Dimanche 30 décembre 2007
DECEMBRE
undefinedAu jorn d'aüei  qu'es l'ivern e tot lo monde lo sabe : "l'hiver n'est pas batard, s'il ne vient tôt il vient tard". Veiqui per esperar l'an nuòu, lo Guilhaneu, 'na cordela (ribambelle) de dires e proverbis.
- En decembre fasetz lo boesc e enduermetz vos.
- A la Ste Luce les jours rallongent d'un saut de puce, per Nadau los jorns creissen d'un pé de jau (pas de coq) e au Reis tot lo monde lo conei.
- Noël un mardi, mauvais pour les semis; Noël un samedi, an où tout le monde mendie.
- Quand Nadau serre, fòrça palha e peu de grun. (Quand Noël est étoilé beaucoup de paille et peu de blé)
- Tel Avent, tel printemps. Quand secs sont les Avents l'an sera abondant. La neige de l'Avent gèle trés facilement. La nevia de l'Avent a de grandas dents. (Les Avents correspondent aux 4 dimanches précédant Noël).
- "Qui nais en decembre vendra a cent ans e mai beleu, ben droberts de cervel l'an ti tanben del gorjarel" de Antoni Paucard dans La Chanson des mois (qui naît en décembre viendra à cent ans et même peut-être plus; bien ouverts de cerveau, ils le sont aussi du gosier).
 
Vous pouvez retrouver sur le blog de "La librairie Pages d'Ecriture" de la Catarina http://pagesecriture.over-blog.com quaquas cronicas à tendance Oc transcrites per lo Jan-Màri en fanfonhadis (charabia) francés-sarlades-gascon e languedocian-lemosin.
 Mas de segur n'obludatz pas : "Lo que ne compren pas son istoria ne pòt bastir son avenir".      
Adishatz.   Jan-Màri

Retrouvez aussi les chroniques de Jan-Mari sur Radio Kaolin (jeudi à 9h et vendredi à 7h) et sur le blog de l'émission 
http://septdix.musicblog.fr
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Dimanche 2 décembre 2007

Occidsc00927.jpgtan, Occitanie … Qu’es aquo ?

 
Bonjorn monde e la companhia, veiqui quaquas remarcanças per l'occitan,

 De segur je n'ai rien inventé, j'ai seulement essayé d'y regrouper tout ce que j'ai appris au contact de ceux qui vivent pleinement la culture occitane, la respectent et s'efforcent de la promouvoir. J'ai tenté également d'y associer ce que j'ai ressenti avec le peu d'expérience qui commence à être la mienne.



 
Ni un état, ni un pays, l’Occitanie est une grande région au riche passé dont l’histoire a connu maintes vicissitudes allant de la persécution à l’ignorance pour se retrouver aujourd’hui en grand danger de perdre son identité et sa langue.

 Si en Europe 40 millions de citoyens utilisent une langue régionale, le français est loin d’être la seule langue parlée sur le territoire de l’hexagone. De l’alsacien au basque et du breton au corse, une dizaine de langues sont utilisées dans notre pays.

 Langue d’une vaste région allant des Alpes à l’Atlantique et des Pyrénées au Confolentais, à La Marche et à la région de Vichy, l’occitan est d’origine latine comme le français, l’italien, l’espagnol, le portugais, le roumain. Succédant aux dialectes celtes des Gaulois cette langue millénaire a pour origine l’occupation des troupes de César et l’apport de l’évangélisation latine dominant le monde gallo-roman. C’est le Florentin Dante Alighieri, père de ‘’La divine comédie‘’, qui au XIII° XIV° siècles a distingué les langues de l’oc, de l’oïl et du si d’après leur façon de dire «oui ».

 Langue chantante à forte puissance poétique, l’occitan possède 450.000 mots contre 250.000 pour le français. D’une grande richesse elle a, au cours des siècles, bénéficié de l’apport des mots et expressions imagées apportées par les gens de la terre, illettrés mais avisés et plein de bon sens. A l’époque des troubadours l’occitan était parlé dans plusieurs cours d’Europe, ce fut la première langue écrite après le latin. En plus de la poésie et de la culture c’était la langue de la diplomatie et du commerce. Un document atteste qu’en 728 le dialecte le plus important parlé en Espagne était l’occitan limousin : la fameuse ’’Parladura lemosina’’ et de nos jours certaines festivités s’y appellent encore ’’Fêtes limousines’’. En Europe les universités possédant une chaire de langue romane étudient en priorité l’occitan qui est aussi l’objet de recherches et d’un travail approfondi dans d’autres grands pays étrangers.

