La libraire est de retour avec de
nouvelles informations parues dans le Monde du 2 juillet. Ces infos prennent la forme d’un appel signé par « les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires,
rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions », en réponse aux amendements récents qui « remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les
équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l'édition françaises ».
Cependant, il faut bien reconnaître que, malgré les prises de position des ministres de la culture ( Le point de vue de la Ministre de la culture ) et de l’économie, on ne peut que rester inquiet
« car beaucoup d'idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu'elles exercent auprès des parlementaires est à l'origine de
ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d'imposer un modèle commercial basé sur une volonté d'hégémonie et une stratégie purement financière »
On ne le
dira jamais assez, la France est un pays où les librairies forment un réseau dense (plus de 2500 points de vente) et s’ajoutent aux bibliothèques publiques pour offrir « un accès au
livre aisé et constitue un atout important pour l'aménagement du territoire et l'animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec
d'autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l'inverse d'autres secteurs
culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu'aucun circuit n'écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d'un véritable
choix. »
Et pour continuer à défendre cette diversité au service des lecteurs, la loi Lang sur le prix unique du livre doit être maintenue. « Elle confie à l'éditeur
la fixation du prix des livres qu'il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d'achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce
système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages
de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public. De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées
reçues, les chiffres de l'Insee montrent en effet que depuis une dizaine d'années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l'inflation. »
Une manière de montrer à
tous, simples citoyens ou hommes politiques, qu’il est nécessaire de se mobiliser pour que l’économie du livre ne soit pas totalement désorganisée, à l’image de celle du disque, pour des raisons
purement financières et sous un prétexte de dérégulation du marché. Ne serait-il pas plus judicieux de se concentrer sur d’autres secteurs économiques où la flambée des prix entraîne
d’importantes conséquences pour le consommateur ? A moins que ce ne soit qu’un effet pour faire oublier au consommateur la montée du prix de l’essence ou des denrées alimentaires de
base ?
Pour reprendre un slogan avancé par un fabricant d’emballage : « lire plus pour penser plus ». Oui à la diversité, non à l’uniformité !
Article du Monde, où figure également la liste des signataires de l'appel, c'est ici (link) Point de vue du groupe Hachette (link)