Lundi 5 mai 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
Frédéric H. Fajardie (1947-2008)
Auteur connu et reconnu à la fois pour ses romans noirs et pour ses romans historiques qui l'ont placé parmi les auteurs les plus importants de sa génération.
Romans historiques: "les foulards rouges", "le voleur de vent", "la tour des demoiselles", "la lanterne des morts", "le conseil des troubles" (tous ces titres sont disponibles en livre de poche) (
Chroniques radio 03/05/07 )
Romans noirs: il a publié un grand nombre de titres chez plusieurs éditeurs dont certains ont été regroupés en 2007 sous le titre "Romans noirs T1" chez Fayard. Ce premier gros volume inaugure une série de quatre rassemblant vingt et un romans noirs de Frédéric H. Fajardie pour la plupart disparus du commerce dans les éditions antérieures. Il s'agit de : Tueurs de flics, La Nuit des chats bottés, La Théorie du 1%, Sniper, Le Souffle court, L'Adieu aux anges, Brouillard d'automne.
Son dernier polar paru: "tu ressembles à ma mort" (2007 Editions des Equateurs)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 1 mai 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"Providence" Valérie Tong Cuong (Stock 18€)
Marylou est secrétaire du patron d'une entreprise douteuse,un patron qui l'exploite et la méprise. Albert, 78 ans, est un architecte mondialement reconnu auquel on vient de diagnostiquer un cancer. Prudence est directrice adjointe d'un cabinet-conseil, mais sa couleur de peau est un obstacle à une réelle reconnaisance professionelle. Tom est producteur de cinéma, richissime, et s'apprête à demander Libby en mariage.
Qu'y-a-t-il de commun entre ces personnages ? Rien à priori, sauf la providence qui les réunit au services des urgences d'un hôpital. Et cette providence va apporter de tels bouleversements dans leurs existences qu'ils auront tous l'impression d'avoir droit à une seconde chance, une nouvelle vie.
Valérie Tong Cuong réussit le prodige de nous entraîner dans les vies de ses personnages sans jamais nous lasser, et c'est la curiosité qui nous pousse, chapitre après chapitre, à poursuivre la lecture pour découvrir la manière dont ses personnages vont survivre aux évènements qu'elle leur concocte. Des destins croisés racontés d'une écriture simple et efficace. Impressionant.
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 1 mai 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦

"Le panier de Lulu" Kris di Giacomo (Editions Frimousse 13€)

