Lundi 7 juillet 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
On m'a dit un jour que le hasard n'existait pas. Voilà encore un exemple pour étayer la thèse inverse !
En rangeant mes livres, j'ouvre (au hasard ?) un livre dont voici les premières phrases:
"C'était le meilleur et le pire des temps, le siècle de la sagesse et de la folie, l'ère de la foi et de l'incrédulité, la saison de la lumière et des ténèbres, le printemps de l'espérance et l'hiver du désespoir; devant lui, le monde avait tout et rien, il allait tout droit au ciel et tout droit en enfer - bref, cette époque ressemblait tellement à la nôtre que ses censeurs les plus bruyants n'en parlaient en bien ou en mal qu'au superlatif".
Cela ne vous fait pas penser à quelque chose ? Mais oui, bon sang mais c'est bien sûr : ce monde là ressemble étrangement au nôtre, à ce monde où la technologie fait des avancées extraordinaires mais beaucoup ne peuvent y avoir accès, ce monde où les apparences comptent plus que la réalité.
Les phrases ci-dessus sont extraites du livre "Un conte de deux villes" de Charles Dickens, seul roman historique que Dickens ait écrit et qui se situe pendant la Révolution française. Devrons-nous à notre tour faire la révolution ? C'est le moment alors, à l'approche du 14 juillet !


par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 7 juillet 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
"L'amour a ses paradoxes, le temps ses partisans ... précisément le temps de l'attente. En tant que manifestation de l'absence, l'attente sera d'une durée plus ou moins "épaisse"  en fonction de l'appréciation subjective qui lui sera donnée : tombeau d'ennui et de frustration, ou berceau d'un désir dopé par le manque.
Par ailleurs, l'attente peut aussi devenir le siège des plus folles interprétations, comme le dit Nietzsche : "Un sûr moyen de monter les gens et de leur mettre de méchantes pensées en tête, c'est de les faire longtemps attendre. Cela rend immoral".
Toutefois, l'attente qu'induit l'absence de l'être aimé (quand cette abscence est provisoire) peut-être considérée comme la meilleure garantie de longévité, sinon de l'amour, du moins du désir."

"Aimer désespérement" Marie de Solemne, André Comte-Sponville, Etienne Klein, Jean-Yves Leloup (Albin Michel, coll. "Espaces libres")

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Dimanche 6 juillet 2008
"Pour peu qu'un oeil critique examine de près
Notre monde agité d'innombrables excès,

S'interroger pour lui deviendrait légitime
Pour chercher à savoir si la création

N'a pas eu pour départ la contradiction !
Partout elle est présente et, maîtresse, s'exprime.
Sa stupide influence en tous lieux interdit
D'avancer sûrement vers un but défini.

En nous-mêmes cherchont ces travers qui s'opposent
Et, contre la raison, nous font faire des choses

Dont les effets épars conduisent au néant.
Nous serions étonnés par leur nombre important."

Extrait de "Fables" de Gérard Sansey (Elytis éditions)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 9 juin 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
"Ce qui fait que si peu de personnes sont agréables dans la conversation, c'est que chacun songe plus à ce qu'il veut dire qu'à ce que les autres disent. Il faut écouter ceux qui parlent, si on en veut être écouté; il faut leur laisser la liberté de se faire entendre, et même de dire des choses inutiles. Au lieu de les contredire ou de les interrompre, comme on fait souvent, on doit, au contraire, entrer dans leur esprit et dans leur goût, montrer qu'on les entend, leur parler de ce qui les touche, louer ce qu'ils disent autant qu'il mérite d'être loué, et faire voir que c'est plus par choix qu'on le loue que par complaisance. Il faut éviter de contester sur des choses indifférentes, faire rarement des questions inutiles, ne laisser jamais croire qu'on prétend avoir plus de raison que les autres, et céder aisément l'avantage de décider.
On doit dire des choses naturelles, faciles et plus ou moins sérieuses, selon l'humeur et l'inclinaison des personnes que l'on entretient, ne les presser pas d'approuver ce qu'on dit, n'y même d'y répondre. Quand on a satisfait de cette sorte aux devoirs de la politesse, on peut dire ses sentiments, sans prévention et sans opiniâtreté, en faisant paraître qu'on cherche à les appuyer de l'avis de ceux qui écoutent."

La Rochefoucauld "Maximes et réflexions diverses" (Folio, Gallimard)
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Dimanche 8 juin 2008
Au hasard, on trouve quelques fois des choses étonnantes. Comme ce livre offert, il y a bien longtemps, par les éditions Autrement qui s'appelait "C'est ça la vie! Du premier au septième jour, des chagrins et des rires". Parmi tous les chapitres de ce livre, il en est un qui m'a particulièrement "interpellé" puisqu'il donne les témoignages d'enfants sur la lecture et l'écriture. En voici quelques uns que j'ai bien aimé.
Gwendoline, 9 ans: "J'adore lire, c'est ma passion. Quand je suis toute seule, je m'angoisse et j'attends ma maman en lisant. Quand je suis au lit et que ma maman regarde un film, je ferme la porte de ma chambre, je mets ma petite veilleuse et je lis... Moi, j'aime pas rester seule et, avec le livre, je suis pas seule, je me sens en sécurité."
Fabien, 6 ans: "J'aime apprendre à lire parce que dans les livres, on apprend des choses et après on peut devenir un papa"
Marie-Laure, 6ans1/2: "j'aime lire parce qu'il y a des histoires qui ne peuvent pas se réaliser"
Franck, 11 ans: "je n'aime pas lire car ça ressemble à l'école. Je n'ai pas le courage d elire et puis je suis trop occupé. Il y a des livres qui ont trop d'écritures"
Ludovic, Olivier, 8 ans: "lire et écrire, c'est l'école. La "télé" c'est mieux."
L., 10 ans: "j'écris mon imagination. Ce que je ne veux pas dire, c'est-à-dire que j'ai peur du noir"
Nadia, 8 ans: "écrire, on fait des fautes "d'hortographe" et on a un zéro sur le cahier "d'hortographe". Parce qu'on n'est pas fort en "hortographe". Lire, ça nous donne de grandes idées."
Malika, 10 ans:" Lire ça m'instruit. J'apprends des mots que je ne connais pas. Et puis, c'est comme si je vivais dans l'histoire"

