Jeudi 27 mars 2008

Philosophers-001.jpg"Bien que la sincérité et la confiance aient du rapport, elles sont néammoins différentes en plusieurs choses: la sincérité est une ouverture de coeur, qui nous montre tels que nous sommes; c'est un amour de la vérité, une répugnace à se déguiser, un désir de se dédommager de ses défauts, et de les diminuer même par le mérite de les avouer. La confiance ne nous laisse pas tant de liberté, ses règles sont plus étroites, elle demande plus de prudence et de retenue, et nous ne sommes pas toujours libres d'en disposer: il ne s'agit pas de nous uniquement, et nos intérêts sont mêlés d'ordinaire avec les intérêts des autres. Elle a besoin d'une grande justesse pour ne livrer pas nos amis en nous livrant nous-mêmes, et pour ne faire pas des présents de leur bien dans la vue d'augmenter le prix de ce que nous donnons.
La confiance plaît toujours à celui qui la reçoit: c'est un tribut que nous payons à son mérite; c'est un dépôt que l'on commet à sa foi; ce sont des gages qui lui donnent un droit sur nous, et une sorte de dépendance où nous nous assujettissons volontairement."
La Rochefoucauld "Maximes et réflexions diverses" (Folio)

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 27 mars 2008
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"Crotte, crotte, dit la carotte, et autres comptines" Alain Gaussel, Etsuko Watanabe (Seuil jeunesse 13,50€)crotte-crotte-dit-la-carotte.jpg
Pour amuser les enfants et les parents, pour apprendre à jouer avec les mots, voici un petit livre plein de richesses: des comptines, des poèmes, des devinettes pour passer des moments plein de fantaisie, d'humour et de poésie.
"Dans la ville, il y a des portes. Oh, que des portes ! Oh que des portes !
Plus elles sont grandes et moins j'ai envie de les ouvrir.
Plus elles sont petites et plus j'ai envie de voir ce qu'il y a derrière.
Hélas, hélas, la plus petite des plus petites, celle qu'il me faudrait vraiment franchir, est si petite qu'on ne peut même pas y glisser le petit doigt !"

"Crotte, crotte ! dit la carotte car elle a perdu un A.
Pour moi c'est bien pire dit la poire, car moi j'ai perdu un O.
A ce moment, on entend un grand cri: la cerise, ayant perdu un E piquait une crise, perdait encore un S et un E et n'était plus que cri."
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 27 mars 2008
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et-mon-coeur-transparent.jpg"Et mon coeur transparent" Véronique Ovaldé (Editions de l'Olivier 18€)
Lancelot et Irina sont mariés depuis plusieurs années et semblent mener une vie paisible, équilibrée. Mais lorsqu'Irina est victime d'un accident de la route, la vie de Lancelot va aller de bouleversements en découvertes. Car Irina n'était pas censée se trouver sur le pont où elle a eu l'accident, et encore moins dans cette voiture qui ne lui appartenait pas et dont le coffre contenait des objets surprenants. Devant toute cette accumulation de secrets, Lancenot va se lancer dans une enquête pour découvrir celle qu'il croyait si bien connaître.
Véronique Ovaldé fait preuve d'une grande imagination pour entraîner le lecteur dans une histoire surprenante, déroutante, où, comme Lancelot, on doit sans cesse démêler les fils pour tenter de connaître la vérité sur cette femme mystérieuse. Ce roman a obenu le prix France-Culture-Télérama 2008.


 
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 22 mars 2008
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undefinedL'heure est au bilan. Avant que ne commence "Lire à Limoges", parlons d'abord du Salon du livre de Paris qui a fermé ses portes le mercredi 19 mars.
L'invité d'honneur, Israel, n'a pas fait l'unanimité: appels aux boycotts; choix contesté des auteurs invités; critiques contre le choix de ce pays, compte-tenu de sa politique...Finalement, les appels au boycott n'ont pas été toujours bien suivis, les auteurs ou éditeurs de langue arabe ne voulant peut-être pas mélanger littérature et politique. Ce qui est tout à leur honneur.
Maintenant que le Salon a fermé ses portes, les comptages ont commencé:
- baisse de la fréquentation de 8% par rapport à 2007, alors même qu'il y avait un jour d'ouverture de plus en 2008.
- augmentation du nombre de visiteurs scolaires (+14%): une bonne chose pour montrer aux enfants qu'il y a autre chose dans la vie que les jeux vidéos et internet !
- baisse sensible du chiffre d'affaires annoncée par les éditeurs présents (20% en moyenne), à l'exception de quelques uns comme Le Dilettante qui bénéficiait de la sortie du dernier livre d'Anna Gavalda (1500 exemplaires dédicacés pendant le Salon!)
- augmentation considérable du nombre de livres vendus, livres d'auteurs du pays invité, sur le stand tenu chaque année par un libraire parisien (22000 livres contre 17000 seulement en 2007)
- augmentation extraordinaire du nombre de livres ... volés! Surtout le dimanche, au moment de l'alerte à la bombe et de l'évacuation des bâtiments. Une fausse alerte, en plus !
La baisse de la fréquentation a été attribuée en grande partie au pays invité, à la peur d'attentat ou de manifestation violente qu'il suscite (il n'y en a eu que peu finalement à l'intérieur du salon). Pas à la baisse du pouvoir d'achat ou au prix exhorbitant des livres ? Ce sont pourtant des arguments qui sont avancés régulièrement ces derniers mois.
En 2009: l'invité du salon devrait être le Mexique, pays plus ensoleillé, plus "vivant" !

