Mercredi 19 septembre 2007
alain-remond.jpg"Les romans n'intéressent pas les voleurs" Alain Rémond (Stock 16€)

Le narrateur, Jérôme, est employé par les éditions Hurtebise pour "mettre en forme" les manuscrits de l'auteur vedette de la maison, Bannister. Mais son rêve, ainsi que celui de son ami d'enfance Jean-Paul, critique littéraire, est de retrouver la trace d'un écrivain disparu après seulement trois romans publiés. Pas n'importe quels romans, de ceux qui marquent une vie, de ceux que l'on garde et que l'on relie de nombreuses fois sans jamais se lasser. Mais que se passera-t-il lorsqu'ils découvriront enfin, au bout de tant d'années, le lieu où leur auteur s'est réfugié ? 
Une réflexion étonnante et intéressante sur le métier d'écrivain, sur le succès et ses revers, sur l'influence d'un auteur sur la vie de ses lecteurs. Une belle écriture pour un roman à rebondissements. 
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 19 septembre 2007
"Vous qui apprenez à agir (...) ne poussez pas le majestueux et imperturbable temps qui conduit tous les univers ensemble d'un instant à un autre instant. Les choses n'attendent qu'un regard pour vous prendre et vous porter. Il faudrait apprendre à être bon et ami pourPhilosophers-29.jpg soi-même. "
"Si j'avais, par aventure, à écrire un traité de morale, je mettrais la bonne humeur au premier rang des devoirs. Je ne sais quelle féroce religion nous a enseigné que la tristesse est grande et belle et que le sage doit méditer sur la mort en creusant sa propre tombe.

Oui, il nous reste (...) à prendr ela vie noblement, et à ne point nous déchirer nous-mêmes, et les autres par contagion, par des déclamations tragiques. Et encore bien mieux, car tout se tient, contr ele spetits maux de la vie, ne point les raconter, les étaler ni les grossir. Etre bon avec les autres et avec soi. Les aider à vivre, s'aider soi-même à vivre, voilà la vraie charité. La bonté est joie. L'amour est joie".

Extrait du livre d'Alain "propos sur le bonheur" (Folio, Gallimard)
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mardi 18 septembre 2007
mazareth.jpg
"Mazareth mon amour" Yasmin Crowther (Rivages 21,50€)

1953: Maryam a 16 ans et quitte son pays natal, l'iran, pour échapper à la vie qu'on veut lui imposer. exilée en Angleterre, elle pense avoir réussi sa vie (elle est mariée, a une fille) mais, lors d'une scène avec sa fille et son neveu, son passé surgit de sa mémoire avec une force étonnante. Elle décide donc de retourner dans son pays natal pour retrouver ses racines, faire la paix avec son passé pour mieux vivre sa vie dans son pays d'adoption.
Portrait d'une femme prise entre deux pays, deux cultures: l'Iran qu'elle a fui; l'Angleterre qu'elle a choisi.

zoli.jpg
"Zoli" Colum McCann (Belfond 21€)
Zoli, petite fille de six ans, et Stanislaus, son grand-père, sont les seuls rescapés d'un massacre perpétré par les troupes nazies en 1930, en Tchécoslovaquie. En contant le destin de Zoli, Colum McCann fait voyager le lecteur à travers la Bohème, l'Autriche, l'Italie et la France sur les traces des Tziganes, un peuple méconnu et persécuté.
Une écriture envoûtante qui prend le lecteur dès le début du livre et ne le lâche qu'à la toute dernière page.



arlington-park.jpg "Arlington Park" Rachel Cusk (Editions de l'Olivier 21€)
Angleterre, une banlieue résidentielle. Juliet, Maisie, Amanda et Solly: quatre femmes, proches de la quarantaine,
semblent mener des vies bien rangées et heureuses entre familles, amis et travail. Mais cette façade, ces apparences de bonheur, cachent frustrations et questionnements.
Sur vingt-quatre heures, l'auteur nous entraîne dans la vie de ces quatre femmes, dans un récit lucide, sans faux-semblants,
sans plaintes ou gémissements. Un livre et un auteur plein d'avenir à découvrir.
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Samedi 15 septembre 2007
Comic-Animals-0057.jpgJ'aurais du mettre le titre de cette rubrique au singulier car aujourd'hui il n'y a qu'un seul petit bonheur. Mais alors, il est de taille ! Il est colossal, énorme, gigantesque, enfin on peut y appliquer tous les superlatifs.
Aujourd'hui est le jour que tout créateur d'entreprise espère de toutes ses forces, mais qu'il voit aussi dans un avenir qui semble tellement lointain ! Bon j'arrête de vous faire languir.
Aujourd'hui la librairie est une grande fille: elle a un an !!!
Incroyable, je sais. C'est inoui comme le temps passe vite quand on est occupé. Et occupée, je l'ai été cette dernière année. Entre l'amènagement du local, l'ouverture des comptes, la réception des colis, l'étiquettage, le rangement sur les rayonnages. Pfft, rien que d'y penser, je suis épuisée !
Mais maintenant, en me retournant sur cette dernière année, je me rends compte que je ne l'échangerais pour rien au monde. Enfin si, peut-être un petit peu, parce qu'il y a certaines galères dont je me serais bien passé. Mais il paraît que cela forge le caractère et que ça rend plus fort. Alors, j'ai les biceps en béton et un moral d'acier.
Et puis, comme me l'a dit un ami il y a quelques temps, avoir des regrets ne sert à rien sauf à perdre son temps et son énergie. Donc, aucun regret, et surtout pas celui d'être partie de la capitale. On respire bien mieux ici (désolée pour ceux qui y sont encore, je pense bien à vous !) et, en ce qui me concerne, on apprécie chaque moment, chaque rencontre avec une plus grande intensité. Je suis obligée de dire que je me suis fait plaisir en revenant vivre dans la ville où je suis née et en ouvrant une librairie. Et ça, ça change tout: le plaisir se voit et se transmet. J'espère donc avoir apporté une petite part de bonheur dans ce monde de brutes à tous ceux qui ont poussé la porte de la librairie, ou sont simplement entrés parce qu'elle est quasiment toujours ouverte! Et, surtout, j'espère que cela continuera encore pendant de longues, très longues années. 

