Quelques explications sur la famille d’Oscar et Léonie
En général, les contes de fées se terminent tous par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Et bien, c’est aussi vrai dans cette histoire ! !
Moi je suis Nina, la plus jeune des enfants d’Oscar et Léonie. J’ai deux frères et une sœur. Je les aime bien tous, mais ils sont quand-même un peu envahissants quelques fois ! Mes frères ne
pensent qu’à courir partout, à jouer avec tout ce qui traîne, et à faire leurs griffes sur les tapis. Et je ne parle pas des plantes que nos maîtres ont du jeter parce qu’elles avaient
dépéri : mes frères avaient fait leurs besoins dans leurs pots au lieu de le faire dans leur litières ! Qu’est-ce qu’ils peuvent être bêtes quelques fois !
Ma sœur est plus gentille elle, même si au début on ne s’entendait pas très bien toutes les deux : elle voulait garder sa maman pour elle toute seule. Mais comme moi je suis gentille, vraiment
très gentille, elle a fini par m’aimer. Et maintenant, on s’entend bien : on s’amuse ensemble, on regarde les autres chats du quartier en s’amusant parce qu’ils y en a quelques uns de vraiment
bizarres et drôles. Mais il y en a aussi qu’on aime bien, et d’autres dont on est secrètement amoureuses.
Nous habitons tous dans la maison des maîtres de mon papa, Jacques et Sophie. Ceux de ma maman ont déménagé du quartier pour aller habiter dans une autre ville et, même s’ils aimaient beaucoup ma
maman, ils n’ont pas voulu la séparer de mon papa. Mais mes frères vont bientôt partir de la maison, j’ai entendu Jacques en parler. Ils ne peuvent pas garder tous ces chats dans la maison et ils
ont trouvé des personnes très gentilles qui sont prêtes à adopter mes frères. Je serais vraiment triste de les voir partir et ma maman et mon papa seront tristes aussi. Mais je suis sûre que je les
reverrais souvent parce que leurs nouveaux maîtres sont des amis des miens et habitent à quelques rues de chez nous.
Il ne restera donc plus, dans la maison de Jacques et Sophie, que papa Oscar, maman Léonie, ma sœur Clarisse et moi, Nina. Je sens qu’on va bien s’amuser !
Je sais, je vous avais promis de vous expliquer pourquoi j’étais capable de vous raconter l’histoire de mon papa et de ma maman. J’espère que vous
allez bien comprendre parce que ça peut sembler bizarre.
Quand j’étais petite, Sophie avait un gros ventre parce qu’elle allait avoir un autre bébé (Oui, après Louise et Pierre, il y eu aussi Antoine, un vrai chenapan qui court partout mais que j’aime
bien quand-même !) Les après-midi, quand Louise et Pierre étaient à l’école et qu’elle était fatiguée, Sophie s’allongeait sur le canapé et lisait des histoires à haute voix, en frottant son
ventre tout rond. Elle lisait à haute voix comme si son bébé pouvait l’entendre. Je ne sais pas si c’était le cas, mais moi, j’adorais écouter sa voix douce et chaude. Et ses histoires semblaient
tellement belles !
Un jour, j’étais couchée sur le bord du canapé et j’écoutais Sophie parler, sans comprendre quoi que ce soit bien-sûr. Mais je devais être fatiguée parce que je me suis endormie. Et j’ai fait un
rêve vraiment bizarre. Un monsieur avec une barbe blanche, une longue robe couverte d’étoiles bleues, un horrible chapeau pointu sur la tête apparut au milieu de mon rêve et me
dit :
« Je m’appelle Merlin et je suis un magicien. Je peux te donner un don si tu le souhaites, mais tu dois en être digne. Je t’ai observé pendant longtemps, en fait depuis ta naissance et je
crois que tu es la plus intelligente parmi tes frères et sœur. Ce don que je peux te donner est vraiment exceptionnel : le don de comprendre ce que disent les humains. Mais attention : tu
ne dois absolument pas montrer que tu les comprends, sinon ton don disparaîtra définitivement !
Si tu es d’accord, je t’accorde ce don et peut-être qu’un jour tu pourras raconter l’histoire de ta famille de façon à ce que tout le monde puisse la connaître. Es-tu d’accord pour avoir ce don ? »
Je ne pouvais pas encore parlé, évidemment, alors j’ai secoué la tête de haut en bas, tellement fière d’avoir été choisie parce que j’étais la plus intelligente de la famille. Je vis donc le
magicien lever son bras, sa baguette dans la main et prononcer des mots à mi-voix. Mais à ce moment-là, Sophie se leva du canapé et je me réveillais en sursaut.
