

Ce qu’elle découvre sur la couverture la fait sourire. Une histoire d'amour à l'eau de rose au titre tellement désuet : « L'amour était au rendez-vous dans le jardin ». Quant à l'auteur, son nom est « anonyme ». Comment a-t-elle pu être attirée aussi fortement par ce livre qui ne correspond en rien à ses lectures habituelles ? La jeune femme tourne et retourne le livre entre ses mains. Elle a l'impulsion de le mettre dans la poubelle toute proche, mais un sursaut de conscience l'en empêche. Même mauvais ou désuet, aucun livre ne peut mériter un tel traitement. Alors, la curiosité étant la plus forte, elle ouvre le livre et, sur la deuxième pas, voici le texte qu’elle découvre.

"Le livre que vous avez entre les mains raconte l'histoire d'une jeune femme que j'ai bien connu, que j'ai aimé dès la première minute où je l’ai vu. Cette histoire va peut-être sembler bizarre, incroyable, trop sentimentale mais elle n'en reste pas moins le reflet de la réalité. La personne dont il est question ici n'est pas une star de cinéma ou de la chanson, encore moins une personnalité politique. Mais elle mérite tout autant qu'eux d'être connue pour le bien qu'elle a apporté autour d'elle, à sa famille et à ses amis.
Mais cessons ces généralités et commençons l'histoire."

Surprise : voilà que derrière un titre vieillot, se cache un texte à l’écriture sensible et délicate. Mieux vaut continuer pour connaître la suite.

« Il n’est pas aussi facile qu’il y paraît de parler de soi. On essaie de rester fidèle à la réalité, sans trop la transformer, juste un petit peu pour rendre l’histoire plus palpitante, plus intéressante pour le lecteur. Car c’est lui qui décidera, en fin de compte, de l’intérêt d’une vie, d’une histoire. Tout l’intérêt, et la difficulté aussi,  de l’exercice viennent du savant dosage à trouver entre ce que l’on peut raconter et ce que l’on doit taire. Car ce que l’on croit important peut être simplement anecdotique pour celui qui lira.

Mais il est aussi difficile de parler de la vie d’un être cher, de quelqu’un que l’on côtoie tous les jours. Car si l’on peut inventer facilement pour sa propre vie et se pardonner quelques petits  écarts, l’observateur est censé donner une vision fidèle de ce qu’il voit devant lui.

Je vais cependant essayer de me livrer à cet exercice ici. En espérant que le lecteur sera indulgent, mais, après tout, je serais le seul à savoir ce qui est réalité et ce qui est mensonge !

Ce n’est que par bribes, au fur et à mesure des années, que j’ai découvert les différents évènements heureux et malheureux qui ont jalonné la vie de Juliette. Une manière de se dévoiler toute en douceur, comme pour ne pas m’effrayer. Mais je n’avais pas peur, bien au contraire. J’avais l’impression de découvrir une nouvelle femme à chaque révélation. Un peu ridicule comme réaction me direz-vous ? Mais vous savez très bien qu’en amour, rien n’est vraiment rationnel et rien ne doit l’être. »

(A suivre)

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 12 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états

 

Une journée de beau temps, après plus d’une semaine de pluie et de vent !
Un vrai bonheur pour Juliette qui n’avait pu ces derniers jours aller déjeuner dans un jardin public, comme à son habitude dès l’arrivée du printemps
Mais aujourd’hui, des rayons de soleil illuminent toute la ville, les rues se remplissent de monde, comme si chaque habitant se réveillait d’un long sommeil d’hiver, tels des marmottes. Même les vêtements sont parés des couleurs du printemps, imitant en cela les fleurs aux mille couleurs des jardins.
Juliette est au milieu de cette foule, jeune femme grande, aux cheveux bruns-roux coupés courts, aux yeux pleins de curiosité et au visage souriant. Elle marche le long des rues, admirant l’architecture, les monuments, regardant les vitrines des magasins de vêtements ou de chaussures en pensant qu’il faudrait qu’elle refasse sa garde-robe avec l’arrivée des beaux jours.

