Dimanche 30 décembre 2007
undefined"Le livreur"  Philippe Langenieux-Villard (Editions Héloise d'Ormesson 15€)
Paul Marienne est éditeur et reçoit des centaines de manuscrits chaque jour. Bernard Melvile est écrivain et cherche à se faire publier. Ses manuscrits rejetés par toutes les maisons d'éditions, il fait le siège des bureaux de Paul Marienne jusqu'au jour où ce dernier, stupéfait par sa patience, le reçoit et accepte de lire son manuscrit. Commence alors dix ans de collaboration entre les deux hommes, dix ans de succès considérables pour les livres de Melvile, auprès du public, pas toujours auprès de la critique. Mais lorsque Bernard Melvile disparaît sans donner de nouvelles, Paul Marienne s'inquiète et part à sa recherche.
Ce livre est une découverte parmi toutes les sorties de la rentrée de septembre 2007. De ceux que l'on commence et qu'on ne lâche plus avant de l'avoir terminé. Il nous invite à pénétrer dans l'intimité d'un éditeur (le narrateur) et d'un auteur, des relations qui s'instaurent entre eux. Mais surtout, il est une réflexion sur le processus d'écriture, sur ce qui pousse un auteur à écrire sur un thème plus qu'un autre et sur le poids que peuvent avoir les mots qu'il aura choisi.
Une belle hsitoire, une écriture simple et efficace qui accroche le lecteur dès les premières pages, sans oublier une petite dose d'humour.

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 18 décembre 2007
fottorino.jpg"Baisers de cinéma" Eric Fottorino Gallimard (14,50€)
Gilles Hector est avocat, il est né à Paris et a toujours vécu avec son père. Il n'a jamais eu aucun renseignement sur sa mère. Mais quelques jours avant sa mort, son père lui confie un secret sous forme d'énigme: "je devais mon existence à un baiser de cinéma".
Dès lors, guidé par les carnets de son père qui fut le "maître des lumières" de nombreux réalisateurs de la "Nouvelle Vague", le narrateur va tenté de résoudre cette énigme en visionnant les films de Truffaut, Chabrol, Rohmer, Eustache. Mais comment savoir quelle actrice a pu lui donner la vie ?
En même temps, sa rencontre avec Mayliss, une femme mariée, va le conduire sur le chemin de la passion, mais une passion peut-être dangereuse.
Une écriture forte qui prend le lecteur dès les premières pages et ne le lâche plus, pour le conduire jusqu'au bout de ces deux histoires d'amour: celle d'une femme aimée dès le premier regard; celle d'un fils à la recherche de sa mère.
Ce livre a obtenu le pris Femina 2007.

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 28 novembre 2007
la-dame-blanche.jpg"La dame blanche" Christian Bobin (Gallimard 14,50€)
Nouvelle-Angleterre, en mai 1886. Dans une chambre qu'elle n'a pas quitté depuis de longues années, Emily Dickinson va pousser son dernier soupir. Cette jeune femme est née dans une famille puritaine, passe quelques mois à Mount Holyoke où elle suit des études, puis elle rentre dans la maison de son père (juriste et homme politique), entourée également d'une mère mélancolique, d'un frère et d'une soeur.
A partir de ce moment, elle s'enferme dans sa chambre, refuse le mariage, et entretient une correspondance passionnée avec des correspondants masculins, tout en se consacrant à l'écriture poétique.
Biographie, roman, le livre de Christian Bobin oscille entre les deux. En chapitres courts mais empreints d'une grande intensité émotionnelle, il nous dresse un portrait magnifique de la poétesse américaine, de "la gardienne des vies évanouies, la receleuse de l'invisible".
"Chacun de nous prend le paradis dans son corps ou l'en retire, car chacun de nous possède le talent de vivre".