Toute occupée à tricoter une écharpe pour la girafe, Lulu a oublié de sortir pour faire les courses. Son frigo et ses placards sont vides !
Ecoutant ce que lui réclame son ventre, elle fait sa liste, monte sur sa motocyclette et part au marché. Sur le chemin du retour, son panier bien rempli, Lulu rencontre des amis si tristes qu'elle leur distribue ses provisions. Et que lui reste-t-il pour son goûter ? Juste un Kiwi ! Mais qui vient frapper à sa porte alors qu'elle s'apprête à passer à table ?
Un album magnifique, une histoire pleine de générosité, d'amour et d'humour pour expliquer aux enfants ce qu'est le partage, la joie de se réunir pour vivre de bons moments.
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 30 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
Voici quelques extraits d'un article paru dans le magazine "Marianne" n°575 (26 avril-2mai) et signé Anna Topaloff. Vous pouvez retrouver l'intégralité ici (www.marianne2.fr)
" Culture et supermachés: rayon à part
(...) La plupart des enseignes de la grande distribution propose des "produits culturels". Cette seule appellation est blasphématoire. L'hérésie est très française: toute l'Europe regarde avec étonnement les honneurs nationaux qui entourent les livres au point de les rendre parfois intouchables. Pourtant, le livre est bien une marchandise. Encore trop chère et trop idéalisée. Qui gagnerait à être visible sans être banalisée.
(...) Aujourd'hui, toute grande surface qui se respecte doit avoir son "espace culturel". Louable intention mais à condition que la qualité suive.  Hélas, elle n'est pas toujours au rendez-vous. D'abord, les rayons n'offrent que des nouveautés: ne cherchez pas un titre paru l'année dernière, il a déjà été remplacé par des livres plus récents. Mais n'essayez pas de trouver un livre dont le smédias n'ont pas parlé: l'estampille "vu à la télé" balaye tout sur son passage et vaut pour tête de gondole. Quant aux romans qui n'ont jamais figuré sur la liste des meilleures ventes, ils ne passeront tout simplement pas l'escalier mécanique."
"Philippe Moati, chercheur au CREDOC, spécialiste de la grande distribution, rappelle que, depuis la fin des années 90, la croissance des grandes surfaces a perdu de sa vitalité. "Dans ce contexte, la conquête de nouveaux marchés est une alternative. Tout comme les voyages, la billetterie ou le high-tech, la culture est un moyen d'étendre le périmètre des activités et donc de relancer la croissance". le chercheur avance aussi une autre hypothèse: réputées tristes et impersonnelles, les grandes surfaces tiennent à faire évoluer leur image. "Toutes es études montrent qu'aller au supermarché est une corvée dont on se passerait bien. Créer des rayons librairies, surtout s'ils sont jolis et confortables, traduit la volonté de transformer cette obligation en moment agréable." Sans compter qu'un client qui prend le temps de flâner dans un rayon ... a plus de chance d'y dépenser de l'argent ! Commerce et marketing seraient donc le seuls arguments pour que littérature rime avec nourriture ?
Une certitude: la plume d'un écrivain, sa créativité, son originalité sont donc moins attractifs que le produit "top budget". (...) Selon l'institut GFK, 35% des produits culturels en général et 28% des livres en particulier, ont été achetés dans une grande surface alimentaire. Pour certains amoureux de la littérature, c'es tparfois même le seul moyen de s'en procurer.
(...) D'autres n'osent pas pousser la porte d'une librairie. (
Témoignage d'une mère de famille de Bagnolet) "Les vrais libraires, faut voir comment ils te regardent si tu leur demande un roman facile et rigolo ! On a vraiment l'impression de ne pas être assez bien pour eux" (Témoignage d'un agent de sécurité
) Il se sent "stressé" par les questions des libraires "qu'est-ce que vous aimez lire? C'est vraiment bête comme question ! C'est personnel, je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie à des inconnus"
Dans les années 70, quand les grandes surfaces se sont massivement implantées en bordure des villes, les libraires craignaient l'appel de clientèle. Aujourd'hui, ils redoutent une concurrence plus directe.
(...) Rentabilité contre curiosité. Mary Higgins Clark d'un côté, aussi présente dans les foyers que les paquets de biscuits, les oeuvres complètes d'Israel Horovitz de l'autre, dans un écrin. Ce serait trop facile. En réalité, ces deux visions de la littérature cherchent à se compléter plutôt qu'à s'opposer. Car ni l'une ni l'autre ne s'assument telle qu'elle est. Ainsi, il serait temps que les hypermarchés développent leur catalogue de best-sellers.(...) Et il serait temps que les libraires indépendants acceptent que tenir une boutique, c'est aussi gonfler la bourse. Vendre n'est pas un gros mot et un livre de Marc Lévy n'est pas hérissé d'épines ... La démocratisation de la culture s'en portera toujours mieux."
Vos réactions, vos commentaires seront les bienvenus. Et comme nous sommes en démocratie, je ne censurerais pas les commentaires même s'ils sont défavorables aux librairies indépendantes (ce qui n'a pas été le cas pour Amazon qui a refusé et effacé des commentaires de libraires laissés sur son site !) Seule exception (il en faut dans toutes règles!): les insultes et les méchancetés, mais je suis sûre que personne n'en arrivera là !

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 30 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états
"L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, serait le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre d'un dictionnaire"

"Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue."