 

Dès qu’elle le peut, elle sort de son travail à l’heure du déjeuner pour se rendre dans un jardin public. Comme elle vient ici régulièrement, elle sait où sont placés les bancs les plus ensoleillés et s’assoient toujours sur le même : un endroit assez éloigné de la rue pour ne pas être assourdie par le bruit des voitures, face à une fontaine dont le lent ruissellement est apaisant, proche d’un grand chêne qui sera le bienvenue lors des journées chaudes de l’été. 
En s’approchant du banc, elle est surprise d’y trouver un livre. Personne n'y est assis, personne n'est dans les environs. Le livre est seul, posé négligemment ou abandonné là. Comment peut-on laisser un livre sur un banc ? Est-il si mauvais que la personne l’ayant acheté ne veut pas le voir figurer dans sa bibliothèque ? A-t-il été simplement oublié ?

Elle s’assoie de l’autre côté du banc sans quitter le livre des yeux. Posé à l’envers, elle ne peut en deviner le titre, et aucun résumé ne figure sur la quatrième de couverture comme c’est le plus souvent l’habitude. De plus en plus étrange, pense-t-elle.

 

 (A suivre)

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 10 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états

Quelques explications sur la famille d’Oscar et Léonie

En général, les contes de fées se terminent tous par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Et bien, c’est aussi vrai dans cette histoire ! !
Moi je suis Nina, la plus jeune des enfants d’Oscar et Léonie. J’ai deux frères et une sœur. Je les aime bien tous, mais ils sont quand-même un peu envahissants quelques fois ! Mes frères ne pensent qu’à courir partout, à jouer avec tout ce qui traîne, et à faire leurs griffes sur les tapis. Et je ne parle pas des plantes que nos maîtres ont du jeter parce qu’elles avaient dépéri : mes frères avaient fait leurs besoins dans leurs pots au lieu de le faire dans leur litières ! Qu’est-ce qu’ils peuvent être bêtes quelques fois !

Ma sœur est plus gentille elle, même si au début on ne s’entendait pas très bien toutes les deux : elle voulait garder sa maman pour elle toute seule. Mais comme moi je suis gentille, vraiment très gentille, elle a fini par m’aimer. Et maintenant, on s’entend bien : on s’amuse ensemble, on regarde les autres chats du quartier en s’amusant parce qu’ils y en a quelques uns de vraiment bizarres et drôles. Mais il y en a aussi qu’on aime bien, et d’autres dont on est secrètement amoureuses.

Nous habitons tous dans la maison des maîtres de mon papa, Jacques et Sophie. Ceux de ma maman ont déménagé du quartier pour aller habiter dans une autre ville et, même s’ils aimaient beaucoup ma maman, ils n’ont pas voulu la séparer de mon papa. Mais mes frères vont bientôt partir de la maison, j’ai entendu Jacques en parler. Ils ne peuvent pas garder tous ces chats dans la maison et ils ont trouvé des personnes très gentilles qui sont prêtes à adopter mes frères. Je serais vraiment triste de les voir partir et ma maman et mon papa seront tristes aussi. Mais je suis sûre que je les reverrais souvent parce que leurs nouveaux maîtres sont des amis des miens et habitent à quelques rues de chez nous.

Il ne restera donc plus, dans la maison de Jacques et Sophie, que papa Oscar, maman Léonie, ma sœur Clarisse et moi, Nina. Je sens qu’on va bien s’amuser !


Je sais, je vous avais promis de vous expliquer pourquoi j’étais capable de vous raconter l’histoire de mon papa et de ma maman. J’espère que vous allez bien comprendre parce que ça peut sembler bizarre.
Quand j’étais petite, Sophie avait un gros ventre parce qu’elle allait avoir un autre bébé (Oui, après Louise et Pierre, il y eu aussi Antoine, un vrai chenapan qui court partout mais que j’aime bien quand-même !) Les après-midi, quand Louise et Pierre étaient à l’école et qu’elle était fatiguée, Sophie s’allongeait sur le canapé et lisait des histoires à haute voix, en frottant son ventre tout rond. Elle lisait à haute voix comme si son bébé pouvait l’entendre. Je ne sais pas si c’était le cas, mais moi, j’adorais écouter sa voix douce et chaude. Et ses histoires semblaient tellement belles !