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Lundi 12 novembre 2007
Prix Fémina 2007
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Le prix du roman français a été décerné à Eric Fottorino pour "Baisers de cinéma" (Gallimard). Le narrateur du livre est un homme de quarante ans qui tente de retrouver les traces de la mère qu'il n'a pas connu. Une balade dans les cinémas du Quartier latin, à la recherche d'un personnage énigmatique, une mère qui aurait été une célèbre actrice. 


le-gout-de-la-mere.jpg Le prix du roman étranger a été décerné à Edouard Saint-Aubyn pour "Le goût de la mère" (Christian Bourgois). Patrick, la quarantaine, est tiraillé entre sa femme qui a décidé de s'occuper exclusivement de ses deux enfants et le chasse du lit conjugal, et sa mère paralysée, sous l'emprise d'un gourou. Comment, alors, ne pas se réfugier dans l'alcool ?



Le Fémina essai revient à Gilles Lapouge pour "L'encre du voyageur" (Albin Michel)
strategie-des-antilopes.jpg
Prix Médicis 2007

Le prix du roman français a été attribué à Jean Hatzfeld pour "La stratégie des antilopes" (Seuil).  Ce livre est le troisième volet des reportages que l'auteur a consacré au Rwanda. Dans ce titre, Jean Hatzfeld revient sur la libération de prisonniers ayant participé aux massacres, des prisonniers qui sont renvoyés dans leurs villages où ils devront vivre auprès de leurs victimes.
les-disparus.jpg
Le prix du roman étranger a été décerné à Daniel Mendelsohn pour "Les disparus" (Flammarion). Une partie de l'histoire de sa famille intrigue l'auteur: celle de son grand-oncle Shmiel et de sa famille, tués par les Nazis, mais dont personne ne veut parler. Son enquête va lui permettre de mieux comprendre ces personnes qu'il ne connait que par des photos.

Le Médicis essai revient à Joan Didion pour "L'année de la pensée magique" (Grasset)
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Mardi 6 novembre 2007
Traditionnellement, la saison a débuté avec la remise des prix Goncourt et Renaudot le 5 novembre.
alabama-song.jpgPrix Goncourt 2007
"Alabama Song" Gilles Leroy (Mercure de France 15€)
En 1918, une jeune femme de l'Alabama rencontre un lieutenant de l'armée américaine en garnison à Montgomery. Elle s 'appelle Zelda Sayre, lui se nomme Francis Scott Fitzgerald. Ils deviendront le couple mythique que l'on sait, mais Zelda sera un peu oubliée au profit de son illustre mari devenu un écriain à succès.

Le prix 2007 est une surprise car le livre de Gilles Leroy n'arrivait pas vraiment en tête des pronostics, face à des titres aussi plébiscités que "Le rapport de Brodeck" de Philippe Claudel ou "A l'abri de rien" d'Olivier Adam. Mais ne rentrons pas dans les polémiques qui entourent systématiquement la remise de ce prix. Car, après tout, ce qui compte n'est-il pas le plaisir que le lecteur trouvera dans la lecture d'un bon roman ?
Pour la petite histoire: un juré du Goncourt aurait même voté pour Amélie Nothomb alors qu'elle n'était plus dans la liste des sélectionnés ! Esprit de rébellion paraît-il ?!

chagrin-d-ecole.jpgPrix Renaudot 2007
"Chagrin d'école" de Daniel Pennac (Gallimard)
Mélange de "souvenirs autobiographiques et de réflexions pédagogiques", le livre de Pennac parle de son parcours scolaire, un parcours qui ne fut pas celui d'un élève des plus doués mais qui, grâce à l'aide de certains professeurs, deviendra l'écrivain que l'on connaît aujourd'hui, qui est aussi enseignant.

Une surprise totale: le livre de Pennac ne faisait même pas partie de la dernière sélection faite par les jurés du Renaudot ! Il a emporté le prix par six voix contre cinq pour le livre de Christophe Donner "Un roi sans lendemain".


La suite la semaine prochaine (lundi 12 novembre) avec les prix Médicis et Fémina.