J’oubliais vite mon rêve jusqu’au jour où Sophie s’installa sur la terrasse pour lire une histoire à Louise et Pierre. Et là, quel étonnement : je comprenais parfaitement ce qu’elle disait et
j’adorais son histoire d’animaux et de forêt merveilleuse ! Je grimpais sur un fauteuil de jardin et m’installait pour mieux écouter l’histoire. Je me rappelais alors la recommandation du
magicien dans mon rêve : ne pas montrer aux humains que je comprenais ce qu’ils disaient. Je fis donc semblant de dormir, mais je gardais les oreilles aux aguets. Je pus ensuite raconter toute
l’histoire à ma sœur Clarisse, à mes frères aussi mais ils ne me crurent pas, ils pensaient que je racontais n’importe quoi pour me rendre intéressante !
Et depuis ce temps, ce don est toujours là. C’est lui qui m’a permis de vous raconter l’histoire de ma famille, et c’est aussi lui qui me permettra bientôt de vous raconter l’histoire de ma famille
à moi parce que j’ai rencontré un chat dans le quartier qui me semble vraiment très mignon !
FIN DE L'HISTOIRE
Coup de coeur sur une collection de poche de grande qualité qui permet de
découvrir ou redécouvrir des auteurs espagnols, brésiliens, italiens, portugais, allemands et bien-sûr français. Romans et polars, romans ontemporains ou historiques: des titres pour satisfaire
les goûts de chacun. Voici deux titres que j'ai sélectionné parmi cette collection:
"Le bâtard de Palerme" Luigi Natoli (13€) 1713. Tel d'Artagnan, Blasco de
Castiglione fait son entrée dans Palerme sur un pauvre cheval. Son chemin croisera ceux de grands personnages comme Don Raimonda de la Motta ou la ténébreuse Donna Gabriella, mais aussi ceux du
petit peuple de Palerme. Et sa rencontre avec Coriolano de la Floresta le fera entrer dans un monde plus mystérieux, celui de la secte des Beati Paoli dont l'idéal de justice sera transformé bien
plus tard par la mafia. Deux autres tomes complètent la série: "La mort à Messine" (12€); "Coriolano"
(12,50€).
"Luz ou le temps sauvage" Elsa Osorio (10€) Luz a vingt ans et vient d'avoir son premier enfant. La
maternité fait revenir à la surface sa propre enfance, ses origines troubles, sa vraie mère et les circonstances de son abandon. Partie en quête de son passé, Luz découvrira que sa mère fut
prisonnière politique dans l'Argentine des années 70, et que son enfant fut donné à la famille de l'un de ses tortionnaires. Une quête difficile à la recherche de son passé, un roman poignant sur
un pays qui fut en proie à de terribles dictatures.
A noter, la sortie dans la collection Points Seuil (8€) d'un autre roman d'Elsa Osorio "Tango", une histoire d'amour au rythme du tango dans le Buenos Aires du début du 20é
siècle.
Une sélection de nouveautés en poche:
-
"Tours et détours de la vilaine fille" Mario Vargas Llosa (Points Seuil 7,90€)
- "Le peintre de batailles" Arturo Perez-Reverte (Points Seuil 7€) http://pagesecriture.over-blog.com/article-5904159.html
- "La fille du canibale" Rosa Montero (Points Seuil 8€)
Sorties à surveiller:
- sortie en format poche du livre de Marc Levy "Les enfants de la liberté" (Pocket), à partir du 3 avril.
Sortie prévue du prochain livre de Marc Lévy le 5 juin "Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites".
- sortie du dernier volume de la saga "Les chroniques de San Francisco" d'Amistead Maupin. Dernier et ultime tome intitulé "Michael Tolliver est vivant", à paraître aux éditions de l'Olivier le 3
avril.
Chronique Radio Kaolin: le mardi à 9h30, rediffusion le jeudi à 8h30. Disponible également à l'écoute sur le blog des matinales de Radio Kaolin: http://septdix.musicblog.fr
par Catherine Demontpion
publié dans :
Radio Kaolin
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"Bien
que la sincérité et la confiance aient du rapport, elles sont néammoins différentes en plusieurs choses: la sincérité est une ouverture de coeur, qui nous montre tels que nous sommes; c'est un
amour de la vérité, une répugnace à se déguiser, un désir de se dédommager de ses défauts, et de les diminuer même par le mérite de les avouer. La confiance ne nous laisse pas tant de liberté,
ses règles sont plus étroites, elle demande plus de prudence et de retenue, et nous ne sommes pas toujours libres d'en disposer: il ne s'agit pas de nous uniquement, et nos intérêts sont mêlés
d'ordinaire avec les intérêts des autres. Elle a besoin d'une grande justesse pour ne livrer pas nos amis en nous livrant nous-mêmes, et pour ne faire pas des présents de leur bien dans la vue
d'augmenter le prix de ce que nous donnons.
La confiance plaît toujours à celui qui la reçoit: c'est un tribut que nous payons à son mérite; c'est un dépôt que l'on commet à sa foi; ce sont des gages qui lui donnent un droit sur nous, et
une sorte de dépendance où nous nous assujettissons volontairement."
La Rochefoucauld "Maximes et réflexions diverses" (Folio)
par Catherine Demontpion
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