Mardi 15 juillet 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états

Je vais passer un été superbe, dans une mer bleue translucide où
apparaissent des poissons multicolores.
Et tout cela grâce aux enfants qui m'ont laisé des dessins magnifiques avant de partir en vacances.
J'ai donc fait une exposition sur la vitrine de la librairie, exposition que tout le monde peut admirer.

 

 

                                           

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 12 juillet 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
Une nouvelle sélection en littératures française et étrangère.
Albin Michel:
"Paradis conjugal" Alice Ferney
"L'inaperçu" Sylvie Germain
"Dans la tête de Shéhérazade" Stéphanie Janicot
"Les hommes perdus" Brian Laing
Fayard
"Héros, personnages et magiciens" Vincent Ravalec
Grasset
"Ce que nous avons eu de meilleur" Jean-Paul Enthoven
"L'ami de jeunesse" Antoine Senanque
"L'inchevée" Sarah Chiche
Stock
"Son absence" Justine Augier
"Une belle époque" Christian Authier
"Val de Grâce" Colombe Schneck
L'Archipel
"Le dernier voyage du Valentina" Santa Montefiore
De Fallois
"A quand les bonnes nouvelles ?" Kate Atkinson
Rivages
"La vie en sourdine" David Lodge
Jean-Claude Lattès
"Le coeur glacé" Almudena Grandes

(à suivre)

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Lundi 7 juillet 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
En premier lieu, il faut bien reconnaître que la rentrée littéraire ne fait pas vraiment la une de l'actualité en ce moment, contrairement à celle de 2007 où l'on mettait en avant le nombre impressionnant de sorties, françaiseset étrangères.
2008 est marqué par une baisse du nombre de parutions. Oui, oui, je vous assure, c'est vrai ! Il n'y en "que" 676, contre 727 en 2007 : 466 romans français, 210 romans étrangers, 91 premiers romans.
Encore des heures d'insomnie en perspective ! Mai aussi des heures de découvertes ! J'ai sélectionné quelques titres dans les parutions, mais j'en découvrirais sûrement d'autres au fur et à mesure.
Actes Sud
- "Laisse les hommes pleurer" Eugène Durif
- "La porte des enfers" Laurent Gaudé
- "Zone" Mathias Enard
- "L'ange incliné" Pierre Mari
Seuil - L'Olivier
- "Contre-jour" Thomas Pynchon
- "Un chasseur de lion" Olivier Rolin
- "Peut-être une histoire d'amour" Martin Page
- "Les accomodements raisonnables" Jean-Paul Dubois
- "L'état des lieux" Richard Ford

(à suivre)
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Jeudi 3 juillet 2008

La libraire est de retour avec de nouvelles informations parues dans le Monde du 2 juillet. Ces infos prennent la forme d’un appel signé par « les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions », en réponse aux amendements récents qui « remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l'édition françaises ».

Cependant, il faut bien reconnaître que, malgré les prises de position des ministres de la culture ( Le point de vue de la Ministre de la culture ) et de l’économie, on ne peut que rester inquiet « car beaucoup d'idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu'elles exercent auprès des parlementaires est à l'origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d'imposer un modèle commercial basé sur une volonté d'hégémonie et une stratégie purement financière »

On ne le dira jamais assez, la France est un pays où les librairies forment un réseau dense (plus de 2500 points de vente) et s’ajoutent aux bibliothèques publiques pour offrir « un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l'aménagement du territoire et l'animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d'autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l'inverse d'autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu'aucun circuit n'écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d'un véritable choix. »

Et pour continuer à défendre cette diversité au service des lecteurs, la loi Lang sur le prix unique du livre doit être maintenue. « Elle confie à l'éditeur la fixation du prix des livres qu'il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d'achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public. De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l'Insee montrent en effet que depuis une dizaine d'années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l'inflation. »

Une manière de montrer à tous, simples citoyens ou hommes politiques, qu’il est nécessaire de se mobiliser pour que l’économie du livre ne soit pas totalement désorganisée, à l’image de celle du disque, pour des raisons purement financières et sous un prétexte de dérégulation du marché. Ne serait-il pas plus judicieux de se concentrer sur d’autres secteurs économiques où la flambée des prix entraîne d’importantes conséquences pour le consommateur ? A moins que ce ne soit qu’un effet pour faire oublier au consommateur la montée du prix de l’essence ou des denrées alimentaires de base ?