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 22 mars 2008
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"Agence Hardy" Pierre Christin Annie Goetzinger (Dargaud)
Un excellent duo d'auteurs pour une série  où scénario et dessins forment un ensemble harmonieux pour le plus grand plaisir des amateurs de BD et de polars.
agence-hardy-t1.jpgT1: "Le parfum disparu" (10,40€) Paris 1955. Madame Hardy, veuve d'un agent de change, a du se remettre au travail et fait preuve d'un grand talent dans la résolution d'énigmes qui nécessitent doigté et discrétion. Deux enquêtes sont menées de front dans cet album et se poursuivront dans le T2 "La trace pâle" (9,80€) et le T3 "Le poison rouge" (10,40€): la disparition d'un chimiste travaillant dans un laboratoire pharmaceutique et enlevé par des espions russes; une vieille dame russe qui tente de récupérer les tableaux peints par son frère. L'atmosphère de cette agnece-hardy-t5.jpgpériode de Guerre Froide est rendue avec un grand talent, des méchants communistes et anticapitalistes russes aux agents secrets américains qui traversent les pays en changeant de noms pour se fondre dans le paysage.
Le T4 "Banlieue rouge, banlieue blanche" (10,40€) se situe en 1957 à Paris, au coeur des usines Renault, sur l'île Seguin. La disparition d'un prototype de voiture va permettre à Madame Hardy de découvrir l'univers ouvrier et le syndicalisme, les conflits entre ouvriers et patrons.
Le T5 "Berlin, zone française" (10,40€) entraîne Edith Hardy dans la sphère militaire où elle devra protéger le fils d'un général, nommé en Algérie qui fait l'objet de menaces sur sa famille. La guerre d'Algérie s'immisce dans la vie de la détective, ainsi que les manipulations des Russes qui conduiront à la construction du mur de Berlin.

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 19 mars 2008
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undefined"On est faux en différentes manières. Il ya des hommes faux qui veulent toujours paraître ce qu'ils ne sont pas. Il y en a d'autres, de meilleure foi, qui sont nés faux, qui se trompent eux-mêmes, et qui ne voient jamais les choses comme elles sont. Il y en a dont l'esprit est droit et le goût faux. D'autres ont l'esprit faux et ont quelques droitures dans le goût. Et il y en a qui n'ont rien de faux dans le goût, ni dans l'esprit. Ceux-ci sont très rares, puisque, à parler généralement, il n'y a presque personne qui n'ait  de la fausseté dans quelque endroit de l'esprit ou du goût. 
(...) Il faut que la raison et le bon sens mettent le prix aux choses, et qu'elles déterminent notre goût à leur donner le rang qu'elles méritent et qu'il nous convient de leur donner; mais presque tous les hommes se trompent dans ce prix et dans ce rang, et il y a toujours de la fausseté dans ce mécompte."
La Rochefoucauld "Maximes" (Folio Gallimard)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 18 mars 2008

undefined Vous aimez lire, un peu, beaucoup, passionnément.
Vous aimez faire partager les lectures qui vous ont enthousiasmé, ou parler de celles qui vous ont déplu.
Le club de lecteurs du pays arédien est donc fait pour vous.

Vous pouvez vous inscrire en téléphonant (05.55.00.66.96) ou en envoyant un mail (catherine.demontpion@orange.fr) ou encore en passant à la librairie.