Albert Einstein
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 29 avril 2008
Une sélection de livres pour enfants, des albums jeunesse aux histoires extraordinaires. Mais ce sont aussi des beaux-livres, des livres d'art dont le sillustrations séduisent les petits comme les grands lecteurs.
- "Les amants papillons" de Benjamin Lacombe (Seuil jeunesse 18€)
- "La ballade de Pat Garett et Billy the Kid" de Tai-Marc Le Thanh et Jacques de Loustal (Seuil jeunesse 18€)
"Donne-moi la lune" de Roxane Marie Galliez et Cathy Delanssay (Editions Auzou 14,50€)
- "Au feu les pompiers, j'ai le coeur qui brûle" Christine Beigel, Elise Mansot (Gauthier Languereau 14€)
- "Le loup de la 135é" Rebecca Dautremer et Arthur Leboeuf (Seuil jeunesse 18€)
Tous ces ouvrages ont été chroniqués sur le blog (rubrique "livres pour enfants")
Vous pouvez réecouter l'émission sur le blog des Matinales de Radio Kaolin, ici (
link)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 28 avril 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
" Un rose parfait" Nan Gregory, Luc Melanson (Editions Tourbillon 11,90€)
Manon es tune petite fille qui ne rêve qu'à une chose: vivre en rose, mais pas n'importe quel rose, le rose parfait. Et lorsqu'elle découvre une magnifique poupée de porcelaine dans la vitrine d'un magasin, elle sait qu'elle a trouvé le rose parfait. Mais son papa et son maman ne sont pas assez riches pour la lui offrir et ses économies ne suffisent pas. Même en effectuant des petits travaux pour les habitants de son immeuble, elle ne parvient pas à réunir la somme et la poupée est achetée par une petite chipie riche de son école.
Des dessins simples empreints de douceur pour une histoire où l'on découvre que les plus petites choses qui nous entourent sont souvent aussi belles que les jouets les plus chers et que rien ne vaut l'amour de ses proches.



par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 28 avril 2008
Merci à tous les auteurs et tous les lecteurs qui sont venus Salle de la Halle
à l'occasion de cette deuxième édition de la Fête du livre de Saint-Yrieix.
Une photo de groupe qui pourrait ressembler à une photo d'école dont le maître serait Michel Peyramaure!



par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Dimanche 27 avril 2008
communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
"Le sixième crime" Sébastien Fritsch (Editions du Pierregord 18€)
Jérôme Babalnic, commandant de la police judiciaire à Lyon, est chargé d'enquêter sur un meurtre qui se trouve être, en réalité, le cinquième d'une longue série. Les meurtres sont tous commis de manière atroce, en utilisant cinq livres écrits quarante ans plus tôt et jamais publiés par Jacob Lieberman, un auteur disparu depuis. Son enquête le mène vers un village reculé de la Drôme, un village où vit seul, depuis quarante trois ans, un écrivain connu du monde littéraire sous le pseudonyme de Lex. Mais quels peuvent bien être les liens qui unissent Lieberman, Lex et les cinq meurtres ?
Un roman noir impressionnant: une enquête à la fois policière et littéraire où les apparences sont toujours trompeuses, où le lecteur se fait une opinion sur les personnages, pour mieux la défaire et la reconstruire dans les pages suivantes. A la lecture de ce texte, on se sent manipulé par les faits, les mots, les évènements, pour aboutir à un dénouement surprenant !
"Son visage resta pourtant impassible. Je compris qu'il avait fini, uniquement quand il replia la feuille et me la tendit. Je la posais sur la table sans le quitter des yeux. Il rangea calmement ses lunettes et planta ses pupilles dans les miennes. Un silence étrange s'installa entre nous. J'attendais au moins un commentaire. Mais mon vis-à-vis restait muet. Je flairai alors que je n'obtiendrais rien sans l'aiguilloner un tant soit peu."

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Samedi 26 avril 2008
communauté : L'écriture dans tous ses états

« Bonjour »