Un jour, j’étais couchée sur le bord du canapé et j’écoutais Sophie parler, sans comprendre quoi que ce soit bien-sûr. Mais je devais être fatiguée parce que je me suis endormie. Et j’ai fait un rêve vraiment bizarre. Un monsieur avec une barbe blanche, une longue robe couverte d’étoiles bleues, un horrible chapeau pointu sur la tête apparut au milieu de mon rêve et me dit :

« Je m’appelle Merlin et je suis un magicien. Je peux te donner un don si tu le souhaites, mais tu dois en être digne. Je t’ai observé pendant longtemps, en fait depuis ta naissance et je crois que tu es la plus intelligente parmi tes frères et sœur. Ce don que je peux te donner est vraiment exceptionnel : le don de comprendre ce que disent les humains. Mais attention : tu ne dois absolument pas montrer que tu les comprends, sinon ton don disparaîtra définitivement !

Si tu es d’accord, je t’accorde ce don et peut-être qu’un jour tu pourras raconter l’histoire de ta famille de façon à ce que tout le monde puisse la connaître.
Es-tu d’accord pour avoir ce don ? »
Je ne pouvais pas encore parlé, évidemment, alors j’ai secoué la tête de haut en bas, tellement fière d’avoir été choisie parce que j’étais la plus intelligente de la famille. Je vis donc le magicien lever son bras, sa baguette dans la main et prononcer des mots à mi-voix. Mais à ce moment-là, Sophie se leva du canapé et je me réveillais en sursaut.


J’oubliais vite mon rêve jusqu’au jour où Sophie s’installa sur la terrasse pour lire une histoire à Louise et Pierre. Et là, quel étonnement : je comprenais parfaitement ce qu’elle disait et j’adorais son histoire d’animaux et de forêt merveilleuse ! Je grimpais sur un fauteuil de jardin et m’installait pour mieux écouter l’histoire. Je me rappelais alors la recommandation du magicien dans mon rêve : ne pas montrer aux humains que je comprenais ce qu’ils disaient. Je fis donc semblant de dormir, mais je gardais les oreilles aux aguets. Je pus ensuite raconter toute l’histoire à ma sœur Clarisse, à mes frères aussi mais ils ne me crurent pas, ils pensaient que je racontais n’importe quoi pour me rendre intéressante !

Et depuis ce temps, ce don est toujours là. C’est lui qui m’a permis de vous raconter l’histoire de ma famille, et c’est aussi lui qui me permettra bientôt de vous raconter l’histoire de ma famille à moi parce que j’ai rencontré un chat dans le quartier qui me semble vraiment très mignon ! 

 

FIN DE L'HISTOIRE
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Vendredi 7 mars 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
... ou comment un jeune chaton timide est devenu le roi du quartier.
undefinedOscar est amoureux !