A bientôt pour papoter autour d’un livre

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 18 mars 2008
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la-m-re-qui-voulait--tre-femme.jpg"La mère qui voulait être femme" Maryse Wolinski (Seuil 17€)
Marta est une vieille dame, ancienne violoniste célèbre ayant quitté Vienne au début d ela deuxième guerre mondiale. Réfugiée à Paris, elle épouse Pierre, le libraire qui l'a aidé à échapper aux Allemands. Une petite fille est née de cette union, mais Marta, toute à son art, n'a jamais été une mère très présente pour sa fille. Et lorsqu'elle part aux Etats-Unis, elle laisse derrière elle une petite fille désemparée, qui comprend qu'elle devra se débrouiller seule. Devenue une "femme équilibrée, solide, une mère désormais, réussissant dans le cinéma", Cécile s'occupe maintenant d'organiser une fête d'anniverssaire pour les 90 ans de Marta.
Ecrit à trois voix, le récit se déroulant sur une seule journée, ce livre est un portrait de femmes d'une même famille sur trois générations : Marta, prête à abandonner son mari et sa fille pour poursuivre sa carrière musicale; Cécile, la fille devenue femme qui tente de ne pas commettre les mêmes erreurs que sa mère; Esther, la petite fille, jeune femme volontaire et affirmée dans son destin de violoniste amateur et médecin humanitaire. Un beau livre plein de sensibilité. 
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 17 mars 2008
undefinedQuoi de neuf dans le monde merveilleux du livre et de la librairie ? Les élections sont terminées, on peut enfin respirer et penser aux beaux jours qui arrivent, aux minutes que l'on gagne chaque jour, aux fêtes de Pâques et à l'overdose de chocolat qui menace (on se console en se disant que le chocolat est un anti-dépresseur sans effet secondaire !), aux vacances que l'on commence à préparer. Que des bonnes choses finalement !
En librairie, on respire un peu parce qu'il y a moins de nouveautés ce qui permet de lire les titres que l'on n'a pas eu le temps d'effleurer en 2007. Surtout, la vague "femmes du président" semble enfin refluer (pour toujours j'espère, croisons les doigts), ce qui va laisser de la place dans les rayonnages pour les livres de meilleure qualité. Quand on y réfléchit, on a l'impression qu'une partie de la production de livres s'est transformée en "produits jetables d ecourte durée". Comment donner envie de lire dans ce cas ? Comment faire comprendre aux indécis qu'ils vont gaspiller de l'argent en achetant le dernier livre sur Cécilia ou Carla, alors que, quelques étagères plus loin, il peut avoir un livre de Walter Scott pour le même prix ? C'est un travail de longue haleine, et le moindre petit succès est une immense victoire. Tant pis pour
100-romans-de-premiere-urgence-pour--presque--tout-soigner.jpg ceux qui me trouveront naive: j'aime les livres, ce que l'on peut découvrir de merveilleux et d'inattendu dans chacun d'eux. D'ailleurs, je vous engage vivement à lire le dernier livre de Stéphanie Janicot "100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner" (Albin Michel 15€): "tout en se cultivant et en se divertissant, en sortant de soi, on s'ouvre aux autres. Sans prétention, en recensant romanciers du XIXe comme du XXIe, en faisant appel à l'humour et à la légèreté pour contrecarrer l'image négative de soi que chacun porte enfermé sur sa douleur secrète, c'est un hommage à la littérature, à la connaissance et à la possibilité qu'a chaque individu de transformer son destin." Un livre à garder sur sa table de chevet et à lire et relire dès que vous en sentez le besoin.
Et que pensez-vous de cette information parue dans le Figaro littéraire de cette semaine: la télévision française voudrait remettre dans ses grilles de programme une émission littéraire à une heure "décente", faire renaître le célèbre et mythique "Apostrophes" dont Bernard Pivot parlait en ces termes: "c'était une émission qui faisait vendre des livres et incitait à en lire. Aujourd'hui, est-ce qu'il serait possible de proposer une émission où il n'y a que des premiers romans écrits par des inconnus ? Je n'en suis pas sûr". Cette émission faisait effectivement vendre des livres pour la simple raison qu'elle les présentait sans les associer à autre chose, politique, économie ou marketing. De l'aveu même des présentateurs actuels, le téléspectateurs ne pense qu'à zapper, il faut donc trouver l'ingrédient qui le fera rester sur une chaîne plutôt que sur une autre, et on n'a pas encore trouvé mieux que les "people" pour cela. Histoire à suivre, donc.


 
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Dimanche 16 mars 2008
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La Révolution française a toujours été une période de l'histoire de notre pays qui a fasciné par l'audace dont ont fait preuve les révolutionnaires, mais qui a aussi fait peur par le nombre effrayant de guillotinages, pendaisons ou assassinats qui se sont succédés.
Deux titres sont parus récemment, deux romans historiques d'une grande qualité.
mademoiselle-R.jpg"Mademoiselle R***" Daniel Bermond (Seuil 18,50€) Charlotte Caraut, la narratrice de ce livre, est la soeur d'un des plus célèbres révolutionnaires qui, trente ans après les évènements, raconte la Révolution, la terreur, les trahisons, les soupçons. Elle mêle à son récit l'histoire de sa propre famille, à laquelle elle donne le nom de jeune fille de sa mère pour ne pas "réveiller les haines" causées par son frère. Une écriture qui reflète à la fois la tendresse et l'amour d'une femme pour sa famille, mais aussi la colère vis-à-vis d'un frère qui l'a trahie.
la-mangeuse-de-roses.jpg"La mangeuse de roses" Michelle de Kretser (Philippe Rey 21,80€) 14 juillet 1789. Dans le village de Montsignac en Gascogne, un ballon dirigeable tombe et s'enflamme au milieu des champs, au grand étonnement des paysans. Son pilote, Stephen Fletcher, est recueilli et soigné par la familledu propriétaire des terres et tombe sous le charme d'une des filles de la famille, Sophie, qui ne vit que pour son jardin de roses. Mais nous sommes au début d ela Révolution et, très vite, les bouleversements vont atteindre la province et la famille Saint-Pierre. Sur dix ans, l'auteur nous entraîne dans le tourbillon de la Révolution et dans l'histoire de cette famille, des amours et des trahisons, des revers de fortune et des emprisonnements. Un beau roman historique, à l'écriture vive qui retrace l'ambiance mouvementée de toute une époque.
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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