"Ce qui fait
que si peu de personnes sont agréables dans la conversation, c'est que chacun songe plus à ce qu'il veut dire qu'à ce que les autres disent. Il faut écouter ceux qui parlent, si on en veut être
écouté; il faut leur laisser la liberté de se faire entendre, et même de dire des choses inutiles. Au lieu de les contredire ou de les interrompre, comme on fait souvent, on doit, au contraire,
entrer dans leur esprit et dans leur goût, montrer qu'on les entend, leur parler de ce qui les touche, louer ce qu'ils disent autant qu'il mérite d'être loué, et faire voir que c'est plus par choix
qu'on le loue que par complaisance. Il faut éviter de contester sur des choses indifférentes, faire rarement des questions inutiles, ne laisser jamais croire qu'on prétend avoir plus de raison que
les autres, et céder aisément l'avantage de décider.
On doit dire des choses naturelles, faciles et plus ou moins sérieuses, selon l'humeur et l'inclinaison des personnes que l'on entretient, ne les presser pas d'approuver ce qu'on dit, n'y même d'y
répondre. Quand on a satisfait de cette sorte aux devoirs de la politesse, on peut dire ses sentiments, sans prévention et sans opiniâtreté, en faisant paraître qu'on cherche à les appuyer de
l'avis de ceux qui écoutent."
La Rochefoucauld "Maximes et réflexions diverses" (Folio, Gallimard)
Au hasard, on trouve quelques fois des choses
étonnantes. Comme ce livre offert, il y a bien longtemps, par les éditions Autrement qui s'appelait "C'est ça la vie! Du premier au septième jour, des chagrins et des rires". Parmi
tous les chapitres de ce livre, il en est un qui m'a particulièrement "interpellé" puisqu'il donne les témoignages d'enfants sur la lecture et l'écriture. En voici quelques uns que j'ai bien
aimé. Gwendoline, 9 ans: "J'adore lire, c'est ma passion. Quand je suis toute seule, je m'angoisse et j'attends ma maman en lisant. Quand je suis au lit et que ma maman regarde un film, je ferme
la porte de ma chambre, je mets ma petite veilleuse et je lis... Moi, j'aime pas rester seule et, avec le livre, je suis pas seule, je me sens en sécurité." Fabien, 6 ans: "J'aime apprendre à lire parce que dans les livres, on apprend des choses et après on peut devenir un papa" Marie-Laure, 6ans1/2: "j'aime lire parce qu'il y a des histoires qui ne peuvent pas se réaliser" Franck, 11 ans: "je n'aime pas lire car ça ressemble à l'école. Je n'ai pas le courage d elire et puis je suis trop occupé. Il y a des livres qui ont trop d'écritures" Ludovic, Olivier, 8 ans: "lire et écrire, c'est l'école. La "télé" c'est mieux." L., 10 ans: "j'écris mon imagination. Ce que je ne veux pas dire, c'est-à-dire que j'ai peur du noir" Nadia, 8 ans: "écrire, on fait des fautes "d'hortographe" et on a un zéro sur le cahier "d'hortographe". Parce qu'on n'est pas fort en "hortographe". Lire, ça nous donne de grandes
idées." Malika, 10 ans:" Lire ça m'instruit. J'apprends des mots que je ne connais pas. Et puis, c'est comme si je vivais dans l'histoire"
Mais le petit mot d'enfant que je préfère est celui de Linda, 8 ans 1/2:
"Si j'étais un livre, je me mettrais à l'envers et personne ne me lirait"
Le prix du Livre Inter 2008 Depuis maintenant 34 années, le prix
du Livre Inter est remis par 24 auditeurs et auditrices.
L'édition 2008 a récompensé, à juste titre, "Le boulevard périphériqueé d'Henri Bauchau (Actes Sud). Le narrateur de ce roman est un vieil homme qui, chaque jour, traverse le périphérique
afin de rejoindre sa belle-fille hospitalisée pour un traitement contre le cancer. A cette histoire poignante, se mêle le souvenir de Stéphane, un jeune homme que le narrteur a connu dans sa
jeunesse, entré dans la Résistance pendant la guerre et décédé dans des circonstances mystérieuses. Deux histoires difficiles, poignantes, dans lesquelles le lecteur se plonge, emmené par la belle
écriture d'Henri Bauchau.
Pour la petite histoire, Henri Bauchau a été élu au troisième tour dans lequel il était opposé à Sorj Chalandon pour "Mon traître" (Grasset).