 L’occitan ou langue d’oc, trop souvent nommé « patois », est resté plus proche de ses origines que le français. Parlé ou compris par quelques millions de personnes il peut être classé en trois grands dialectes : le nord-occitan (limousin, auvergnat, alpin), l’occitan méridional (languedocien, provençal) et le gascon. Dans 32 départements du sud de la France, dans les vallées alpines du Piémont italien et chez les Espagnols du Val d’Aran - où il est langue officielle - l’occitan bien que déchu de son statut de langue majeure vit encore aujourd’hui grâce à une pratique orale ininterrompue, à une culture populaire s’exprimant à travers chansons, danses et contes sans oublier la manière de penser et d’être de ceux qui y vivent. La persévérance de ceux qui s’investissent pour sauvegarder ce qui peut encore l’être reste l’antidote du pire des maux : l’oubli.

 Désir d’unité de la République Française, handicap d’avoir longtemps été considéré comme un frein à l’ascension sociale ont constitué d’insurmontables difficultés pour une langue vivante menacée d’extinction si rien n’est fait pour combattre l’ignorance ou le mépris dans lesquels elle est installée par les décideurs ou une partie de la population. Quasi-absence de statut juridique des langues régionales, recul inquiétant du nombre de locuteurs malgré un regain d’intérêt et une demande sociale en hausse, frilosité voire insuffisance de politiques publiques manquant de cohérence, sont des obstacles notoires à un moment où la régression des pratiques linguistiques et de la transmission familiale ne sont pas compensés par une offre d’enseignement crédible.

 De l’ordonnance de Villers Cotterêts sous François 1er à la modification de l’article 2 de la Constitution Française en 1992 en passant par les décrets du rapport Grégoire en 1794, l’omniprésente mainmise du pouvoir central a étranglé la diversité linguistique et culturelle des régions. Certains CESR (Conseil Économique et Social Régional) expliquent que le respect d’un principe compréhensible d’unité a hélas abouti à la situation d’uniformisation culturelle d’un pays dont la richesse repose pourtant sur sa diversité. La position ambiguë de la France signant en 1992 la Charte européenne sur les langues régionales mais ne la mettant pas en application est révélatrice d’un état d’esprit équivoque : encenser hors de ses frontières ce que l’on ignore ou dénonce sur son propre territoire.

 La découverte et l’apprentissage précoce des langues régionales et étrangères favorisent le multilinguisme. Non seulement la mise en valeur de la langue et de la culture occitane et des autres dialectes régionaux n’est pas une atteinte à l’unité de la nation mais en plus elle participe à l’affirmation des régions dans un contexte européen.

 La croix occitane jaune sur fond rouge, blason des Comtes de Toulouse au Moyen Age, est devenue un emblème identitaire pour tout l’espace occitan. Symbole d’un riche patrimoine et d’un héritage à ne pas dilapider elle rappelle à nous autres les ruraux que le trésor dormant à nos pieds en appelle à notre fierté et mérite mieux qu’oubli ou indifférence. A l’heure où nous sommes ballottés et emportés dans le flot impétueux d’une évolution de société non maîtrisée il semble bien nécessaire de ne pas laisser perdre notre mémoire ancestrale.

 Lo que ne comprend pas son istoria ne pòt bastir son avenir. Ardich pitit qu’es l’ora de reviscolar e frotjar !       

 

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Samedi 27 octobre 2007
dsc00927.jpgDictons de saison :
 - Calor d'automna quau picar fòrt a fòrça monde dòna tort (Chaleur d'automne qui dure fait du tord à beaucoup de monde)
 - Quant las gruas davalan 'la menan lo freg jos l'ala (quand les grues descendent elles amènent le froid sous l'aile)
 - Terra laurada e blats samenats lo ciau pòt neviar (terre labourée et blés semés le ciel peut neiger)
 - 28 de octobre : A la Sainte Simone il faut avoir rentré ses pommes.
 
 Nuvelas dau païs :
 - SENT IRIES. Deliberacion dau conselh municipau 18 de octobre : Lo conselh municipau de Sent Iriès a l'unanimitat a decidat de balhar a las vias e plaças de la ciutat vielha lo lor nom occitan d'autrecops.
 Délibération rédigée en occitan et envoyée en version originale à la préfecture de la Viena Nauta
 
Expression du pays: pour traduire "çà ne court pas les rues", il faut dire : "n'i a pas tant coma las piuses sur un che"  (il n'y en a pas autant que des puces sur un chien).
 
'na pita istòria : Aprés une dure épidémie de grippe on enterre un villageois. Un habitant demande à son voisin la cause du décés du malheureux, "qu'e lo virus que lo tua" lui est-il répondu (en oc vi = vin). "Lo vi russe ? Eh bé aurio mielhs fa de beure dau vi francés !".