Pour reprendre un slogan avancé par un fabricant d’emballage : « lire plus pour penser plus ». Oui à la diversité, non à l’uniformité !

Article du Monde, où figure également la liste des signataires de l'appel,  c'est ici (link) Point de vue du groupe Hachette (link)


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Dimanche 29 juin 2008
Pas de nouvelle lecture, pour l'instant.
Juste un mot de la libraire pour vous signaler qu'elle s'absente, du blog, pendant quelques jours. Non, ce n'est pas pour prendre des vacances (j'aimerais bien !) mais pour compter et recompter les livres sur les rayonnages. Autrement dit, je vais faire l'inventaire. Ce n'est pas le travail que je préfère, mais une fois par an, on ne peut y échapper. Heureusement, ce n'est qu'une fois par an !
Je vous retrouve donc dans quelques jours avec de nouvelles lectures et peut-être un petit avant gout de la rentrée littéraire de septembre dont, pour une fois, on ne parle pas beaucoup.
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 18 juin 2008
Voici comment influencer la lecture des internautes adeptes d'un certain site bien connu. La liste des meilleures ventes dans la catégorie "essais" se compose ainsi :  
"1- La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre
2. Globalisation, le pire est à venir
4. La Grande Désillusion
6. Les incendiaires : Les banques centrales dépassées par la globalisation
7. Le capitalisme est en train de s'autodétruire
8. Le roman vrai de la crise financière
10. Le choc de la décroissance
11. Nourrir l'humanité : Les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIe siècle
12. La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système?
13. Désordres dans le capitalisme mondial
16. La Démocratie confisquée
18. Subprime, la faillite mondiale ? Cette crise financière qui va changer votre vie
21. Les pirates du capitalisme : Comment les fonds d'investissement bousculent les marchés
22. Pourquoi ça ne va pas plus mal ?
25. La guerre des capitalismes aura lieu"
Vous avez trouvé le point commun entre tous ces livres ? Bravo, félicitations ! Il s'agit de livres tous plus pessimistes les uns que les autres, qui présentent le monde dans ce qu'il a de plus noir et de plus déprimant. Comment s'étonner ensuite que la France soit le plus gros consommateur d'anti-dépresseurs en Europe ? Certes, il est important de montrer les erreurs qu'il ne faut pas commettre ou reproduire.
Mais il est aussi important de montrer ce qu'il y a de beau et de bon dans la vie. Parce que ça existe, je vous assure ! Le choix est entre vos mains, c'est à vous de prendre le bon ou le mauvais côté des évènements. Vous allez penser que je suis idéaliste, naive, mais je reste persuadée que nous avons, à tout moment, le choix de faire ce que nous voulons de notre vie.

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Lundi 16 juin 2008

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, tient à souligner son attachement à la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre, garant de la diversité de la production et de la diffusion éditoriales. Elle rappelle que cette initiative, loin d’être dépassée, ne cesse de faire école : à ce jour, près de la moitié des pays européens ont mis en place un dispositif équivalent, soit par voie législative, soit par le biais d’accords interprofessionnels. Le Mexique a adopté une mesure similaire il y a seulement quelques semaines.

En France, cette loi a permis le développement d’un réseau de diffusion particulièrement dense, dans lequel la librairie indépendante a su conserver toute sa place. C’est ainsi que l’ensemble des circuits de diffusion du livre (librairies indépendantes, grandes surfaces, grande distribution, sites de vente en ligne...) proposent 600.000 titres disponibles dont environ 60.000 nouveautés chaque année, et assurent la vente de plus de 460 millions de livres par an.

Cette loi n’a aucun caractère inflationniste. Pendant de nombreuses années, l’évolution du prix du livre a suivi celle de l’indice général des prix à la consommation ; ces dernières années, elle a même été inférieure. Avec un prix de vente moyen autour de 10 € et des catalogues de poche très riches, le livre reste très abordable.

