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ou comment un jeune chaton timide est devenu le roi du quartier.
L’arrivée du premier bambin
Les choses ont commencé à changer pour Oscar avec
l’arrivée du premier bébé. Que dis-je, avant même son arrivée, il l’embêtait déjà ! D’un seul coup, sans crier gare, il n’eut plus le droit d’aller dans la chambre de ses maîtres, de
s’installer sur leur grand lit parce qu’il risquait de laisser des poils partout ou que ses pattes étaient sales. Certaines pièces étaient même complètement fermées maintenant car elles avaient
été nettoyées pour servir de salle de jeux ou de chambre pour enfant. De toute façon, elles n’avaient plus grand intérêt pour Oscar : les pièces étant toutes propres maintenant, les souris
avaient déguerpies ailleurs !
Et puis, quand le bébé est né, une petite fille prénommée Louise, adieu le calme, aussi bien le jour que la nuit.
Elle pleurait quand elle avait faim, quand elle avait sa couche sale, ou elle pleurait tout simplement parce qu’elle voulait se faire câliner. Bien-sûr, rien de plus normal pour un bébé, mais
pour Oscar, c’était un vrai cauchemar ! Il aurait bien aimé, quelques fois, pouvoir boucher ses oreilles avec ses pattes comme le font les humains avec leurs mains.
En plus, Jacques et Sophie étaient vraiment accaparés par le bébé et Oscar trouvait qu’ils ne s’occupaient plus de
lui comme avant. Ça le rendait un peu triste et il essayait de profiter de la moindre occasion qui lui était donnée pour s’asseoir sur les genoux de l’un ou de l’autre, pour se faire câliner
comme quand il était tout petit. Et si ses maîtres étaient trop occupés, alors il se réfugiait dans le salon, sur son fauteuil préféré, ou dehors, dans un coin du jardin s’il faisait beau et
observait les oiseaux.
Notre matou pensait qu’en grandissant, les choses seraient différentes. Mais non ! Ce fut pire même quand la
petite Louise commença à avancer à quatre pattes et encore plus quand elle marcha toute seule. Elle courait toujours derrière Oscar pour lui tirer les oreilles ou la queue. Et quand elle se mit à
parler, ce fut une catastrophe : elle ne pouvait pas prononcer son nom correctement, ce qui était tout à fait normal pour une petite fille, mais ça, Oscar ne le savait pas et tout ce que
disait Louise ressemblait à du charabia pour lui. Qu’est-ce que « ca » pouvait bien vouloir dire ? Mystère !
Oscar aurait bien aimé qu’elle lui caresse la tête, qu’elle lui gratte le cou ou sous les oreilles : il
adorait ça et cela le faisait ronronner de plaisir. Mais non, Louise ne voulait que faire des bêtises et l’enquiquiner à longueur de temps.
Ce qui le sauva ? Louise avait l’âge maintenant d’aller à la garderie avec d’autres enfants, pendant que ses
parents étaient au travail. Il avait alors la maison pour lui tout seul, quel bonheur, quel calme ! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’ennuyait pas : il continuait à
explorer la maison, il allait dans le jardin où il tentait toujours d’attraper les oiseaux mais sans résultat. Et s’il faisait trop froid dehors, il retrouvait son coin habituel dans le salon,
sur le fauteuil confortable de Jacques. Malgré tout, il était content quand ses maîtres et la petite Louise rentraient le soir : il avait droit à beaucoup de caresses et de bisous et ça, il
n’en avait jamais assez.
Quand Louise eu quatre ans, il s’était habitué à toutes ses facéties et il avait même commencé à l’aimer. Comme
Oscar, Louise aimait bien partir en exploration à travers la maison : elle courait dans toutes les pièces, visitait les étages, montait les marches à quatre pattes si elles étaient trop
hautes et les redescendait sur les fesses si elles étaient trop hautes ! Louise l’exploratrice ! il la suivait quelques fois dans ses escapades, pour la surveiller, pour lui éviter de
faire des bêtises, ce qui arrivait quand-même quelques fois.
On aurait aussi pu l’appeler « Louise la comédienne » parce qu’elle adorait se déguiser avec tout ce qui
passait à sa portée : les habits et les bijoux de sa maman, les grandes écharpes de sa grand-mère quand elle venait en visite, les chapeaux de son grand-père qui étaient tellement grands
pour elle qu’ils lui tombaient sur les yeux, les chaussettes de son papa qu’elle enfilait sur ses bras comme des gants. Une vraie comédienne qui faisait rire tout le monde !
Finalement, la vie n’était pas si mal pour Oscar, il avait tout ce qui lui fallait : des maîtres qui
l’aimaient beaucoup et le gâtaient ; une petite fille qui, malgré toutes les misères qu’elle lui faisait, adorait ce matou noir et blanc ; un toit pour s’abriter ; un grand jardin
pour s’amuser ; et plein d’amis pour bavarder quand il en avait envie.
Et ses amis, il allait en avoir besoin sans tarder car la vie était tout sauf routinière dans cette maison
!