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 6 novembre 2007
reveuse-d-ostende.jpg" La rêveuse d'Ostende" Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel 20€)
Comme dans son précédent livre ("Odette Toulemonde"), Eric-Emmanuel Schmitt a choisi le format des nouvelles, des histoires courtes mais intenses en émotions. Cinq histoires se retrouvent ici avec un même fil conducteur: l'imagination et son importance dans notre vie de tous les jours. Chacun des personnages de ces histoires en apporte la preuve à sa manière.
"La rêveuse dOstende": pour se remettre d'une rupture sentimentale, un écrivains e réfugie à Ostende où il fait la connaissance d'une adorable vieille dame. Sous des apparences de vieille fille un peu aigrie par la vie, elle cache en réalité l'histoire d'une jeune femme amoureuse d'un prince qui en épousera pourtant une autre. Mais est-ce bien la vérité ou s'agit-il d'un conte sorti tout droit d'un de ces livres parmi lesquels elle passe ses journées ?
"Crimes parfaits": persuadée que son mari ne l'aime pas, une femme va planifier ce qu'elle pense être le crime parfait et, lors d'une randonnée en montagne, poussera son mari dans le vide. Mais un témoin se faisant connaître, un procès aura lieu au cours duquel elle découvrira une toute autre vérité que celle qu'elle avait imaginé.
"La guérison": une jeune infirmière est chargée de s'occuper d'un bel homme victime d'un accident qui le laisse aveugle et paralysé. L'imagination de cet homme privé de la vue permettra à la jeune femme d'ouvrir les yeux sur elle-même, sur sa séduction et sa sensualité.
"Les mauvaises lectures": Maurice Plisson a une immense bibliothèque dans laquelle ne figure pourtant aucun roman car, pour lui, ils ont été inventés uniquement pour les femmes seules et désoeuvrées. Cependant, lorsque sa cousine lui montre un roman policier, il ne pourra résister à la tentation de le lire pour comprendre l'attrait des lecteurs. Mais la fiction ne risque-t-elle pas de prendre le pas sur la réalité ? Une histoire frissonante, à la chute étonnante.
"La femme au bouquet": une vieille dame se rend chaque jour sur le quai d'une gare et attend, élégamment vêtue, un bouquet de fleurs des champs à la main. Mais qu'attend-elle en réalité ? Chaque personne qui la croise va imaginer un scénario différent selon sa sensibilité. Comment connaître la vérité ? L'histoire la plus courte de ce livre mais peut-être la plus intense.

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Dimanche 4 novembre 2007
mauvaise-maire.jpg"Une mauvaise maire" Jacques Jouet (POL 12€)
L'héroine de ce livre est une femme, une épouse (un mari dans l'humanitaire), une mère (deux grands enfants maintenant étudiants), et une maire d'une grande ville de banlieue. Femme de gauche, Marie Basmati s'investit totalement dans son rôle de maire et n'affiche aucunement l'ambition de devenir député ou même conseiller général. Le lecteur va suivre sa vie quotidienne, que ce soit sa vie de mère qui tente d'aider ses enfants devant les difficultés du monde adulte, ou sa vie de maire confrontée aux rivalités de ses adjoints.
Une histoire simple, un style d'écriture agréable. Le seul ennui de ce livre c'est justement l'ennui que l'on éprouve à lire tous les clichés qui l'encombrent : une banlieue difficile à gérer, une cité où ne vivent que des "Blacks" et des "Beurs" et où sévissent des trafics en tous genres, une amourette entre la maire et un habitant de cette cité. Cela donne l'impression de lire la relation d'un fait divers, de sa conception à sa découverte par les autorités. Si le début du livre est prometteur, on change vite d'opinion au fil de la lecture. Bien dommage !