Une sélection de polars venus d'Asie: éditions Philippe Picquier Une très belle collection au format poche dans laquelle on retrouve des
romans noirs, des polars venus du Japon, de Chine ou d'Inde. "Le mandala de Sherlock Holmes" Jamyang Norbu
(8€) L'auteur, d'origine tibétaine, revient dans ce livre sur une facette méconnue du célèbre détective: son voyage en Inde et au Tibet, sa rencontre avec le Dalai Lama et avec Mookerjee,
espion et savant bengali, l'aquivalent indien du docteur Watson. Entre fiction et réalité, on retrouve avec bonheur le personnage énigmatique de Sherlock Holmes qui découvre l'Inde, sa philosophie
et la situation économique du pays à cette époque.
"La librairie Tanabe" Miyabe Miyuki (7,50€) Monsieur Iwa est librairie à Tokyo, aidé de son petits-fils. Par l'intermédiaire de leurs clients, les deux hommes se trouvent confrontés à des
meurtres ou des morts étranges pour lesquels leur talent de détective sera fort utile. Enquête policière et littéraire car la solution des énigmes se trouve dans le titre d'un livre ou dans les
phrases d'un autre. Cinq histoiressavoureuses à découvrir. Le coup de coeur polar du moment "Le sixième crime" de Sébastien Fritsch (Editions du Pierregord). Un roman noir des plus
savoureux où se mêlent enquête policière et littérature. (La plume assassine)
Vous pouvez aussi réécouter la chronique sur le blog des Matinales de Radio Kaolin. C'est ici (link)
Et oui, ça arrive, même aux libraires ! Mon choix du livre de la semaine a été finalement assez mauvais, il faut bien le reconnaître. "Des vérités cachées" Ann Cleeves (Belfond noir 20€). Une pette
ville anglaise tranquille, dans le Northumberland. Mais une petite ville plus si tranquille le jour où une mère découvre son fils mort dans la baignoire. On croit à un suicide, l'adolescent étant
perturbé, mais l'enquête révèle très vite qu'il s'agit d'un meurtre. Le travail de l'inspectrice Vera Stanhope se complique lorsqu'un deuxième meurtre est commis, la victime étant cette fois une
jeune femme, institutrice stagiaire. Y-a-t-il un lien entre les deux, en dehors du mode opératoire du meurtrier ?
Les premiers chapitres de ce livre, dont l'auteur est présenté comme "la nouvelle grande dame du polar", sont assez prometteurs: une petite ville où tout et tout le monde a une place bien définie;
deux évènements qui viennent bouleverser la vie bien rangée de chacun des habitants. Seulement, le livre ne tient pas ses promesses: une intrigue qui traîne en longueur; un personnage d'inspectrice
auquel on a du mal à s'attacher, que l'on a du mal à suivre dans ses réflexions, peut-être parce qu'elle préfère "la Guinness et le single malt au thé Earl Grey". Toujours est-il que je n'ai pas
éprouvé de plaisir à suivre les dédales de cette histoire peu intéressante.
Je serais curieuse d'avoir l'avis des autres lecteurs.
Une nouvelle alerte secoue depuis
quelques jours le monde de l'éditin et celui de la librairie. Son origine: le dépôt d'un amendement à la loi Lang par deux députés, l'un de l'UMP, l'autre du Nouveau Centre. Cet amendement vise à
réduire de deux ans à six mois le délai pendant lequel les soldes de livres sont interdits.
Mais revenons un peu en arrière pour mieux comprendre. Le principe de base de la loi Lang est le prix unique du livre, fixé par l'éditeur, la loi n'autorisant qu'une remise maximale de 5%, quel que
soit le point de vente. Les soldes ne peuvent être effectué qu'après une période de deux ans après leur sortie. Présenté de cette manière, j'ai bien conscience que le consommateur dira: "c'est
scandaleux!". Mais il faut bien comprendre que cette disposition de la loi permet aux éditeurs de publier à la fois des livres dont la vente va être rapide et d'autres qui nécessiteront du temps
pour se faire connaître soit parce que l'auteur est nouveau, soit parce que le thème est plus "délicat". Au niveau des librairies, le problème serait encore plus complexe: la majorité des livres
vendus en librairie se fait sur des livres qui ont plus d'un an. Si le prix peut être réduit de façon significative seulement six mois après la parution du livre, comment pensez-vous que vont
réagir les consommateurs ? Ils attendront simplement pour voir quelle boutique fera la meilleure ristourne sur le livre qui les intéresse.
Pour ma part, voici les quelques réflexions que cette initiative vraiment malheureuse, prise "à la hussarde" m'inspire:
- les librairies sont là pour défendre les nouveautés mais aussi pour proposer un fond conséquent d'ouvrages plus anciens, classiques ou qui méritent plus de temps pour mieux se faire connaître.