Mais le petit mot d'enfant que je préfère est celui de Linda, 8 ans 1/2:
"Si j'étais un livre, je me mettrais à l'envers et personne ne me lirait"



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Mardi 20 mai 2008
"Qu'est-ce que c'est ? demanda Nicétas après avoir tourné et retourné le parchemin dans ses mains et cherché d'en lire quelques lignes.
- C'est mon premier exercice d'écriture, répondit Baudolino, et depuis l'époque où je l'ai écrit - j'avais, je le crois, quatorze ans et j'étais encore une créature des bois - je l'ai toujours porté avec moi, comme une amulette. Ensuite, j'ai rempli beaucoup d'autres parchemins, jour après jour parfois. Il me semblait exister seulement parce que le soir je pouvais raconter ce qui m'était arrivé le matin. Puis me suffisaient les regestes mensuels, quelques lignes, pour me rappeler les évènements principaux. Et, me disais-je, quand j'aurais atteint un grand âge - on pourrait donc dire maintenant - sur la base de ces notes je rédigerais la Gesta Baudolini. Ainsi, au cours de mes voyages emportais-je avec moi l'histoire de ma vie. Mais en fuyant le royaume du Prêtre Jean...
- Prêtre Jean ? Jamais entendu ce nom.
- Je t'en parlerai, même trop peut-être. Mais je disais, dans ma fuite j'ai perdu ces pages. Ce fut comme perdre la vie même.
- Tu me raconteras à moi ce dont tu te souviens. Il m'arrive des fragments de faits, des lambeaux d'évènements, et j'en tire une histoire tissu d'un dessein providentiel. Toi, en me sauvant, tu m'as donné le peu de futur qui me reste, et moi je te montrerais ma gratitude en te restituant le passé que tu as perdu.
- Mais mon histoire est peut-être dénuée de sens...
- Des histoires dénuées de sens, il n'y en a pas. Et moi, je suis de ces hommes qui savent en trouver un, même là où les autres n'en voient pas. (...)"

Umberto Eco "Baudolino" (Grasset, Livre de Poche)
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Mardi 6 mai 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
"Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois."
"Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible."

"Il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé."
"La politique est éphémère mais une équation est éternelle."

Albert Einstein
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Mercredi 30 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
"L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, serait le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre d'un dictionnaire"

"Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue."

Albert Einstein
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Jeudi 3 avril 2008
"Il n'en est pas d'un ouvrage comme d'une machine dont l'essai constate l'effet, d'une invention qu'on peut vérifier en cent manières, d'un secret dont le succès est éprouvé. Celui même d'un livre excellent dépend, au moment de l'édition, d'une infinité de circonstances raisonnables ou bizarres que toute la sagesse de l'intérêt ne saurait prévoir.
(...) Et combien d'auteurs qui n'ont obtenu la célébrité qu'ils méritaient que longtemps après leur mort ? C'est le sort de presque tous les hommes de génie; ils ne sont pas à la portée de leur siècle; ils écrivent pour la génération suivante."
Diderot "Lettre sur le commerce de la librairie" (Editions Mille et Une Nuits)
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Jeudi 27 mars 2008

Philosophers-001.jpg"Bien que la sincérité et la confiance aient du rapport, elles sont néammoins différentes en plusieurs choses: la sincérité est une ouverture de coeur, qui nous montre tels que nous sommes; c'est un amour de la vérité, une répugnace à se déguiser, un désir de se dédommager de ses défauts, et de les diminuer même par le mérite de les avouer. La confiance ne nous laisse pas tant de liberté, ses règles sont plus étroites, elle demande plus de prudence et de retenue, et nous ne sommes pas toujours libres d'en disposer: il ne s'agit pas de nous uniquement, et nos intérêts sont mêlés d'ordinaire avec les intérêts des autres. Elle a besoin d'une grande justesse pour ne livrer pas nos amis en nous livrant nous-mêmes, et pour ne faire pas des présents de leur bien dans la vue d'augmenter le prix de ce que nous donnons.
La confiance plaît toujours à celui qui la reçoit: c'est un tribut que nous payons à son mérite; c'est un dépôt que l'on commet à sa foi; ce sont des gages qui lui donnent un droit sur nous, et une sorte de dépendance où nous nous assujettissons volontairement."
La Rochefoucauld "Maximes et réflexions diverses" (Folio)

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