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Lundi 29 octobre 2007
ruptures.jpg"Ruptures" Gisèle Fournier (Mercure de France 13,50€)
Cet homme était consultant, dans une autre vie: il aidait les salariés des entreprises à éviter les licenciements ou, à défaut, à obtenir des indemnités substantielles. Mais pouvait-il continuer ce travail en restant un simple observateur, en restant uniquement concentré sur des chiffres ? Un scandale de trop (celui de l'amiante), ajouté à son couple qui s'effrite et c'est la fuite vers une lieu nhabité depuis des décenies, un lieu où seule l'âme des précédents habitants subsiste. Mais son installation intrigue, au début, énerve ensuite les villageois: un étranger dans ce village a forcément quelque chose à cacher. A moins que ce ne soit eux ?
Des secrets bien enfouis qu'il ne faut pas réveiller; une loi du silence que tout le monde respecte; et au milieu, un homme tiraillé par ses souvenirs d'enfance et par son passé récent qu'il voudrait bien oublier. Un livre magnifique, au style si particulier que le lecteur doit lire "d'une traite" tant il est pris dans les mailles de l'histoire. Des personnages dont on ne sait pas vraiment, même à la fin, s'il faut les aimer ou les détester.
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Mardi 16 octobre 2007
dernier-frere.jpg"Le dernier frère" Natacha Appanah (Editions de l'Olivier 18€)
Ile Maurice. Raj, vieux monsieur plein de souvenirs, raconte son enfance dans l'île: une enfance passée en grande partie près des champs de canne à sucre où travaille son père; une enfance entre un père violent, une mère tendre et ses frères. Lorsqu'un cyclone dévaste les champs de canne à sucre, la famille se réfugie près de la ville, non loin d'une prison où sont parqués des prisonniers mystérieux. Le lecteur va alors découvrir l'histoire de ces réfugiés à travers celle de David, un jeune garçon du même âge que Raj.
Natacha Appanah a choisi de parler d'un morceau d'histoire méconnu: 1500 réfugiés juifs, refoulés de Palestine en 1940 par les autorités anglaises, envoyés à l'île Maurice alors colonie britannique. Ces réfugiés resteront emprisonnés pendant cinq ans, 127 moururent dans cette prison. Un livre poignant, humain, dans lequel on sent la volonté de l'auteur de raconter une histoire pour qu'elle ne soit pas oubliée. Une histoire et un auteur à découvrir.
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Vendredi 12 octobre 2007

modiano.jpgBON
"Dans le café de la jeunesse perdue" Patrick Modiano (Gallimard 14,50€)
Un lieu: Paris, ses quartiers empreints de "grande" histoire et d'histoires individuelles. Un personnage central: une femme, Louki ou Jacqueline. Une femme blessée que l'on découvre par petites touches, à travers les yeux d etémoins mais aussi par ses propres paroles.
Certains disent que c elivre doit être savouré lentement, mais il est bien diffcile d ene pas le lir d'une traite tant l'histoire est fascinante, les personnages attachants, et l'écriture un véritable plaisir de lecteur.
Si vous n'avez pas lu depuis la fin des vacances, plongez dans le dernier Modiano, sans aucune réserve.



nouvel-amour.jpgPAS SI BON
"Le nouvel amour" Phillipe Forest (Gallimard 16€)
Après la mort de sa fille, l'auteur se demande comment la vie peut continuer, comment l'amour pour les êtres qui nous entourent peut subsister. Lorsqu'il tombe amoureux d'une femme, croisée à plusieurs reprises pendant des années sans réellement la voir, l'espoir d'un "nouvel amour" surgit.
Le livre de Phillipe Forest s'ouvre sur une histoire d'amour, une histoires aux bases instables, mais une belle histoire tout de même. le seul ennui, c'est qu'il n'y a pas grand-chose de "flamboyant" dans cette histoire, elle reste fade, sans relief et donnerait presque envie de sauter de spages pour arriver plus vite à la fin. Les personnages sont bien présents mais leur histoire n'est pas vraiment là. Dommage ca rl'écriture de Phillippe Forest est agréable à lire.

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par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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