Surprise dans ses pensées, le doigt posé sur le bord de la page pour la tourner, Juliette lève la tête brusquement, prête à en découdre avec celui qui l’a interrompu dans sa lecture. Mince, élancé, des cheveux bruns, des petites lunettes rondes : le jeune homme qui se tenait devant elle ne méritait vraiment pas d’essuyer sa colère ! Bien au contraire !
« Bonjour, répond la jeune femme d’une voix douce
- Excusez moi de vous déranger dans votre lecture, mais j’étais assis de l’autre côté de l’allée et je n’ai pu m’empêcher de voir que vous aviez l’air fasciné par ce livre.
- Oui, ce livre est surprenant.  
- Pourquoi cela ?
- Et bien le titre d’abord : « L’amour était au rendez-vous dans le jardin »
- Effectivement, le titre n’est pas très encourageant. L’auteur aurait  pourtant du savoir que le titre est la première chose qui attire le lecteur.
- Oui, je suis d’accord avec vous, le titre est important. Mais quand je me suis assise sur le banc, le livre était posé à l’envers, je ne pouvais voir le titre. Mais j’ai quand-même été attirée par le livre, comme s’il était un aimant.
- Alors ce livre aurait du s’appeler « Le livre magique » vous ne croyez pas ?
- Ça aurait été dans l’air du temps, avec Harry Potter et tous ses collègues magiciens, lui répondit Juliette en riant.
- Succès commercial assuré dans ce cas !
- Mais il n’y a pas que le titre qui soit bizarre dans ce livre. L’auteur n’a pas indiqué son nom sur la couverture, il y a simplement « anonyme ».
- En quoi est-ce surprenant ? Il y a d’autres romans qui sont parus, dans le passé, sous des pseudonymes ou des initiales. Certains ont même été de très gros succès auprès du public.
- Mais je me suis toujours demandée pourquoi ils avaient eu recours à un pseudonyme ou à des initiales. Je peux le comprendre pour George Sand par exemple parce qu’à son époque il était inconcevable qu’une femme puisse écrire et publier. Mais j’ai vu des auteurs publier des romans sous leurs noms et des polars sous un pseudonyme.
- Je pense qu’il y a deux catégories d’auteurs : ceux qui ne veulent écrire qu’un genre de livres, soit des romans, soit des polars ; et ceux qui ne veulent pas se limiter et explorent tous les genres, quelques fois avec bonheur d’ailleurs. J’en connais qui écrivent, presque en alternance, des romans et des polars.
- Vous semblez bien connaître ce monde-là ! Seriez-vous auteur vous-même ?
- Et voilà, mon secret est découvert ! Comment avez-vous deviné ? Non, laissez-moi réfléchir. Je pense que vous devez être libraire ou bibliothécaire. Je parierais plutôt sur libraire.
- Et voilà, vous aussi vous avez découvert mon secret ! Vous devez écrire des polars !
- Mon premier livre était effectivement un polar, mais il a été publié chez un petit éditeur de province et je ne pense pas qu’il soit arrivé jusqu’à Paris. De toute façon, il est maintenant officiellement épuisé puisque l’éditeur a disparu.
- C’est dommage, j’aurais bien aimé le lire. J’aime beaucoup lire les premiers romans, on y découvre souvent de réels talents. Et après, quand l’auteur devient célèbre, on peut dire « je le connais depuis ses débuts, je savais qu’il serait célèbre » !
- Qui sait, si mon prochain livre est un gros succès, peut-être que mon éditeur actuel voudra bien le réimprimer. Dans ce cas, je vous en ferais parvenir un exemplaire avec plaisir.
- Quel titre aura ce livre ?
- Le titre n’est pas encore sûr. Je pensais avoir trouvé le bon, mais mon éditeur le trouve trop vieillot. Nous hésitons donc encore entre plusieurs. C’est une opération délicate car il doit refléter l’histoire avec précision, ne pas être trop long et donner envie au lecteur de le prendre, de le feuilleter dans un premier temps et de l’acheter ensuite.
- J’espère en tout cas que vous ne ferez pas comme l’auteur de celui que j’ai trouvé sur le banc.
- A propos, vous ne m’avez pas dit ce que racontait ce livre. Vous avez lu beaucoup de pages ?
- Non, je n’avais lu que la première page quand vous êtes venu me parler. Mais j’aime bien le style de cette page.
- Vous voulez bien me lire les lignes que vous avez déjà lues ?
- Oui, pourquoi pas ? Je tournerais la page ensuite pour voir ce qui se passe. »

 Et Juliette se mit à lire à haute voix les premiers paragraphes du livre que nous avons déjà reproduit ci-dessus. Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de la regarder : sous l’effet de la lumière du soleil, ses cheveux avaient des reflets roux magnifiques ; son visage, même vu de profil, semblait illuminé par les mots qu’elle lisait ou par le soleil, ou peut-être même par les deux. Et sa voix aux inflexions douces et mélodieuses donnait une vie particulière aux mots qu’elles lisaient.

Le silence soudain le fit revenir à la réalité. Juliette ne lisait plus.

(A suivre)

 

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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