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Littérature en Limousin
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Occi
tan, Occitanie … Qu’es aquo ?
Bonjorn monde e la companhia, veiqui quaquas remarcanças per l'occitan,
Ni un état, ni un pays, l’Occitanie est une grande région au riche passé dont l’histoire a connu maintes vicissitudes allant de la persécution à l’ignorance pour se retrouver
aujourd’hui en grand danger de perdre son identité et sa langue.
Si en Europe 40 millions de citoyens utilisent une langue régionale, le français est loin d’être la seule langue parlée sur le territoire de l’hexagone. De l’alsacien au basque et du breton au corse, une dizaine de langues sont utilisées dans notre pays.
Langue d’une vaste région allant des Alpes à l’Atlantique et des Pyrénées au Confolentais, à La Marche et à la région de Vichy, l’occitan est d’origine latine comme le français, l’italien, l’espagnol, le portugais, le roumain. Succédant aux dialectes celtes des Gaulois cette langue millénaire a pour origine l’occupation des troupes de César et l’apport de l’évangélisation latine dominant le monde gallo-roman. C’est le Florentin Dante Alighieri, père de ‘’La divine comédie‘’, qui au XIII° XIV° siècles a distingué les langues de l’oc, de l’oïl et du si d’après leur façon de dire «oui ».
Langue chantante à forte puissance poétique, l’occitan possède 450.000 mots contre 250.000 pour le français. D’une grande richesse elle a, au cours des siècles, bénéficié de l’apport des mots et expressions imagées apportées par les gens de la terre, illettrés mais avisés et plein de bon sens. A l’époque des troubadours l’occitan était parlé dans plusieurs cours d’Europe, ce fut la première langue écrite après le latin. En plus de la poésie et de la culture c’était la langue de la diplomatie et du commerce. Un document atteste qu’en 728 le dialecte le plus important parlé en Espagne était l’occitan limousin : la fameuse ’’Parladura lemosina’’ et de nos jours certaines festivités s’y appellent encore ’’Fêtes limousines’’. En Europe les universités possédant une chaire de langue romane étudient en priorité l’occitan qui est aussi l’objet de recherches et d’un travail approfondi dans d’autres grands pays étrangers.
L’occitan ou langue d’oc, trop souvent nommé « patois », est resté plus proche de ses origines que le français. Parlé ou compris par quelques millions de personnes il peut être classé en trois grands dialectes : le nord-occitan (limousin, auvergnat, alpin), l’occitan méridional (languedocien, provençal) et le gascon. Dans 32 départements du sud de la France, dans les vallées alpines du Piémont italien et chez les Espagnols du Val d’Aran - où il est langue officielle - l’occitan bien que déchu de son statut de langue majeure vit encore aujourd’hui grâce à une pratique orale ininterrompue, à une culture populaire s’exprimant à travers chansons, danses et contes sans oublier la manière de penser et d’être de ceux qui y vivent. La persévérance de ceux qui s’investissent pour sauvegarder ce qui peut encore l’être reste l’antidote du pire des maux : l’oubli.
Désir d’unité de la République Française, handicap d’avoir longtemps été considéré comme un frein à l’ascension sociale ont constitué d’insurmontables difficultés pour une langue vivante menacée d’extinction si rien n’est fait pour combattre l’ignorance ou le mépris dans lesquels elle est installée par les décideurs ou une partie de la population. Quasi-absence de statut juridique des langues régionales, recul inquiétant du nombre de locuteurs malgré un regain d’intérêt et une demande sociale en hausse, frilosité voire insuffisance de politiques publiques manquant de cohérence, sont des obstacles notoires à un moment où la régression des pratiques linguistiques et de la transmission familiale ne sont pas compensés par une offre d’enseignement crédible.
De l’ordonnance de Villers Cotterêts sous François 1er à la modification de l’article 2 de la Constitution Française en 1992 en passant par les décrets du rapport Grégoire en 1794, l’omniprésente mainmise du pouvoir central a étranglé la diversité linguistique et culturelle des régions. Certains CESR (Conseil Économique et Social Régional) expliquent que le respect d’un principe compréhensible d’unité a hélas abouti à la situation d’uniformisation culturelle d’un pays dont la richesse repose pourtant sur sa diversité. La position ambiguë de la France signant en 1992 la Charte européenne sur les langues régionales mais ne la mettant pas en application est révélatrice d’un état d’esprit équivoque : encenser hors de ses frontières ce que l’on ignore ou dénonce sur son propre territoire.
La découverte et l’apprentissage précoce des langues régionales et étrangères favorisent le multilinguisme. Non seulement la mise en valeur de la langue et de la culture occitane et des autres dialectes régionaux n’est pas une atteinte à l’unité de la nation mais en plus elle participe à l’affirmation des régions dans un contexte européen.
La croix occitane jaune sur fond rouge, blason des Comtes de Toulouse au Moyen Age, est devenue un emblème identitaire pour tout l’espace occitan. Symbole d’un riche patrimoine et d’un héritage à ne pas dilapider elle rappelle à nous autres les ruraux que le trésor dormant à nos pieds en appelle à notre fierté et mérite mieux qu’oubli ou indifférence. A l’heure où nous sommes ballottés et emportés dans le flot impétueux d’une évolution de société non maîtrisée il semble bien nécessaire de ne pas laisser perdre notre mémoire ancestrale.
Lo que ne comprend pas son istoria ne pòt bastir son avenir. Ardich pitit qu’es l’ora de reviscolar e frotjar !
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