C’est pourquoi la loi sur le prix unique du livre demeure un des piliers de la politique du livre.

En témoigne le plan pour le livre récemment adopté par le Gouvernement : ses principales mesures en faveur de la librairie (dispositif de labellisation, allégement de la fiscalité, création d’un fonds de soutien à la transmission, augmentation des capacités de soutien direct du Centre national du livre) reposent sur la conviction que le maintien et le développement d’un réseau indépendant de librairies constituent le meilleur moyen de donner à chaque livre une chance de rencontrer son public, et d’offrir aux lecteurs un accès à l’ensemble de la création littéraire, qu’il s’agisse des nouveautés ou des livres de fonds.

Dans le cadre de l’examen par le Parlement du projet de loi sur la modernisation de l’économie, deux amendements viennent d’être déposés. En visant à réduire de deux ans à six mois le délai à respecter avant de solder les livres, ces amendements remettent en cause une disposition particulièrement importante de la loi. Une telle mesure aurait des effets très négatifs sur la diversité éditoriale, en favorisant les bestsellers au détriment des productions plus confidentielles. Elle fragiliserait également les librairies indépendantes, qui réalisent, d’après certaines études, plus de la moitié de leurs ventes sur des livres de plus d’un an. Elle aurait enfin pour conséquence, à terme, de faire monter le prix moyen du livre, en obligeant les éditeurs à augmenter leur prix initial.

Dès le dépôt de ces amendements, Christine Albanel avait pris l’attache de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Elle tient à saluer l’attitude de la commission qui a donné un avis défavorable à ces amendements. Elle remercie particulièrement son président, Patrick Ollier, et son rapporteur, Jean-Paul Charié.

La ministre n’en est pas moins ouverte à une discussion sur la modernisation de la loi de 1981, qui a du reste connu plusieurs évolutions importantes depuis son adoption. Elle estime que cette discussion pourrait avoir lieu dans le cadre du Conseil du livre qui doit être prochainement installé, et qui comprend des parlementaires parmi ses membres. Elle souhaite naturellement y associer les parlementaires auteurs des amendements.


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Vendredi 13 juin 2008
Un rajout pour vous donner le texte de la lettre de Frédéric Ferney, cette lettre envoyée au Président de la République à l'annonce de l'arrêt de son émission (voir aussi le blog de Pierre Assouline ici link)
Sans commentaire.

”Paris, le 4 juin 2008  

       Monsieur le Président et cher Nicolas Sarkozy,     

     La direction de France-Télévisions vient de m’annoncer que « Le Bateau-Livre », l’émission littéraire que j’anime sur France 5 depuis février 1996, est supprimée de la grille de rentrée. Aucune explication ne m’a encore été donnée.  Si j’ose vous écrire, c’est que l’enjeu de cette décision dépasse mon cas personnel. C’est aussi par fidélité à la mémoire d’un ami commun : Jean-Michel Gaillard, qui a été pour moi jusqu’à sa mort un proche conseiller et qui a été aussi le vôtre. Jean-Michel, qui a entre autres dirigé Antenne 2, était un homme courageux et lucide. Il pensait que le service public faisait fausse route en imitant les modèles de la télévision commerciale et en voulant rivaliser avec eux. Il aimait à citer cette prédiction : « Ils vendront jusqu’à la corde qui servira à les pendre » et s’amusait qu’elle soit si actuelle, étant de Karl Marx. Nous avions en tous cas la même conviction : si l’audience est un résultat, ce n’est pas un objectif. Pas le seul en tous cas, pas à n’importe quel prix. Pas plus que le succès d’un écrivain ne se limite au nombre de livres vendus, ni celui d’un chef d’état aux sondages qui lui sont favorables.     