Il y avait donc une chatte dans le quartier, et quelle chatte ! Un rêve pour tous les matous. Même Jules était obligé de s’arrêter de ronchonner parce qu’il avait le souffle coupé quand elle passait devant lui. Mais il était bien trop vieux pour lui plaire !
Léonie était tout simplement magnifique ! Et encore, c’est un mot bien pâle pour la décrire. Au yeux d’Oscar, elle représentait la beauté, la délicatesse incarnées. Elle habitait dans la belle maison juste à côté de la sienne et Oscar, le cachottier, avait trouvé un moyen de la regarder sans se faire remarquer. Enfin, c’est ce qu’il croyait : la haie qui entourait le jardin était composée de tuilas, mais à un endroit, ils commençaient à vieillir, ils étaient beaucoup épais, avec des branches moins fournies. Ça laissait donc tout un espace pour regarder discrètement dans le jardin voisin.
Léonie était donc magnifique : une chatte persane au pelage blanc doux et délicat qu’elle nettoyait souvent pour qu’il soit toujours propre et brillant. Quelle que soit l’heure du jour, elle était toujours pimpante, belle, adorable. Elle n’aimait sortir que les jours où il faisait beau, où le soleil brillait. Les jours de pluie, elle préférait rester tranquillement dans le salon, couchée sur un coussin moelleux placé avec soin, rien que pour elle, entre la fenêtre et la cheminée. Ni trop chaud, ni trop froid, le climat parfait pour Léonie. Mais, certains jours d’hiver où le froid était plus mordant, elle se rapprochait de la cheminée pour se réchauffer à la chaleur d’un bon feu.
Lorsque Léonie sortait, les autres chats se donnaient rendez-vous pour l’admirer. Et d’ailleurs, les chiens, même s’ils ne l’avoueraient pour rien au monde, ne la trouvaient pas si mal que cela … pour une chatte. Mais Léonie ne daignait même pas regarder ses admirateurs. Non, elle les snobait, faisait comme s’ils n’étaient pas là, se promenait dans le jardin au milieu des parterres de fleurs. Elle restait quelques fois sur la terrasse de la maison, au soleil : aussi immobile qu’une statue, elle fermait les yeux, enfin pas tout à fait car elle surveillait les autres chats du coin de l’œil au cas où l’un d’entre eux s’aviserait de traverser la rue. En fait, c’était arrivé une fois à un chat plus téméraire que les autres, mais en voyant le résultat, aucun autre n’avait voulu tenter sa chance ! Pourquoi ? Parce qu’elle lui avait fait peur en le fixant droit dans les yeux, en arrondissant le dos, les poils hérissés. L’aventureux s’était quand-même approché encore plus près, en rampant presque, mais le coup de patte, toutes griffes sorties, qu’il avait reçu l’avait fait fuir très rapidement. Et, chose bizarre, on ne l’avait plus revu dans le quartier ! C’était bien pour cela qu’Oscar l’observait discrètement, derrière la haie : ses copains l’avaient averti de la mésaventure et il ne voulait pas risquer de recevoir le fameux coup de griffes.
Mais en grandissant, le caractère change. Et un beau jour, il en eu assez de regarder Léonie à travers la haie ou depuis le trottoir d’en face. Que diable : si elle ne l’aimait pas, tout ce qu’il risquait, c’est un coup de griffes. Si ça lui arrivait, il rentrerait à la maison, se ferait soigner par Sophie, câliner par Louise et Pierre et il s’installerait dans son panier, dans le salon, pour se remettre de ses émotions. Bon, il y aurait bien les copains du quartier qui rigoleraient, se moqueraient de lui, mais il verrait le moment venu.
Alors, un matin où le soleil brillait, il s’avança vers le trou qu’il avait trouvé dans la haie et, oui, Léonie était bien là, sur la terrasse, immobile. Il longea la haie de son côté jusqu’au bord du trottoir, là où elle s’arrêtait. D’abord, on ne vit que sa tête, car Oscar voulait vérifier que ses copains étaient de l’autre côté de la rue, mais il n’y avait encore personne, il l’avait fait exprès. Il contourna donc le bout de la haie et commença à avancer tout doucement dans le jardin de Léonie.
Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que Léonie l’avait déjà remarqué au milieu de ses copains et aussi quand il l’observait de l’autre côté de la haie. Ce n’était pas très discret d’ailleurs, elle avait remarqué le trou depuis longtemps et apercevait la petite tête d’Oscar à travers, mais lui ne s’en était jamais rendu compte !
Alors, quand elle vit qu’il osait approcher d’elle en traversant la pelouse, son petit cœur se mit à battre plus fort, mais elle se força à rester immobile. Lorsque Oscar fut à quelques seulement de Léonie, il s’arrêta, incertain. Léonie ouvrit alors les yeux, commença à faire le gros dos comme si elle allait se mettre en colère. Les copains d’Oscar, qui étaient maintenant installés sur le trottoir, se serrèrent les uns contre les autres en frémissant de peur, mais prêts quand-même à aider leurs copains au cas où.
Et là, devinez ce qui se passa ? Léonie regarda Oscar dans les yeux, tout doucement elle franchit le dernier espace qui les séparait et s’arrêta en face de lui. Leurs deux petits cœurs battaient à tout rompre tellement ils étaient émus. Léonie avança une patte toute blanche et Oscar posa sa patte toute noire sur la sienne. C’était leur manière de se dire qu’ils s’aimaient beaucoup
undefined. Puis, après être restés quelques minutes ainsi, ils s’éloignèrent vers l’arrière de la maison pour être seuls, comme tous les amoureux. Mais avant de tourner le coin de la maison, Oscar se retourna vers ses copains et leur fit un petit sourire victorieux.
Tous les autres chats restèrent muets de surprise, et un peu verts de rage aussi ! Ils n’en revenaient pas. Comment un chat qui n’était pas dans le quartier depuis aussi longtemps qu’un avait-il pu séduire une chatte aussi magnifique que Léonie ? Mais ça, ils ne le sauraient jamais car Oscar et Léonie ne racontèrent jamais à personne leur histoire. Sauf à moi, mais vous savez pourquoi !

 ( à suivre)

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Dimanche 2 mars 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
... ou comment un jeune chaton timide devint le roi du quartier.