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Samedi 20 octobre 2007
 dsc00927.jpg
Bonjorn
L'enseignement des langues régionales est devenu hors la loi ...
A l'heure où l'Education Nationale organise dans chaque secteur (dont Sent Iriès, eh oui) la grand messe de mise en place et mise en scène des instructions officielles 2007 pour l'enseignement dans les écoles de notre beau pays, il est (un peu) réconfortant d'apprendre (voir journal Sud Ouest et lo Martial) que d'autres s'investissent pour que vive encore la langue dau païs en BD ou autres moyens. Il est paradoxal et ... révoltant que le ministre de l'Education nationale, littéraire de haut niveau, Périgourdin convaincu et affirmé, organise un enterrement de première classe bien mal venu au moment où, dans notre commune, nous mettons en place une campagne de promotion et de mise en valeur de la culture occitane et avons lancé depuis trois semaines une opération d'information auprés des directeurs et maîtres d'écoles visant à accorder à l'enseignement de l'occitan une réelle reconnaissance.
 Ardich pitit, faï reviscolar !     Adishatz       Jan-Màri Gaston-en-Oc.jpg
- Dans un autre genre que la BD de Gaston Lagaffe, les Editions "Lo Bornat" publient le roman d'Eugène Le Roy "Le moulin du Frau" traduit en occitan par le majoral Jean-Claude Dugros.
 
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Jeudi 4 octobre 2007
dsc00927.jpgBonjorn,

 Veiqui un calendrier daus espectacles Oc folk e trad dins lo païs de Sent-Iriès o non loenh :

 - Sam 6 octobre à ST CYR les CHAMPAGNES (19) à côté de Payzac (24) : Bal Folk avec "Couine en do" et "Cha danse".

 - Mardi 9 octobre à LASCAUX (19) entre Pompadour et Vignols St Solve : 20h30 Concert J.M.F (non c'est pas moi !) "Histoires de Quercy" avec Cyrille Brotto (acc. diatonique) et Guillaume Lopez (cornemuse des Landes, fifres, flûtes, voix).

  - Sam 13 octobre à PAYZAC (24) Organisation "Rhapsode - Bal Folk en Limousin" 15h-18h stage de danses (gratuit) 21h Bal Folk avec MUSIQU'A DEUX, Les Buveurs d'encre, Myrtille-Framboise, Des pieds et des mains. Renseignements : 05.55.95.94.49 

  Amistats a tots.    Adishatz.     Jan-Màri 

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Mardi 4 septembre 2007
dsc00927.jpg- "Annado de fe, annado de re" (année de foin, annèe de rien) : cette année sera celle des vaches maigres ou non, en tout cas il ya eu de l'herbe dans les prés et "lo boirriu" - le regain en français - (lo vorriu, la segonda còpa suivant les régions) vaudra la peine d'être ramassé pour le plus grand bonheur des éleveurs qui dans certains coins de l'Occitanie ont eu les annèes précédentes de grosses difficultés pour nourrir leur bétail.
 
- "Julhet solelhos clafit la cava e lo solier (lo granier)"  (juillet ensoleillé remplit la cave et le grenier) tant peig (tant pis) per aqueste estiu 2007 il faudra attendre des jours meilleurs en se consolant de voir sources, rivières et ruisseaux bien alimentés par les intempéries estivales.
 
- "Fines pluies de la Saint Augustin c'est comme s'il pleuvait du vin" en voilà une bonne nouvelle mais comme la réputation de lo nòstre Lemosin n'est pas issue du pampre de la vigne, la production de rosé de Verneuil et du rouge de Branceilles ne suffiront donc pas à soutenir l'économie régionale. Et au jour où chacun d'entre nous reçoit l'habituel courrier de saison à l'en-tête du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie envoyé par  La Trésorerie du canton nous pourrions comme l'avaientfait nos anciens écrire et chanter : "Si ce n'avait été la mauvaise saison nous vous aurions porté de l'argent, faites que la prochaine année soit meilleure nous vous ferons une belle fête et chassez-nous les percepteurs qui sont tous farcis de rôles". Ah mais !
 
- "La  chalor de setembre fonde lo plomb" disait-on. En attendant des jours meilleurs plusieurs d'entre nous ont retrouvé champs, atelier,  bureau ... plein d'espoir ou de résignation en rêvant peut-être au temps pas si lointain où les habitants d'un crane paìs occitan fier de sa lenga respiechan l'òme e la natura.       
   
