Dimanche 16 décembre 2007
"Les disparus" Daniel Mendelsohn
(Flammarion 26€)
Enfant, lorsque l'auteur allait visiter les membres de sa famille qui résidaient en Floride, beaucoup d'entre eux se mettaient à pleurer en le voyant. Cette ressemblance qu'il avait avec le frère
aîné de son grand-père le troublait d'autant plus que personne ne voulait parler de lui dans sa famille, on mentionnait seulement qu'il avait été tué par les nazis avec sa femme et ses filles.
Devenu adulte, Daniel Mendelsohn se lance dans les recherches qui lui permettront de découvrir l'histoire de sa famille, et surtout ce qu'il est advenu de cet oncle Shmiel, de sa femme et de ses
filles.
Ce livre n'aurait pu être qu'un nouveau témoignage d'une famille juive dont certains de ses membres ont disparu dans les camps nazis. Mais il n'en est rien. Une écriture très sobre, sans
apitoiement, d'une grande émotion lorsque l'auteur brosse le portrait des personnages (notamment son grand-père) font de cet ouvrage à la fois un roman et un livre d'histoire. La minutie de
l'enquête, comparable à celle d'un détective, lui donne également un air de roman policier. Un livre à ne pas manquer. Récompense: ce livre a obtenu le prix Médicis étranger 2007.
par Catherine Demontpion
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Mercredi 14 novembre 2007
"Badenheim 1939" Aharon Appelfeld 'Editions de l'Olivier 17,50€)
Badenheim est une station thermale allemande qui s'anime dès le début du printemps. Elle est
essentiellement fréquentée par la bourgeoisie juive. Rien ne semble sortir de l'ordinaire en ce printemps : les habitants sont soulagés de sortir d'un hiver difficile et rude et l'arrivée des
premiers vacanciers et du soleil redonne le sourire.
Mais nous sommes en 1939 et l'atmosphère s'alourdit de jour en jour: apparition d'inspecteurs sanitaires, construction d'un mur autour de la ville, inscription obligatoire des habitants juifs de la
ville. Les habitants de Badeneheim ne semblent pas comprendre que ces wagons qui les attendent à la gare vont les conduire vers les camps de Pologne.
De pages en pages, de chapitres en chapitres, la tension monte, l'atmosphère change, s'alourdit. Chacun sait que quelque chose se passe au delà des murs de la ville, mais personne ne sait ou ne
veut savoir quoi. Insouciance, naiveté des habitants ? Incompréhension plutôt: personne ne peut croire que les nouveaux maîtres de l'Allemagne puissent être aussi mauvais. Un livre émouvant, une
écriture sobre, sans apitoiement.
par Catherine Demontpion
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Mercredi 26 septembre 2007
"La pension Eva" Andrea Camilleri (Editions Metailié 16€)
Comme dans ces précédents romans, Andrea Camilleri nous entraîne en
Sicile, dans les années 40 pour nous faire rencontrer un jeune garçon de 12 ans, Néné. Au milieu des bombardements et des bruits de guerre, Néné se demande pourquoi autant d'hommes se retrouvent
régulièrement dans une maison très particulière de la ville, une maison où les femmes sont vêtues légèrement.
En même temps que les émois de Néné, Andréa Camilleri offre également aux lecteurs une peinture lucide, réaliste et caustique de la société sicilienne des années 40, une société marquée par le
fascisme mussolinien qui changera au fur et à mesure de l'évolution de la guerre. L'auteur nous offre de beaux portraits de fascistes ou de résistants qui, finalement, sont tous des hommes attirés
par la pension Eva et ses belles femmes accueillantes.
par Catherine Demontpion
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