L’arrivée d’un deuxième bambin

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 Et oui, aucun moment de tranquillité dans cette maison ! A peine s’était-il habitué à la présence de Louise que voilà un deuxième bambin. Tout allait recommencer, quel cauchemar ! Mais bon, il se faisait une raison : c’est vrai, maintenant, il savait comment cela se passait avec un bébé ou un petit enfant qui court partout. Et il avait grandi, il saurait se défendre si on l’embêtait trop.

C’est un garçon qui arriva dans la maison et on l’appela Pierre.

Oscar s’attendait à entendre des pleurs, des cris, mais Pierre était beaucoup plus calme que sa sœur : bien-sûr, il pleurait quand il avait faim mais pas à tout bout de champ comme sa sœur ! De toute façon, Oscar avait décidé que, dorénavant, il dormirait dans le salon et éviterait coûte que coûte le voisinage des chambres des enfants pleines de bruits et de cris. Sophie lui avait installé un panier confortable, moelleux, assez grand pour qu’il puisse s’étirer, rempli de coussins pour être encore plus douillet. Bien installé dans son panier, il pourrait continuer à faire des rêves agréables où il courrait après les souris ou bien essayait d’attraper les oiseaux qui s’envolaient en piaillant.

 

Maintenant qu’il avait grandi et pris de l’assurance, Oscar connaissait plein de monde dans le quartier. Mais sa préférée, c’était la vieille dame qui habitait la maison d’en face : elle vivait seule et adorait Oscar qu’elle gavait de gâteaux et de friandises. Alors, s’il trouvait qu’il y avait trop de bruits et de cris dans la maison de ses maîtres, il sortait tranquillement et allait voir la vieille dame. Les caresses et les friandises le consolaient et il adorait entendre les mots de la vieille dame, même s’il ne comprenait rien du tout !

Et puis, il y avait les chiens et les autres chats du quartier.

Les chiens, quelle histoire. Tout le monde sait bien que les chiens et les chats ne font pas bon ménage, et c’était vrai là aussi. Surtout avec Grognard, le bulldog qui aboyait tout le temps en montrant ses dents. Et en plus il bavait, quelle horreur ! Il fallait faire attention, ne pas passer trop près de lui car il était agile et il aurait facilement pu attraper la queue d’un chat. Même le facteur faisait attention en mettant le courrier dans la boîte aux lettres et pourtant, elle était suffisamment loin de la maison pour que Grognard ne puisse pas l’attraper.

Il y avait aussi Wolf, le berger-allemand qui essayait toujours de faire peur aux gens qui passaient dans la rue, mais, quand on le connaissait bien, il était assez gentil.

Oscar aimait bien, comme la plupart des autres chats du quartier, le beau labrador Caramel, auquel on avait donné ce nom car son pelage avait vraiment la couleur du caramel. Lui, il aimait bien jouer avec les chats : il se roulait dans l’herbe, les chats faisaient semblant de vouloir le griffer et lui grognait comme s’il voulait les mordre. Tous les gens qui passaient dans la rue à ce moment-là s’amusaient beaucoup et s’arrêtaient toujours quelques minutes pour les regarder.

Il y avait aussi un épagneul aux oreilles tombantes et au pelage plein de frisotis qui s’appelait Chocolat. On le trouvait souvent aux côtés d’une belle chienne fox-terrier à laquelle ses maîtres avaient donné un nom rigolo : Chouquinette. Tous les chiens étaient amoureux d’elle, mais il semblait que seul Chocolat avait ses faveurs. Même Oscar était un petit peu amoureux d’elle. Ils auraient fait un joli couple tous les deux !

Parmi les chats du quartier, il y avait des gentils et des pas sympas aussi. Alexandre était un chat siamois, gentil mais qui se prenait un peu trop pour un aristocrate et même pour un empereur quelques fois ! Il savait tout, était toujours au courant de tous les potins du quartier et trouvait qu’il était le seul chat intelligent du quartier. Les autres chats le supportaient mais le remettait aussi à sa place quelques fois et, comme Alexandre avait quand-même un peu d’humour, il boudait pendant un temps mais revenez vers ses copains ensuite.

Gribouille, un chat tigré, racontait sans cesse les aventures incroyables qui lui étaient arrivées. Et il avait les cicatrices pour prouver qu’il disait la vérité, parce qu’il avait baroudé partout dans la ville, dans des quartiers pas très fréquentables où il avait rencontré des chats plutôt méchants quelques fois.