Que soient remerciées ici toutes les personnes qui m'ont soutenu pendant cette année (ça fait très "remise d'Oscar", vous ne trouvez pas ?). Je ne citerais pas de noms pour au moins trois raisons: il y aurait une litanie extrêmement longue et fastidieuse de noms; je n'ai pas demandé la permission aux personnes concernées pour les citer; et je suis sûre que j'oublierais un grand nombre de personnes dans cette liste. DSC01133.JPG

Mille mercis s'envolent donc du ciel de Saint-Yrieix, et, vous savez quoi, c'est magique parce qu'ils savent
exactement où ils doivent aller !

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour entamer une nouvelle année dans ce monde merveilleux qu'est celui du livre et de la librairie. Et cette fois, c'est avec émotion et une plus grande conviction que je vais écrire le mot de la fin:
(à suivre) 
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Vendredi 14 septembre 2007
sous-le-neflier.jpg"Sous le néflier" Jacques Serena   Editions de Minuit (13,80€)
Le narrateur, suivant les recommandations de son médecin, décide qu'il est temps pour lui de changer sa façon de vivre, de renouer le dialogue avec son épouse et ses deux filles. Mais si lui se sent prêt pour cette nouvelle vie, il n'en va pas de même pour sa femme qui choisit ce moment pour lui annoncer son besoin de liberté.
Ce livre est écrit comme un journal intime où le narrateur raconte au lecteur ses tentatives de changement, leurs effets sur son comportement ou sur sa façon d'appréhender ses relations avec sa famille. Des phrases incisives, comme jetées sur le papier "à la va-vite" mais qui reflètent bien l'état d'esprit du narrateur et permettent au lecteur de le suivre sur ce chemin du changement. Un livre étonnant au milieu de cette rentrée littéraire.

la-donation.jpg"La donation" Florence Noiville Stock (13€)
La narratrice de ce roman emmène le lecteur dans un cabinet de notaire de province pour assister à une donation entre vifs. Mais sagit-il seulement de transmettre des biens aussi tangibles qu'une maison? Non, la donation va bien au-delà du patrimoine des parents: elle concerne également le passé de la famille, les secrets restés enfouis pendant tellement d'années qu'ils sont encore plus douloureux lorsqu'ils arrivent au grand-jour. Un roman sur les relations familiales, sur les relations entre mère et fille.

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Jeudi 13 septembre 2007
Voici une nouvelle fable extraite du livre de Gérard Sansey (Elytis Editions)

"De l'oubli

Deux candidats rivaux réclamaient des suffrages
Au cours d'une campagne au climat sans orages.
L'un d'eux, nouveau venu, en toute occasion,
Faisait largement part de son intention
Philosophers-001.jpg
D'apporter du sang neuf au sein de l'assemblée.
Tout prétexte était bon pour parler haut et fort
De travaux achevés, de salle inaugurée,
Bien qu'il n'eut pour cela déployé nul effort.
Son concurrent direct usait d'autres méthodes:
Ses actes jugés sur une ample période
Valaient à son avis tous les brillants discours,
Les sourires charmeurs ou les plus beaux atours.
Ayant à son actif nombre d'initiatives,
Bases de réalisations collectives,
Il jugeait malséant de toujours quereller.
Aussi préférait-il éviter de parler.
Il eut tort ! Le scrutin désigna l'adversaire
Car l'oubli frappe fort qui choisit de se taire.