Jan - Màri

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Mercredi 1 août 2007
dsc00927.jpg   Juillet
 
 - "Quo pleu a San Victor, la meisson n'ei pas d'aur"
 -  "Julhet solelhos clafit la cava e lo granier"


 - Dans le Centre, quand il y avait une naissance pendant cette période on portait le nouveau né à l'étage pour qui s'élève dans la société, on le montait au grenier s'il était né à l'étage et si la maison était de plein pied on l'installait en haut de l'armoire ... (Il ne risquait pas être importuné par les poules ou par le chien de la maison)
 - La moisson et LA GERBA BAUDA  (prononcer "lo dzerbo baoudo") : 
 Les moissons étaient dures et pénibles et se faisaient à la main. A la fin, lorsque toutes les gerbes étaient prêtes on en faisait une bien plus grosse et on fêtait l'évènement avec bon repas et bouteilles de vin. C'est ce qu'on appelle en Limousin "far la gerba bauda" (faire la gerbe joyeuse).
 Pendant la moisson celui qui faisait une javelle (brassée de céréales coupées et non lièes) trop grosse pour pouvoir la lier rejeter le blé en surplus et devait meugler comme une vache ce qui signifiait que "la gerbe avait un veau". C'était le signal des lazzis des autres moissonneurs et aussi celui de venir récupérer le surplus pour une autre gerbe non encore liée.
 Celui qui se faisait prendre à ramasser la dernière javelle du champ était immédiatement l'objet de railleries : "tu mangeras le crapaud" ce qui se dit aussi d'un ouvrier qui est toujours le dernier à finir son travail.
 Pour "la gerba bauda" c'était la fête avec musique et danses. Le joueur de cornemuse (lo chabreto, la charamela, la craba, la bodega, la boha, la cabreto, suivant les régions) et son compère lo viulonaire ou lo zonzonaire (péjoratif) animaient la soirèe. Du chabretaïre on a coutume de dire : "On lui donne 100 sous pour qu'il joue et aprés il faut lui donner 10 francs pour qu'il s'arrête".
 Jan-Màri   
 
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Mardi 17 juillet 2007
dsc00927.jpgBonjorn, Veiqui 'na luneta a perpaus de las festas dau 14 de julhet en Sent Iriès.
Adishatz.    Jan-Màri
 Les Béarnais ont mis la sauce

Avec Occitanie et Euskadi c’était, ces jours derniers, la fête en Arédie. Un avis de grand frais de sud-ouest soufflant sur notre ville a apporté aux festivités du 14 juillet l’atmosphère d’une vaste région où l’on sait ce que faire la fête veut dire. 
Avec un programme chargé et diversifié, les trois jours d’animations ayant pour intitulé « Saint-Yrieix fête le Sud-Ouest » ont donné à notre cité un petit air sudiste du meilleur effet.

Réactifs et imaginatifs quelques commerçants avaient décoré leurs vitrines aux couleurs de nos voisins des terres du sud en attendant l’arrivée des intervenants d’origine garantis grand teint. Du prolixe chansonnier Limousin Yves Désautard aux impressionnants Basques d’Espelette en passant par les cocasses duettistes Périgourdins Jean Bonnefon-Daniel Chavaroche et les sympathiques Béarnais de ’’Nadau’’, tous nous ont offert la richesse de leur talent avec en prime une belle tranche de bonne humeur.

Au Parc du Mas, la soirée du 13 en a surpris plus d’un. Bien ouverte par quelques intervenants du cru, elle s’est poursuivie par un original dîner à base d’axoa basque servie grâce à l’efficace concours des Barbarédiens et du GVA Arédien pour se terminer en apothéose avec le concert ’’Nadau’’. 
Jusque là la mayonnaise avait bien pris. Venus sans garbure, les Béarnais avaient pourtant mis la sauce pour transporter un public vite conquis dans un voyage au long cours où, tour à tour, humour, liesse, émotion, fête, ont régalé leur auditoire.

Encouragés qu’ils étaient par la réceptivité et l’enthousiasme du public remplissant le chapiteau, les amis Michel Maffrand et ses partenaires nous ont affirmé avoir mouillé la chemise pour partager avec les spectateurs ce grand moment de convivialité, d’enthousiasme, de communion. Une soirée et un accueil qu’ils ne sont pas près d’oublier ont-ils expliqué. Nous non plus, mais comme le lui disait en oc le premier magistrat de la commune : « aux portes du Périgord ne sommes nous pas situés sur le même bassin Adour-Garonne ? ». Et sur un grand territoire occitan riche d’une fière culture séculaire.