Il y avait aussi Jules, le chat le plus vieux du quartier qui aimait raconter aux jeunes chatons comment était la vie dans le temps, bien avant qu’ils ne soient nés, et qui rallait toujours contre ces petits sacripants qui n’écoutaient jamais ses conseils et se retrouvaient toujours dans des histoires rocambolesques. Un vieux ronchon ce Jules !

Mais parmi tous ces chats, il y avait aussi une chatte et pas n’importe laquelle !

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 28 février 2008
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... ou comment un jeune chaton timide est devenu le roi du quartier.

L’arrivée du premier bambin

 

undefinedLes choses ont commencé à changer pour Oscar avec l’arrivée du premier bébé. Que dis-je, avant même son arrivée, il l’embêtait déjà ! D’un seul coup, sans crier gare, il n’eut plus le droit d’aller dans la chambre de ses maîtres, de s’installer sur leur grand lit parce qu’il risquait de laisser des poils partout ou que ses pattes étaient sales. Certaines pièces étaient même complètement fermées maintenant car elles avaient été nettoyées pour servir de salle de jeux ou de chambre pour enfant. De toute façon, elles n’avaient plus grand intérêt pour Oscar : les pièces étant toutes propres maintenant, les souris avaient déguerpies ailleurs !

Et puis, quand le bébé est né, une petite fille prénommée Louise, adieu le calme, aussi bien le jour que la nuit. Elle pleurait quand elle avait faim, quand elle avait sa couche sale, ou elle pleurait tout simplement parce qu’elle voulait se faire câliner. Bien-sûr, rien de plus normal pour un bébé, mais pour Oscar, c’était un vrai cauchemar ! Il aurait bien aimé, quelques fois, pouvoir boucher ses oreilles avec ses pattes comme le font les humains avec leurs mains.

En plus, Jacques et Sophie étaient vraiment accaparés par le bébé et Oscar trouvait qu’ils ne s’occupaient plus de lui comme avant. Ça le rendait un peu triste et il essayait de profiter de la moindre occasion qui lui était donnée pour s’asseoir sur les genoux de l’un ou de l’autre, pour se faire câliner comme quand il était tout petit. Et si ses maîtres étaient trop occupés, alors il se réfugiait dans le salon, sur son fauteuil préféré, ou dehors, dans un coin du jardin s’il faisait beau et observait les oiseaux.

Notre matou pensait qu’en grandissant, les choses seraient différentes. Mais non ! Ce fut pire même quand la petite Louise commença à avancer à quatre pattes et encore plus quand elle marcha toute seule. Elle courait toujours derrière Oscar pour lui tirer les oreilles ou la queue. Et quand elle se mit à parler, ce fut une catastrophe : elle ne pouvait pas prononcer son nom correctement, ce qui était tout à fait normal pour une petite fille, mais ça, Oscar ne le savait pas et tout ce que disait Louise ressemblait à du charabia pour lui. Qu’est-ce que « ca » pouvait bien vouloir dire ? Mystère !

Oscar aurait bien aimé qu’elle lui caresse la tête, qu’elle lui gratte le cou ou sous les oreilles : il adorait ça et cela le faisait ronronner de plaisir. Mais non, Louise ne voulait que faire des bêtises et l’enquiquiner à longueur de temps.

Ce qui le sauva ? Louise avait l’âge maintenant d’aller à la garderie avec d’autres enfants, pendant que ses parents étaient au travail. Il avait alors la maison pour lui tout seul, quel bonheur, quel calme ! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’ennuyait pas : il continuait à explorer la maison, il allait dans le jardin où il tentait toujours d’attraper les oiseaux mais sans résultat. Et s’il faisait trop froid dehors, il retrouvait son coin habituel dans le salon, sur le fauteuil confortable de Jacques. Malgré tout, il était content quand ses maîtres et la petite Louise rentraient le soir : il avait droit à beaucoup de caresses et de bisous et ça, il n’en avait jamais assez.

Quand Louise eu quatre ans, il s’était habitué à toutes ses facéties et il avait même commencé à l’aimer. Comme Oscar, Louise aimait bien partir en exploration à travers la maison : elle courait dans toutes les pièces, visitait les étages, montait les marches à quatre pattes si elles étaient trop hautes et les redescendait sur les fesses si elles étaient trop hautes ! Louise l’exploratrice ! il la suivait quelques fois dans ses escapades, pour la surveiller, pour lui éviter de faire des bêtises, ce qui arrivait quand-même quelques fois.