      La culture qui, en France, forme un lien plus solide que la race ou la religion, est en crise. Le service public doit répondre à cette crise qui menace la démocratie. C’est pourquoi j’ai aimé votre discours radical sur la nécessaire redéfinition des missions du service public, lors de l’installation de la « Commission Copé ». Avec Jean-Michel Gaillard, nous pensions qu’une émission littéraire ne doit pas être un numéro de cirque : il faut à la fois respecter les auteurs et plaire au public ; il faut informer et instruire, transmettre des plaisirs et des valeurs, sans exclure personne, notamment les plus jeunes. Je le pense toujours. Si la télévision s’adresse à tout le monde, pourquoi faudrait-il renoncer à cette exigence et abandonner les téléspectateurs les plus ardents parce qu’ils sont minoritaires? Mon ambition : faire découvrir de nouveaux auteurs en leur donnant la parole. Notre combat, car c’en est un : ne pas céder à la facilité du divertissement pur et du people. (Un écrivain ne se réduit pas à son personnage). Eviter la parodie et le style guignol qui prolifèrent. Donner l’envie de lire, car rien n’est plus utile à l’accomplissement de l’individu et du citoyen.Certains m’accusent d’être trop élitaire. J’assume : « Elitaire pour tous ».    

    Une valeur, ce n’est pas ce qui est ; c’est ce qui doit être. Il faut être prêt à se battre pour la défendre sans être sûr de gagner : seul le combat existe. La télévision publique est-elle encore le lieu de ce combat ? Y a-t-il encore une place pour la littérature à l’antenne ? Ou bien sommes-nous condamnés à ces émissions dites « culturelles » où le livre n’est qu’un prétexte et un alibi ? C’est la question qui est posée aujourd’hui et que je vous pose, Monsieur le Président. Beaucoup de gens pensent que ce combat est désespéré. Peut-être. Ce n’est pas une raison pour ne pas le mener avec courage jusqu’au bout, à rebours de la mode du temps et sans céder à la dictature de l’audimat. Est-ce encore possible sur France-Télévisions ? En espérant que j’aurai réussi à vous alerter sur une question qui encore une fois excède largement celle de mon avenir personnel, et en sachant que nous sommes à la veille de grands bouleversements, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.                                                                                               

Frédéric Ferney 

P.S. « Le Bateau-Livre » réunit environ 180 000 fidèles qui sont devant leur poste le dimanche matin à 8h45 ( ! ) sur France 5, sans compter les audiences du câble, de l’ADSL et de la TNT ( le jeudi soir) ni celles des rediffusions sur TV5. C’est aussi l’une des émissions les moins chères du PAF.

 

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Vendredi 13 juin 2008

Mais où s'arrêteront-ils donc ?
Il y a quelques jours, l'amendement de deux députés pour "corriger" la loi Lang était en tête des préoccupations dans la profession (voir le résumé ici Billet du jour (3/6/08). L'assemblée nationale a toute fois fait preuve de discernement et a rejeté cet amendement. Et la ministre de la culture, Christine Albanel, « s'est félicitée du maintien par l'assemblée nationale d'une disposition essentielle de la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre ». Rappelant que cette loi a permis « le développement en France d'un réseau de diffusion particulièrement dense, dans lequel la librairie indépendante a su conserver toute sa place », elle a remercié l'Assemblée d'avoir repoussé cet amendement et d'avoir su préservé la loi, « moyen essentiel pour donner à chaque livre une chance de rencontrer son public, et d'offrir aux lecteurs un accès à l'ensemble de la création littéraire ».
Mais l'histoire ne s'arrête pas là, bien évidemment. Maintenant, on s'attaque aux délais de paiement dans une loi appelée "loi de modernisation de l'économie". Dans un communiqué, le SLF (Syndicat de la librairie française) s'exprime ainsi: “les librairies n'ont pas la capacité financière suffisante pour faire face à un raccourcissement des délais de paiement ”. Le raccourcissement des délais de paiement constitue, selon le SLF, une “nouvelle attaque” contre les librairies, après le dépôt de l'amendement proposant de réduire à un an la durée du prix fixe du livre. Comment, en effet, faire vivre un commerce où le stock ne se vend pas vite ? En favorisant les dernières nouveautés, sans livres de plus d'un an en permanence dans la boutique. Ce que font actuellement les grandes surfaces et les espaces culturels implantés à la périphérie des villes. Dans ce cas, si tout le monde propose la même chose aux consommateurs, où est l'intérêt d'implanter une librairie indépendante en centre-ville ? Le conseil, diront certains lecteurs. Certes, c'est important, mais il ne fait pas toute la différence.
Je me doute que beaucoup de consommateurs vont hurler au corporatisme en lisant cela. Oui, je veux bien être accusée de corporatisme s'il s'agit de défendre l'implantation de librairies dans des centre-villes (que les villes soient grandes ou petites), s'il s'agit de défendre la diversité de la production littéraire française qui est, certes, énorme, mais qui n'est pas aussi "bestselarisée" que dans les pays anglo-saxons où le marketing littéraire est roi. Et surtout, j'accepte d'être accusée de corporatisme s'il s'agit de défendre la lecture auprès du public, la lecture en fonction des goûts de chaque individu et non en fonction d'une quelconque mode à laquelle tout le monde devrait se soumettre. Il n'y a pas UNE lecture mais DES lectures. Et c'est très bien ainsi !
Dernière minute: une nouvelle émission littéraire disparaît du PAF, celle de Frédéric Taddei sur France5. Reste encore celle de PPDA sur TF1, mais restera-t-elle après son éviction mouvementée du 20h ? Après la baisse de pagination des suppléments littéraires des journaux, quel média va donc parler des livres ? La radio est encore là, heureusement, au niveau national ou régional. Pour combien de temps encore ?