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Mardi 10 juillet 2007
dsc00927.jpg''Annado de fé, annado de ré'' (année de foin, année de rien) disait -on autrefois avec inquiétude quand passait plus ou moins bien ''lo polit mes de mai''. Vient ensuite ''junh'' avec la fête de la ''Sent Jan'' et les réjouissances du ''fuòc'' traditionnel allumé autrefois sur la place de tous les villages.
 
Auparavant il avait fallu observer les conditions météo du début juin car ''quan quo plo per lo Trinita, lo blat demegna de meita'' (quand il pleut pour la Trinité, le blé diminue de moitié) dicton confirmé par une autre croyance : ''davant Sent Jan plueja benesida, passa Sent Jan plueja maudicha'' (avant St Jean pluie bénite, aprés St Jean pluie maudite), mais aussi ''l'aiga de Sent Jan dòsta lo vin e balha pas de pau'' (l'eau de St jean hôte le vin et ne donne pas de pain).
 
Grande fête populaire chargée de croyances le feu de la Saint Jean avait de nombreuses vertus. Il fallait sauter bien haut le feu pour avoir de bonnes récoltes et s'enfumer pour garder bonne santé. ''Chau tanben far las rabas'' en lançant des tisons dans les branches, le nombre des étincelles (biolas) produites symbolisant l'importance de la récolte à venir. Le bouquet d'herbes de la St Jean cueillies avant l'aube était constitué de tout un assortiment de plantes ''jauventas'' (fastes, qui portent bonheur). Les cendres et tisons ramassés aprés le feu étaient  répandus dans les champs pour les préserver, mais ils avaient aussi la vertu de protéger les maisons de la foudre et des incendies.
 
''Aura Sent Jan s'aprueima, de mestre chamharen'' (à présent St Jean approche, de maître nous changerons) car c'était la période où les domestiques renouvelaient leur engagement ou changeaient d'employeur. ''Vène, pastra novela, vène me remplaçar, vòle pas pus far pastra, me vòle maridar'' (viens bergère nouvelle, viens me remplacer, je ne veux plus faire bergère, je veux me marier) disait la chanson dont le dernier vers est ... : ''attention la belle, se marier c'est parfois changer de maître'' !
 Le dicton : ''Un berger qui vaut quelque argent n'est plus à louer à la Saint Jean'' nous rappelle et nous confirme ces coutumes.
 
 - La frasi de chas nos. De quelqu'un qui n'est pas futé on dit : ''n'es pas l'encauso si las galhaudas n'an pas de couo'' (il n'est pas la cause si les grenouilles n'ont pas de queue).  
                                                                              Jan-Màri  (grâce à lo Marçau, lo Ivon et bien d'autres ...)
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Lundi 9 juillet 2007
dsc00927.jpgFélibrées : Limousin, à Châlus diumenc 24 de junh - Périgord, à Villefranche du Pgrd diumenc 1 de julhet ''.
 
''La felibrejada qu'es aco ?''
 
  Fête ancestrale témoignage d'un riche passé et d'une culture puisant ses racines dans les trésors de notre ruralité, la Félibrée est née en mai 1854 où, en Provence, des jeunes poètes de culture occitane se sont réunis dans un castel du Vaucluse. Sentant  (déja !) la langue d'oc en danger ces sept apôtres ont décidé d'unir leurs efforts pour s'opposer à la politique menée en France contre les langues régionales. 
 Avec le plus connu d'entre eux, Frédéric Mistral, ils se nomment ''los set felibres'' et s'appuient sur une loi, importante oeuvre de langue occitane : le ''Tresor dau Felibrige''. Reposant sur l'évocation de l'étoile conduisant les bergers auprés de l'enfant Jésus, ils choisiront ''La Santa Estela'' (La sainte Estelle) comme patronne des Félibres.
 En Périgord, depuis 1903, chaque année se déroule dans une ville de Dordogne ''la Felibrejada''. Grande fête de l'Occitanie, de ses richesses et de ses valeurs séculaires, elle se prépare dans l'enthousiasme et la convivialité sous la responsabilité du ''Bornat'' (la ruche) tenant périgourdin des traditions et de leur maintenance.
 Fête ancienne peut-être, elle n'est en tout cas pas signe de passéisme mais bien celui d'un attachement à une langue et à une fière culture qui mérite beaucoup plus que l'indifférence dans laquelle on l'a installée. Réveiller la belle endormie au fond des bois,  souffler sur les braises restantes, ranimer la flamme qui s'étiole, là est l'objectif aprés des décennies d'obscurantisme, d'indifférence voire de mépris.
 Ardich pitit. Lemosin, Peiregòrd, revelha te !     Jan-Màri

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