Tous les auteurs n'écrivent pas des best sellers qui se vendent "en pagaille" dès leur sortie !
- j'ai l'impression que nos politiques veulent appliquer les règles du secteur du disque à celui du livre. On sait les conséquences que cela a eu sur le disque: disparition des disquaires au profit
des grandes chaînes de magasin; un prix du disque tellement élevé que plus personne ne peut en acheter; une importance énorme de la vente en ligne, vente de titre et pas de CD dans son entier; un
marketing à outrance qui prône un formatage uniforme des musiques.
- l'argument écologique avancé par les députés (80 millions de livres pilonnés chaque année) n'en est pas un. Ces ouvrages sont réutilisés entre autres pour la fabrication des journaux.
Et puis, je me dis aussi que, si l'on doit baisser les prix, pourquoi ne pas baisser ceux des produits dit "de première nécessité" tels que les pâtes ou le lait qui ont grimpé de façon totalement
indécente ? Parce les livres, eux, ont augmenté de O,3%en 2007. Qui peut en dire autant ?
Vous pouvez retrouver des réactions, d'autres explications sur le site du Nouvel Observateur, ici (link), ainsi que celle d'un autre libraire là
(link)
Après "la fraise amnésique", "la fin du haricot", "le mystère de la patate", "les malheurs du pauvre chou", voici deux nouvelles enquêtes du plus célèbre des
inspecteurs du potager: l'inspecteur Lapou (Gallimard jeunesse 7€) "Panique chez les petits pois" Alors qu'il se
promène tranquillement par une magnifique journée ensoleillée, l'inspecteur Lapou est abordé par un petit pois effrayé qui lui apprend que sa famille s'est réfugiée dans les bois pour ne pas être
mangé par les vilains pigeons. Qu'à cela ne tienne, voilà l'inspecteur qui court au secours de cette pauvre famille de petits pois. Arrivera-t-il à les sauver ? "La pomme amoureuse" Un ver sème la panique dans le
pommier: après avoir promis monts et merveilles aux pommes, leurs avoir fait des compliments sur leur beauté et leur saveur, voilà qu'il s'en va sans payer son loyer ! Il tente bien de se réfugier
chez les prunes, mais elles le mettent dehors. N'était-il pas mieux finalement avec cette belle pomme rouge tellement amoureuse de lui ?
Deux histoires drôles et captivantes pour les petits et les grands, au héros placide et fin limier. Un graphisme simple mais très coloré et très efficace pour faire comprendre l'histoire aux
enfants.
"SI" Hubert Ben Kemoun, Frédéric Rébéna
(Tourbillon, 10,90€) Monsieur Boniface part à la pêche, par un beau jour ensoleillé. Mais il fait un faux pas, tombe dans la rivière, déchire son blouson tout neuf et perd une de ses bottes.
Quelle catastrophe ! Mais son blouson va servir à habiller un épouvantail qui doit faire peur aux oiseaux venus manger ses cerises. Les oiseaux vont alors chez les voisins. Mais le fils des voisins
ne l'entend pas de cette oreille, monte sur une échelle pour ramasser les cerises, et tombe.
L'histoire pourrait s'arrêter là, mais non. Le petit évènement si anodin du début aura finalement une conséquence des plus heureuses: à l'hôpital, le jeune homme accidenté rencontrera une
infirmière qui deviendra sa femme et la maman du narrateur. Une histoire originale, farfelue, pour parler de la rencontre entre un homme et une femme, ainsi que de la mixité, accompagnée de dessins
colorés.
Drôle de temps pour un
mariage" Julia Stachey (Mercure de France 16,50€) Dolly a 23 ans, est sur le point de se marier avec Owen Bigham, 31 ans et promis à une belle carrière dans la diplomatie, son premier poste
étant en Amérique du Sud. Et pour ce merveilleux jour, Dolly est entourée de sa famille: une mère nerveuse, veillant sur tout et tout le monde, inquiète du temps qu'il va faire pour la cérémonie;
une demoiselle d'honneur qui est aussi sa meilleure amie et sa confidente; un oncle, pasteur austère, venu conduire la mariée à l'autel en l'absence du père; la petite soeur complexée qui se trouve
trop campagnarde, pas assez distinguée; des cousins aux caractères bien différents. Une galerie de personnages parmi lesquels évolue Joseph, l'amoureux transi de Dolly, celui qui n'a jamais osé se
déclarer l'été précédent et qui aimerait fuir en enlevant celle qu'il aime.