On aurait aussi pu l’appeler « Louise la comédienne » parce qu’elle adorait se déguiser avec tout ce qui passait à sa portée : les habits et les bijoux de sa maman, les grandes écharpes de sa grand-mère quand elle venait en visite, les chapeaux de son grand-père qui étaient tellement grands pour elle qu’ils lui tombaient sur les yeux, les chaussettes de son papa qu’elle enfilait sur ses bras comme des gants. Une vraie comédienne qui faisait rire tout le monde !

Finalement, la vie n’était pas si mal pour Oscar, il avait tout ce qui lui fallait : des maîtres qui l’aimaient beaucoup et le gâtaient ; une petite fille qui, malgré toutes les misères qu’elle lui faisait, adorait ce matou noir et blanc ; un toit pour s’abriter ; un grand jardin pour s’amuser ; et plein d’amis pour bavarder quand il en avait envie. 

Et ses amis, il allait en avoir besoin sans tarder car la vie était tout sauf routinière dans cette maison !

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Vendredi 22 février 2008
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undefinedOscar l’explorateur

Jacques et Sophie avaient emménagé dans la maison au mois de février, ils ne s’étaient donc pas préoccupés du jardin qui s’étendait autour de la maison. Pour des humains, c’étaient seulement des herbes folles, des plantes et des arbres qu’on avait laissé pousser comme ils voulaient. L’hiver les avait bien abîmé : les plantes et les fleurs étaient toutes jaunies, certaines de leurs branches étaient pliées vers le sol comme si elles étaient tristes et n’osaient se montrer.

Mais aux yeux d’Oscar, ce jardin était une vraie jungle ! Il fallait sauter par-dessus les branches pliées, se faufiler au milieu des fougères et des herbes qui ressemblaient à des arbres si on était de la taille d’un chaton.
Oscar avait peur mais comme il s’amusait beaucoup, il s’aventurait sans hésitation dans cette jungle. Et après avoir galopé dans les feuilles mortes, il adorait se réfugier dans un coin, contre le mur de la maison, à l’abri du vent. Et là, il regardait les oiseaux qui venaient se poser sur les branches ou dans l’herbe. Et il rêvait :
« Quand je serais grand, ces oiseaux ne seront plus aussi fiers ! Ils auront intérêt à faire attention car si je les attrape, leurs plumes voleront dans tous les sens. Et je les attraperais, parce que je deviendrais le plus grand chasseurs d’oiseaux qu’on n’ait jamais vu parmi les chats. Je suis sûr que même mes frères ne seront pas aussi doués que moi ! »
En attentant, les oiseaux continuaient à voler au-dessus du jardin, à se poser sur les branches pour surveiller et à gratter la terre pour trouver de quoi manger. Contrairement à ce que croyait Oscar, ils l’avaient bien repéré ! Mais ils avaient aussi compris que, pour l’instant, ce n’était pas un chat très dangereux !

Pendant ce temps-là, Jacques et Sophie continuaient à aménager la maison pour la rendre plus agréable. Ils avaient installé un grand salon avec des fauteuils et des canapés moelleux et confortables. Bien évidemment, Oscar adorait s’y installer, se lover sur les coussins pour faire la sieste et se remettre de toutes ses émotions. Il aimait par-dessus tout un grand fauteuil qui se trouvait être aussi le préféré de Jacques : il grimpait, tournait en rond quelques instants avant de s’installer dans sa position préférée et de s’endormir en ronronnant de plaisir. Nul doute que, dans ces moments-là, sa tête était pleine de rêves où il imaginait ce qu’il ferait quand il serait grand. Mais ses rêves étaient quelques fois interrompus brutalement par Jacques qui réclamait son fauteuil.
« Dis donc Oscar, il y a plein d’autres fauteuils aussi confortables dans la maison, pourquoi choisis-tu toujours le mien et justement au moment où je veux m’y asseoir ? »
Oscar le regardait en faisant ce qu’il croyait être des yeux doux et suppliants, mais ça ne marchait pas vraiment ! Et comme il ne bougeait pas, Jacques l’attrapait et le posait sur le fauteuil d’à côté. Oscar restait alors assis, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir faire maintenant. Il regardait Jacques s’installer avec le journal ou un livre et se disait que ses maîtres étaient un peu bizarres quand-même : pourquoi devait-il toujours se déplacer, changer de fauteuil, et pourquoi ce n’était pas Jacques qui le faisait ? La vie était vraiment injuste ! Mais quand il serait grand, il trouverait bien un moyen pour se défendre et rester dans ce fauteuil.   
Il avait déjà essayé tous les autres fauteuils ainsi que les canapés du salon et aucun n’était aussi confortable que le fauteuil de Jacques. Alors, il finissait le plus souvent par s’installer sur le tapis épais, doux et moelleux installé entre le canapé et la cheminée. Et là, à moitié caché sous la table basse, il était à un poste d’observation idéal pour surveiller les entrées et les sorties du salon et savoir s’il y avait un danger quelconque. Il était futé, même s’il n’était pas grand !
Comme il ne faisait pas encore très chaud dehors, la cheminée du salon était allumée tous les soirs. Et Oscar adorait regarder le feu, tout en écoutant ses maîtres discuter. Et à chaque fois, il finissait par s’endormir, bercé par la chaleur, les voix et parfois la musique.
Le Paradis, la belle vie.