Contrairement, je crois, à ce qu'on peut penser,
Avoir fait ne vaut rien, il faut le claironner"

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par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 12 septembre 2007
et-si-c-etait-niais.jpg " Et si c'était niais ?" Pascal Fioretto (Chifflet&Cie 15€)
Enquête dans le milieu littéraire. Christine Anxiot est en retard pour remettre son dernier manuscrit à son éditeur, et celui-ci est d'autant plus inquiet qu'elle a disparu sans laisser de trace. Et le mystère continue de s'épaissir quand d'autres écrivians disparaissent à leur tour.
Pascal Fioretto réalise un exploit avec ce roman. Sur la base d'une intrigue véritable, chaque chapitre est rédigé "à la manière de": tous les auteurs français du moment sont convoqués pour donner leur témoignage sur cette affaire incroyable. On trouve donc, en vrac, Daniel-Henri Lévi, Bernard Werbeux, Amélie Notlong, Jean d'Ormissemon, Frédéric Beisbéger, et d'autres encore.
Un petit livre audacieux et drôle, plein de dérision, un exercice d'écriture surprenant et passionnant. 
par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 12 septembre 2007
divisadero.jpg"Divisadero" Michael Ondaatje (Editions de L'Olivier 21€)

Anna et Claire sont deux soeurs qui vivent dans une ferme californienne, avec leur père et un jeune garçon orphelin Coop. Lorsque le père découvre la liaison d'Anna et de Coop, la vie paisible vole en éclat. Chacun partira vivre sa propre vie dans des directions opposées, Claire à San Francisco dans un cabinet d'avocat, Coop à Las Vegas comme joueur de poker, Anna dans le sud de la France sur les traces d'un écrivain français oublié.
Le récit de leur vie est construit comme un tableau: chacune est différente, mais chacune est nécessaire pour que l'image finale se mette en place. Et ce n'est que la fin qui apporte l'éclairage indispensable pour comprendre le tableau.
Une belle histoire, une écriture qui suit le rythme des vies de chaque personnage, mais, personnellement, je reste quand-même un peu sceptique sur la fin du livre, pas toujours convaincante. Quel sera le verdict des lecteurs sur ce dernier livre de l'auteur du best-seller "Le Patient anglais" ?


par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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Mercredi 12 septembre 2007
Philosophers-29.jpg
Quelques phrases extraites des "Caractères" de La Bruyère.

"Il n'y a pour l'homme que trois évènements: naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre"
"Le regret qu'ont les hommes du mauvais emploi du temps qu'ils ont déjà vécu ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage"

"Les enfants n'ont ni passé, ni avenir, et, c equi ne nous arrive guère, ils jouissent du présent"


Une réflexion du philosophe Alain extraite de "Propos sur le bonheur"

"La passion du jeu est admirable à considérer. L'homme y est aux prises avec un hasard dépouillé, un hasard voulu et inventé. Il y a une assurance gratuite contre les risques du jeu: il suffit de ne point jouer. Mais presque tous ceux qui ont du loisir se jettent aux cartes ou aux dés, adorant les soeurs jumelles et inséparables, l'espérance et la crainte. Et peut-être l'homme est-il plus fier de gagner par heureuse chance que de bien jouer."

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Dimanche 9 septembre 2007

 Cette fable n'est pas extraite des nombreuses écrites par La Fontaine. Elle est bien contemporaine, inspirée par les observations d'un esprit aiguisé et plein d'humour.  On pourrait dire caustique aussi, jugez-en par vous-même !

"Les deux présidents

Un président gérait une oeuvre collective
Depuis plus de vingt ans de façon positive,
Raisonnable, prudente et discrète à la fois,
Réfractaire au futile, ennemi de ses lois,
Son action toujours visait à satisfaire
Les désirs de ses pairs du mieux qu'il pouvait faire.
Un nouvel adhérent, tout plein d'intentions
Prétendit qu'il fallait sortir de la routine
Si l'on ne voulait pas courir à la ruine.
Philosophers-001.jpg
Il devint candidat pour les élections
Des membres du bureau, prêcha tant pour sa cause
Qu'il fût élu bien mieux que l'ancien président.

Celui-ci s'effaça comme tout bon perdant
Tandis que le vainqueur, sans s'accorder de pause,
Voulut réaliser ses projets sans tarder.
Pour qu'on connût cette oeuvre, il fallait parader,
Accueillir dignement des gens pleins d'influence,
Par des fêtes souvent montrer son existence.
Alors, on recevrait mainte autre inscription
Sur les registres neufs de l'association.
De fait, son action fût bien loin du prodige:
Il gaspilla les fonds en galas de prestige,
En achats superflus ou en publicité
Mais sans récupérer tout l'effet escompté,
Tandis que l'adhérent qu'on tenait pour fidèle
En nombre désertait, blâmant fort la tutelle.

Ce n'est pas à l'éclat qu'on connaît la valeur,
Mais au temps ! Le constant ne peut être trompeur"

Cette fable provient du livre de Gérard Sansey "Fables" paru chez Elytis Edition (2001)

par Catherine Demontpion ajouter un commentaire
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