Mardi 3 juin 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
Une nouvelle alerte secoue depuis quelques jours le monde de l'éditin et celui de la librairie. Son origine: le dépôt d'un amendement à la loi Lang par deux députés, l'un de l'UMP, l'autre du Nouveau Centre. Cet amendement vise à réduire de deux ans à six mois le délai pendant lequel les soldes de livres sont interdits.
Mais revenons un peu en arrière pour mieux comprendre. Le principe de base de la loi Lang est le prix unique du livre, fixé par l'éditeur, la loi n'autorisant qu'une remise maximale de 5%, quel que soit le point de vente. Les soldes ne peuvent être effectué qu'après une période de deux ans après leur sortie. Présenté de cette manière, j'ai bien conscience que le consommateur dira: "c'est scandaleux!". Mais il faut bien comprendre que cette disposition de la loi permet aux éditeurs de publier à la fois des livres dont la vente va être rapide et d'autres qui nécessiteront du temps pour se faire connaître soit parce que l'auteur est nouveau, soit parce que le thème est plus "délicat". Au niveau des librairies, le problème serait encore plus complexe: la majorité des livres vendus en librairie se fait sur des livres qui ont plus d'un an. Si le prix peut être réduit de façon significative seulement six mois après la parution du livre, comment pensez-vous que vont réagir les consommateurs ? Ils attendront simplement pour voir quelle boutique fera la meilleure ristourne sur le livre qui les intéresse.
Pour ma part, voici les quelques réflexions que cette initiative vraiment malheureuse, prise "à la hussarde" m'inspire:
- les librairies sont là pour défendre les nouveautés mais aussi pour proposer un fond conséquent d'ouvrages plus anciens, classiques ou qui méritent plus de temps pour mieux se faire connaître. Tous les auteurs n'écrivent pas des best sellers qui se vendent "en pagaille" dès leur sortie !
- j'ai l'impression que nos politiques veulent appliquer les règles du secteur du disque à celui du livre. On sait les conséquences que cela a eu sur le disque: disparition des disquaires au profit des grandes chaînes de magasin; un prix du disque tellement élevé que plus personne ne peut en acheter; une importance énorme de la vente en ligne, vente de titre et pas de CD dans son entier; un marketing à outrance qui prône un formatage uniforme des musiques.
- l'argument écologique avancé par les députés (80 millions de livres pilonnés chaque année) n'en est pas un. Ces ouvrages sont réutilisés entre autres pour la fabrication des journaux.
Et puis, je me dis aussi que, si l'on doit baisser les prix, pourquoi ne pas baisser ceux des produits dit "de première nécessité" tels que les pâtes ou le lait qui ont grimpé de façon totalement indécente ? Parce les livres, eux, ont augmenté de O,3%en 2007. Qui peut en dire autant ?

Vous pouvez retrouver des réactions, d'autres explications sur le site du Nouvel Observateur, ici (
link), ainsi que celle d'un autre libraire là (link)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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