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Mardi 3 juin 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
Une nouvelle alerte secoue depuis quelques jours le monde de l'éditin et celui de la librairie. Son origine: le dépôt d'un amendement à la loi Lang par deux députés, l'un de l'UMP, l'autre du Nouveau Centre. Cet amendement vise à réduire de deux ans à six mois le délai pendant lequel les soldes de livres sont interdits.
Mais revenons un peu en arrière pour mieux comprendre. Le principe de base de la loi Lang est le prix unique du livre, fixé par l'éditeur, la loi n'autorisant qu'une remise maximale de 5%, quel que soit le point de vente. Les soldes ne peuvent être effectué qu'après une période de deux ans après leur sortie. Présenté de cette manière, j'ai bien conscience que le consommateur dira: "c'est scandaleux!". Mais il faut bien comprendre que cette disposition de la loi permet aux éditeurs de publier à la fois des livres dont la vente va être rapide et d'autres qui nécessiteront du temps pour se faire connaître soit parce que l'auteur est nouveau, soit parce que le thème est plus "délicat". Au niveau des librairies, le problème serait encore plus complexe: la majorité des livres vendus en librairie se fait sur des livres qui ont plus d'un an. Si le prix peut être réduit de façon significative seulement six mois après la parution du livre, comment pensez-vous que vont réagir les consommateurs ? Ils attendront simplement pour voir quelle boutique fera la meilleure ristourne sur le livre qui les intéresse.
Pour ma part, voici les quelques réflexions que cette initiative vraiment malheureuse, prise "à la hussarde" m'inspire:
- les librairies sont là pour défendre les nouveautés mais aussi pour proposer un fond conséquent d'ouvrages plus anciens, classiques ou qui méritent plus de temps pour mieux se faire connaître. Tous les auteurs n'écrivent pas des best sellers qui se vendent "en pagaille" dès leur sortie !
- j'ai l'impression que nos politiques veulent appliquer les règles du secteur du disque à celui du livre. On sait les conséquences que cela a eu sur le disque: disparition des disquaires au profit des grandes chaînes de magasin; un prix du disque tellement élevé que plus personne ne peut en acheter; une importance énorme de la vente en ligne, vente de titre et pas de CD dans son entier; un marketing à outrance qui prône un formatage uniforme des musiques.
- l'argument écologique avancé par les députés (80 millions de livres pilonnés chaque année) n'en est pas un. Ces ouvrages sont réutilisés entre autres pour la fabrication des journaux.
Et puis, je me dis aussi que, si l'on doit baisser les prix, pourquoi ne pas baisser ceux des produits dit "de première nécessité" tels que les pâtes ou le lait qui ont grimpé de façon totalement indécente ? Parce les livres, eux, ont augmenté de O,3%en 2007. Qui peut en dire autant ?

Vous pouvez retrouver des réactions, d'autres explications sur le site du Nouvel Observateur, ici (
link), ainsi que celle d'un autre libraire là (link)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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