Publié pour la première fois en 1932, ce roman dresse un portrait de famille drôle, ironique, où chaqcun des membres est tour à tour attachant et irritant, à l'image de cette mère qui souhaite que
la cérémonie soit réussie qu'elle virevolte dans tous les sens et se contredit dans ses ordres aux domestiques. Un livre à découvrir.
Mardi pluvieux, mardi heureux (dicton limousin). Je sais, ça va vou sembler complètement farfelu ! Mais quand il ne fait pas beau dehors, il fait toujours beau dedans,
et c'est ce qui compte. En plus, ce dicton a le mérite de fonctionner pour tous les jours de la semaine. Reste à en trouver un pour le dimanche !
Aujourd'hui, une chronique pour trouver ou retrouver le sourire. - "Ca va?" Jean-Claude Grumberg (Actes Sud 12€)
Un petit livre plein de dialogues savoureux qui vous ferons réfléchir avant de commencer une conversation par ces deux petits mots.
(Comment va la vie? ) - "La mécanique du coeur" Mathias Malzieu (Flammarion
17€) Jack est né à Edimbourg en 1874, par un jour si froid que son coeur a gelé. Mais la sage-femme qui assistait à l'accouchement était mi-sorcière, mi-chaman: elle a remplacé le coeur de
Jack par une horloge. Mais cela pose un problème énorme pour Jack: il ne peut se laisser aller à ressentir des émotions sous peine de voir son horloge s'arrêter, que ce soit de la colère ou de
l'amour. Mais lorsque Jack croise le chemin d'une marchande de rue, il lui sera bien difficile de résister à cet élan du coeur qu'il ressent. Y résistera-t-il ?
"Conte pour les grands enfants", ce livre est un vrai plaisir de lecture. Plein de poésie, de fantaisie et d'humour (comme cette rencontre entre Jack et le fameux Jack l'Eventreur dans un
train), il nous parle de la passion amoureuse et de toutes ses conséquences pour l'être humain.
Deux inédits pour retrouver l'univers plein d'humour du Petit Nicolas
- "Les bêtises du Petit Nicolas". Ce livre va sûrement être conservé par les parents pour ne pas donner d emauvaises idées aux enfants ! Aux yeux du Petit Nicolas et de ses copains, ils
cherchent seulement à s'amuser, de façon originale. Mais chacune de leurs idées les entraînent dans des situations qui finissent invariablement par une punition. Comme jouer aux avions à réaction
dans la cour de récréation ou faire partir des pétards dans la classe. - "Le Petit Nicolas voyage". Une bonne idée pour
empêcher es enfants de poser la question rituelle "on est bientôt arrivé?"! Quand le Petit Nicolas voyage, cela donne une excursion en train vers la Bretagne où les bagages rentrent à peine dans le
compartiment. mais cela peut être aussi un dimanche pluvieux passé à la maison à faire des mots croisés ... méthode Petit Nicolas !
Vous pouvez ajouter à ces deux livres la sortie d'un CD où Alain Chabat, Patrick Timsit et Elie Semoun ont enregistré six histoires truculentes du Petit Nicolas (Gallimard, 15€)
Pour s'amuser par temps par temps de pluie, ou pour ne pas bronzer idiot, voici la nouvelle édition 2008 du "cahier de vacances pour adultes" (Chiflet et Cie 7,95€). Encore d'autres
tests de culture générale ou d'histoire, des exercices de maths à gogo. Et si cela ne suffit pas, vous pouvez rajouter dans vos bagages la collection parue chez Bordas "Les devoirs de vacances
pour adultes" (6,95€). Vous saurez ainsi si votre niveau vous permetrait aujourd'hui de passer le brevet ou le bac. A vos crayons !
Et comme toujours, vous pouvez réécouter la chronique sur le blog des Matinales de Radio Kaolin. C'est ici (link)
"Bisous Bisous" Selma Mandine
(Auzou 9,90€) Expliquer ce qu'est un bisou n'est pas si facile que l'on croit. D'abord parce qu'il y a toute sorte de bisous: de ceux qui piquent comme quand papa a oublié de se raser; ceux
de mamie qui font du bruit quand elle en met un sur la joue; des bisous tous moulliés comme ceux du chien ou tous sales comme ceux du petit frère qui a mis du chocolat partout. Mais les plus beaux
restent ceux qui sont si doux et si sucrés qu'ils font rougir de plaisir. Vous n'avez pas encore bien compris la définition du bisou, alors ouvrez le livre, vous verrez !
Un livre si doux, si coloré, si drôle et poétique qu'il fait dire aux grandes filles: c'est pô juste, pourquoi j'avais pas les mêmes livres quand j'étais petite ?