Oui, mais le Paradis s’est bientôt transformé en Enfer !
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 19 février 2008
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... ou comment un jeune chaton timide devint le roi du quartier.

Les premières semaines dans la nouvelle maison


undefinedOscar est donc arrivé dans cette grande maison quand il était tout petit : il n’avait pas encore un an quand Jacques et Sophie l’ont pris avec eux, dans un petit panier juste assez grand pour contenir cette petite boule de poils.
Oscar avait très peur : il venait juste de quitter sa maman et ses frères et sœurs et voilà qu’il se retrouvait tout seul avec des nouveaux maîtres qu’il ne connaissait pas encore et dans une maison qui lui paraissait tellement immense qu’il était sûr de se perdre dedans. Aussi, pendant les premiers jours, Oscar suivait ses maîtres partout où ils allaient, ce qui donnait parfois des situations cocasses. Là, je rajoute ces petites anecdotes parce que je ne crois pas qu’Oscar aimerait vraiment que je les raconte, mais comme de toutes façons il ne pourra pas lire ce que je vous écris !


Je disais donc que quelques fois, il y eu des quiproquos et des situations franchement drôles. Comme cette fois où il avançait derrière Sophie mais ne fit pas attention qu’elle s’était arrêtée. Et boum, il se cogna la tête contre le pied de sa maîtresse et se retrouva assis sur les fesses. Dans ces cas-là, Sophie ne pouvait s’empêcher de rire.

« Et bien Oscar, petite boule de poil, il faut ouvrir les yeux et regarder où tu vas. Je ne voudrais te marcher sur les pattes ou sur la queue. »

Et tout en disant cela, elle prenait Oscar dans ses mains, et le caressait en le serrant contre elle, ce que le chaton adorait par-dessus tout. Et il manifestait son contentement en ronronnant le plus fort qu’il pouvait.

Il lui arriva aussi de se retrouver coincé sous un meuble. Il avait décidé d’explorer une pièce où l’on avait placé des vieux meubles et s’était retrouvé coincé sous une commode. Sophie avait du l’en sortir en le tirant par la queue et il éternua un moment parce qu’il était plein de poussière.
Au bout de quelques semaines, Oscar commençait à connaître la maison. Il était temps, maintenant qu’il était grand, de partir un peu à l’aventure. Et la maison était assez grande pour pouvoir avoir des aventures tous les jours ! Plus d’une fois, il se retrouva enfermé dans une pièce, dans un meuble, dans un placard, dans la cave ou le grenier. Mais heureusement, il y avait toujours quelqu’un pour venir le délivrer. Bien que, être enfermée dans le grenier ça ne le dérangeait pas tant que cela : il pouvait s’amuser comme un fou à courir derrière les souris qui y logeaient depuis longtemps, sans jamais pouvoir les attraper car il ne connaissait pas encore toutes les ruses à utiliser. Mais pour l’instant, c’était assez amusant de leur faire peur et de les voir courir dans tous les sens pour trouver une cachette et échapper à ses coups de pattes ou de griffes.

Après l’exploration de la maison, il restait l’exploration de l’extérieur. Et là, ce n’était pas une partie de plaisir!

(à suivre)

 

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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